QUESTION : Comment vous sentez-vous six mois après votre rupture des ligaments croisés du genou droit ?
RÉPONSE : "J'ai eu une consultation avec le 'Doc', ça s'est très bien passé, on vise la pré-saison de la saison prochaine, pour reprendre."
Q : Comment avez-vous vécu les premiers jours post-blessure ?
R : "J'essayais toujours d'avoir le sourire, d'avoir le bon état d'esprit. Je savais que c'était une blessure qui allait prendre du temps. J'ai toujours essayé de me concentrer sur ce que je pouvais faire pour faire une bonne rééducation. (...) On commence la rééducation avant, mais aussi le lendemain de l'opération, donc on n'a pas trop le temps de réfléchir ni d'être un peu mal parce qu'il faut se mettre en mode rééducation vite. C'est un autre défi qui va me nourrir et va m'aider pour le reste de ma carrière."
Q : Direz-vous que cette coupure a pu vous faire du bien ?
R: "Je suis rentré deux semaines en Argentine en février, ce que je n'avais pas fait depuis mon arrivée. En février, c'est les vacances, c'est l'été là-bas, ça m'a fait du bien, j'ai rechargé la batterie là-bas, tu profites de faire des choses que tu ne fais pas quand tu joues quasiment tous les week-ends. En plus, nous, les Argentins, avons des calendriers un peu plus serrés que les autres. Ça faisait cinq ans que je n'avais pas fait une pré-saison, ça va être la première année que je vais arriver à la faire. (...) J'en profite pour faire de la musculation pure, pour laisser mon corps souffler un peu des coups."
Q : Parvenez-vous à maintenir le contact avec le groupe ?
R : "J'aime bien rester collé au groupe, aider où je peux être utile. Pour la Coupe d'Europe, avec tous les blessés, on a aidé pour faire des analyses individuelles des joueurs d'en face et les présenter au groupe. Ça donne un autre regard, (...) on se met un peu à la place de nos coaches et on essaie de les comprendre aussi. J'aime bien discuter avec eux, proposer des choses, ils me demandent souvent mon regard."
Q : Cela vous aide-t-il à gérer la frustration d'être loin du terrain ?
R : "Je viens juste de commencer la course, les 'skills' (travail technique, NDLR), je ne me sentais pas capable de jouer encore, mais je pense que dans un mois, quand les phases finales vont commencer, ça va être un peu dur et frustrant. Mais jusqu'à maintenant, comme je ne me sentais pas capable de jouer, ce n'était pas trop frustrant. C'est sûr que le terrain me manque beaucoup, de m'entraîner avec mes copains, de préparer les matches et de jouer le week-end."
Q : Vous avez récemment prolongé à Toulouse jusqu'en 2029, s'agissait-il d'une évidence ?
R : "Je voulais rester, le club voulait que je reste, du coup ce n'étaient pas des négociations compliquées, les deux camps étaient d'accord pour continuer cette aventure. C'est un plaisir de continuer dans ce grand club, je me sens comme à la maison, depuis mon arrivée ils m'ont très bien reçu, ça me plaît d'être ici, l'un des meilleurs clubs d'Europe et du monde. Et si j'ai la chance de rester ici toute ma vie, je le ferai."
Q : Que vous a apporté ce club au cours de vos quatre premières saisons ?
R : "Ça a changé ma manière de voir le rugby. Avant mon arrivée, je n'avais joué qu'en Argentine, aux Jaguares, j'avais fait toute ma formation là-bas, je pensais que la seule manière de voir le rugby, c'était celle que j'avais apprise en Argentine. Quand je suis arrivé ici, j'ai découvert une autre manière de jouer, de regarder, de faire, de s'entraîner. Et j'ai appris la liberté de jouer un peu partout sur le terrain, de jouer depuis partout aussi, même dans l'en-but, de regarder en face où est l'espace, pour le jouer, le tenter, foncer tout le temps. J'ai grandi ici comme joueur, de façon exponentielle."
