Avant-dernier rendez-vous dans le Tournoi des 6 Nations pour le XV de France féminin. Avant le grand final attendu face à l'Angleterre, les Bleues devaient terminer leur montée en puissance en Écosse. Une mission largement à leur portée, mais beaucoup de défauts entrevus durant les trois premiers matchs devaient être corrigés.
L'envie, en tout cas, ne tardait pas à aboutir : les Bleues mettaient la pression, récupéraient le coup d'envoi, et Manaé Feleu aplatissait en coin en moins d'une minute.
Surprises, les Écossaises recentraient le débat devant, et poussaient les Françaises à la faute, un fait récurrent depuis le début du Tournoi. Ainsi, les Bleues reculaient, le XV du Chardon venait attaquer au cœur de la défense, et Rachel Philipps, en force, venait inscrire le premier essai écossais, assorti d'un jaune pour Manaé Feleu (16e). Le fortifiant qu'il fallait aux Bleues, et notamment Carla Arbez, qui s'offrait un magnifique exploit individuel pour relancer les siennes (19e).
Cette fois, les Bleues semblaient lancées, harcelant sans relâche la ligne adverse, jusqu'à ce que Siobhan Soqeta trouve la faille (28e). Avant que Léa Champon, sans doute la meilleure Française depuis le début du Tournoi, n'assure déjà le bonus. Mais le doublé de Rachel Philipps venait rappeler que tout était encore fragile, puisque les Bleues manquaient trois plaquages sur l'action. Néanmoins, Léa Champon rajoutait un essai à la sirène, histoire de rentrer aux vestiaires en toute sérénité (14-31).
Le travail est fait.
Et dès la reprise, une action bien amenée petit côté permettait à Pauline Barrat de mettre fin au suspense. Dès lors, le match perdait clairement en intérêt. Les Françaises avaient pris l'ascendant dans les rucks, faisaient mal en percussion, et dominaient de la tête et des épaules le match. Néanmoins, il fallait attendre la 57ᵉ pour voir Siobhan Soqeta doubler elle aussi la mise.
Les Bleues se faisaient alors plaisir, et Alexandra Chambon, à peine entrée, exploitait la domination de son paquet d'avants pour s'offrir un essai de n°9. Puis Léa Murie y allait du sien, après un numéro sur son aile. Le staff faisait tourner, mais la domination restait, et Annaëlle Deshayes salait la note en force, au près, entre deux essais écossais pour l'honneur. Avant un dernier essai signé Ambre Mwayembe, à la sirène : le travail était plus que fait.
28-69, net et sans bavure : la victoire de la France ne souffre d'aucune contestation. Mais une interrogation perdure : le niveau des Bleues est-il suffisant pour battre l'Angleterre dans la grande finale dimanche prochain ?
