Flashback : les finales franco-irlandaises en Rugby Champions Cup

La Rochelle a terrassé le Munster à deux reprises.
La Rochelle a terrassé le Munster à deux reprises.Photo par ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP / Flashscore

La finale de Champions Cup ce samedi entre l'Union Bordeaux-Bègles et le Leinster sera la 8ᵉ de l'histoire entre une équipe française et une formation irlandaise dans l'histoire. Retour en arrière sur des affrontements souvent épiques.

1999 : Ulster 21-6 Colomiers

Un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. La grande équipe de Colomiers, menée par Fabien Galthié et Jean-Luc Sadourny, qui allait échouer également en finale du Top 14 l'année suivante. En regardant les images de ce match vintage, on se rend compte à quel point le rugby a évolué depuis.

Mais surtout, cette rencontre porte aux cieux l'adage "une finale, ça se gagne". Les Nord-Irlandais n'ont pas fait un match spectaculaire, mais ont capitalisé sur leurs points forts, poussé les Columérins à la faute, et, royaux dans l'occupation, ils ont inscrit tous leurs points au pied. Le seul titre européen de l'histoire de l'Ulster, acquis "à l'ancienne".

2006 : Munster 23-19 Biarritz

Biarritz était une équipe marquante des années 2000. Pas moins de trois titres de champions de France, des internationaux à la pelle, un jeu moderne pour l'époque, mais deux échecs en finale de Champions Cup. Et celui-ci restera le plus vivace, car il a basculé sur une seule erreur. 

L'erreur signée Sireli Bobo, qui avait pourtant mis les siens sur orbite avec un essai d'entrée de jeu, mais qui avait déserté son aile sur une mêlée dans le fermé. Malicieux, Peter Stringer avait fait mine de ne pas voir, avant d'aller marquer l'essai le plus facile de sa carrière. Un essai qui avait contraint le BO à courir après le score, et même s'il allait recoller à une longueur, il ne parviendrait jamais à renverser la situation…

2008 : Munster 16-13 Stade Toulousain

"Jeu de mains, jeu de Toulousains." Déjà, à l'époque, cette maxime résonnait sur les terrains. Le Stade, en quête d'une quatrième étoile, allait d'ailleurs inscrire son seul essai de la finale sur une relance inattendue de Cédric Heymans, poussée au pied par Yannick Jauzion pour voir Yves Donguy aplatir. Mais ce serait la seule fois que le Munster serait pris en défaut. 

Comme l'Ulster en 1999, le Munster allait livrer une partition minimaliste. Défense agressive, points pris à la première occasion, et partie de cache-ballon intense sur les cinq dernières minutes : les Irlandais étaient réputés pour la puissance de leur paquet d'avants, et malgré la présence de légendes comme Ronan O'Gara et Doug Howlett derrière, c'est ce huit qui a gagné la rencontre. 

2018 : Leinster 15-12 Racing 92

Le Racing a disputé trois finales de Champions Cup en l'espace de cinq ans. Mais c'est sans doute la deuxième qui laissera le plus de regrets, tant elle a été fermée et s'est transformée en un duel de buteurs peu engageant. Comme on l'a dit plus haut, une finale, ça se gagne, et ce jour-là, les Ciel et Blanc ont failli. 

Alors qu'à l'entrée des dix dernières minutes, Teddy Iribaren avait mis les siens devant, le Racing allait craquer dans le combat, concédant trop facilement deux pénalités qui allaient sceller le sort de la rencontre, en plus d'un drop totalement raté de Rémi Talès à la sirène. Une finale qu'on oubliera facilement, sauf côté Racing.

2022 : Stade Rochelais 24-21 Leinster

La saison précédente, La Rochelle avait perdu la finale de la Champions Cup et du Top 14, à chaque fois contre le Stade Toulousain, qui avait été étrillé par le Leinster en demi-finale. De quoi se faire du mouron alors que les Maritimes tentaient de remporter leur premier trophée d'envergure, voulant profiter de l'ambiance marseillaise. Et pour une fois, le jeu a gagné. 

Les Rochelais n'ont pas tenté un jeu minimaliste. Au contraire, ils ont lâché les chevaux au maximum, et ont été récompensés. Un exploit de soliste de Raymond Rhule, des avants conquérants qui envoyaient Pierre Bourgarit dans l'en-but, mais le réalisme au pied des Irlandais manquait de les faire défaillir. Avant l'apparition du héros : Arthur Retière, qui tendait le bras vers le titre à quelques instants du terme. Un essai qui a ramené une coupe en Charente-Maritime. Et un moment toujours aussi inoubliable. 

2023 : Stade Rochelais 27-26 Leinster

12 mois plus tard, la finale est exactement la même, à une exception près : elle a lieu dans l'antre du Leinster, l'Aviva Stadium. Et les Irlandais, vexés de leur défaite un an plus tôt, allaient démarrer sur un rythme exceptionnel. Trop précis, trop puissants, trop féroces, ils inscrivaient 3 essais et menaient 17-0 après 12 minutes de jeu ! On écrivait déjà sur la déroute rochelaise, et on avait plus que tort. 

Jamais ils n'ont paniqué. Ils ont pris le match une action après l'autre, et ont commencé à grignoter leur retard, lentement, mais sûrement. Et quand le Leinster cherchait son second souffle, La Rochelle l'avait trouvé depuis longtemps. Et a porté l'estocade en fin de partie, sur un essai en force de Georges-Henri Colombe. "Rien ne sert de courir, il faut partir à point", parait-il. Sans doute le plus grand exploit de l'histoire des finales de Champions Cup. 

2024 : Stade Toulousain 31-22 (A.P) Leinster

Après deux échecs consécutifs en finale contre La Rochelle, le Leinster avait pris sa revanche avec éclat en quart de finale. Et puisque lors des deux saisons précédentes, les Irlandais avaient passé 40 points aux Toulousains en demi-finales, ils avaient toutes les raisons d'être confiants. Mais encore une fois, un club français allait être leur bourreau au terme d'une finale totalement sclérosée durant 80 minutes. 

C'est la prolongation qui allait faire rentrer cette finale dans la légende. Quand le Leinster prenait un jaune, Matthis Lebel en profitait pour enfin aller à dame. Sauf que le carton rouge stupide de Richie Arnold relançait les débats, tout comme l'essai de Josh van der Flier. Mais la botte de Thomas Ramos allait sceller le sort de la rencontre, et la sixième étoile toulousaine. Ce samedi, le Leinster voudra clairement briser la malédiction française...