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Ntamack-Jalibert, un duo magique, en attendant Ramos

Ntamack-Jalibert, un duo magique, en attendant Ramos
Ntamack-Jalibert, un duo magique, en attendant RamosPhoto par ROMAIN PERROCHEAU / AFP

Six minutes d'entraînement en une semaine, cela a suffi au duo Ntamack-Jalibert pour faire exploser des Wallabies trop naïfs samedi à Brisbane. De quoi relancer le débat sur la meilleure façon d'associer le flegmatique Toulousain et le fantasque Bordelais, en attendant le retour de Ramos, le tireur d'élite rouge et noir.

"Vous, les médias, vous les opposez souvent", a lancé le sélectionneur de l'équipe de France, dans les entrailles du Suncorp Stadium, après la victoire 42-26 de son équipe. "Et bien nous, on les associe. Et une association de très bons joueurs n'a jamais fait de mal à une équipe".

Utilisée à deux reprises à l'automne 2021, pour deux victoires, contre l'Argentine et la Géorgie, avec Matthieu Jalibert en 10 et Romain Ntamack en 12, cette paire n'avait pourtant jamais été reconduite. Et la France ovale n'a cessé depuis de questionner lequel des deux devait occuper le poste d'ouvreur.

C'est donc l'absence de Thomas Ramos, titulaire habituel du fauteuil d'arrière en équipe de France, qui a ouvert la porte à la relance de cette paire insolente de facilité samedi, pour la deuxième journée du Championnat des nations. Avec Ntamack en 10 cette fois, et Jalibert décalé au poste d'arrière, un poste qu'il n'avait pourtant plus occupé depuis cinq ans avec l'UBB.

Pari réussi 

Et le pari a fonctionné, les deux joueurs étant impliqués sur les six essais bleus samedi, dont les deux signés Aaron Grandidier-Nkanang, pour sa première sélection, au bout de deux délicieuses passes au pied de ses chefs d'orchestre. Car c'est une symphonie de rugby que les deux joueurs ont délivrée, face à des Wallabies presque réduits au rang de spectateurs lors d'une deuxième mi-temps déboussollante (30-5 pour les Bleus).

"Je les félicite tous les deux", a salué Galthié. "Je félicite Romain pour son match et je félicite Matthieu pour son grand match, et je le remercie d'avoir accepté de jouer au poste d'arrière, sans aucune discussion. Mais il voulait absolument jouer", a-t-il insisté

Jusqu'au bout, la présence de l'ouvreur de l'UBB a pourtant été menacée, après cette blessure au mollet il y a une semaine lors de la défaite à Christchurch, chez les All Blacks (34-32). Et c'est donc sans aucun entraînement collectif cette semaine, avec en tout et pour tout six minutes de "mise en place" vendredi sur la pelouse du Suncorp Stadium, que les deux solistes se sont accordés.

"On parle le même rugby" 

"C'était assez court", a reconnu Romain Ntamack dans un petit sourire après la rencontre: "Mais avec des joueurs comme ça, c'est assez facile de trouver des automatismes, on parle à peu près le même rugby. Et dans notre système de jeu, le 10 et le 15 se suppléent beaucoup, donc c'est facile de trouver les repères".

"Nous on joue avec deux 10 autant que deux 15. Ça marche bien avec Thomas Ramos et un autre numéro 10, donc il n'y a pas de raison que ça ne marche pas bien avec Matthieu et Romain", avait insisté le sélectionneur dans la semaine. "Dans notre rugby, le 10 et le 15 jouent vraiment ensemble. Un plutôt côté gauche, l'autre plutôt côté droit".

Les autres joueurs de l'équipe de France ont-ils douté, eux, devant cette paire inédite ? "Honnêtement, quand Matthieu est sur le terrain, j'ai beaucoup moins de doutes que quand il n'y est pas", a répondu en souriant le pilier gauche Jefferson Poirot, son partenaire à Bordeaux. "Qu'il soit là en 10 ou en 15, quand il est sur le terrain, j'ai moins de doutes. Et notre système de jeu est fait pour avoir deux 10 sur le terrain. Quand c'est Ramos à l'arrière, il prend aussi cette place de second 10 dans le jeu".

Mais que se passera-t-il quand ce même Ramos va retrouver les rangs des Bleus, en novembre, pour les matches retour du Championnat des nations, avec notamment un rendez-vous au sommet contre les Springboks. Ce duo va-t-il survivre à la dure réalité des doubles champions du monde en titre ?

Réponse à l'automne donc, après pourquoi pas un nouveau récital des deux joueurs dans huit jours, à Tokyo, contre les Japonais.