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Dernier rendez-vous de la saison du rugby de clubs français : la grande finale du Top 14. Un énorme favori, le Stade Toulousain, surtout après la démonstration réalisée lors de la demi-finale contre le Racing 92. Mais le Montpellier HR, qui avait remporté pas moins de 23 de ses 26 derniers matchs toutes compétitions confondues, ne venait pas à la capitale pour faire de la figuration.
Après une (trop) longue cérémonie, les deux équipes montraient d'entrée leur envie d'en découdre. Une furieuse bataille, principalement dans les rucks, une intensité folle… et un premier essai sur une filouterie en touche, et un Peato Mauvaka qui enrhumait totalement Donovan Taofifenua pour aplatir après une course de 50 mètres (6e) ! Avec en prime la perte temporaire du talonneur Jordan Uelese, difficile de faire pire début de match pour Montpellier.
Mais cela peut toujours être pire : à la première pénalité, le MHR choisissait la touche plutôt que les trois points… et perdait le ballon. À la deuxième occurrence, un écran inopportun empêchait un essai. Toulouse restait solide sur les appuis, à défaut de franchir en attaque, mais commettait subitement plus de fautes, et Domingo Miotti ouvrait enfin le compteur montpelliérain (24ᵉ), mais Romain Ntamack rendait la pareille immédiatement.
Mais si Miotti rajoutait trois points, Toulouse n'avait pas donné sa pleine mesure : sur une remise intérieure signée Emmanuel Meafou, Matthis Lebel puis Antoine Dupont passaient proche d'un deuxième essai. Cela débouchait sur une mêlée à 5, puis un bras cassé, et Peato Mauvaka, en force, s'offrait le doublé (33e). Et quatre minutes plus tard, Blair Kinghorn puis Teddy Thomas perforaient la défense, et Dupont était comme souvent là pour conclure au soutien.
Montpellier semblait déjà avoir renoncé, et à la pause, malgré toute la volonté héraultaise, la finale semblait terminée (25-6).
Encore et toujours Toulouse
La pluie qui s'était mise à tomber à la pause pouvait-elle rebattre les cartes ? On se mettait à y croire quand Gabriel Ngandebe déchirait le rideau défensif toulousain, et Justo Piccardo, à peine entré, concluait entre les perches en moins de deux minutes.
Dans la foulée, une action confuse débouchait sur un carton jaune pour Lebel, mais Jack Willis éteignait (comme souvent) l'incendie d'un grattage salvateur. Le match devenait alors un peu fou, une forme de "hourra rugby", mais ce genre de jeu est toujours en faveur de Toulouse, qui faisait tourner le chrono en infériorité numérique, changeait sa première ligne, et obtenait une pénalité dans ce secteur pour repasser à +15 (53e). Montpellier semblait avoir laissé passer sa chance.
C'est alors que l'orage redoublait de violence, et forçait une interruption alors que l'heure de jeu approchait. Après une dizaine de minutes, retour au match, et le MHR devait jouer son va-tout. Mais après avoir récupéré une mêlée à 5 par la force de son pack, un en-avant anéantissait l'effort. Toujours pas battu, Montpellier finissait par relancer les débats quand Léo Coly s'amusait avec la défense pour aller aplatir entre les perches (63e).
Montpellier pouvait-il le faire ? En bon gestionnaire, Toulouse faisait tomber le rythme et remettait la main sur le ballon, semblant éteindre le momentum héraultais. Il fallait lancer le baroud d'honneur : une pénaltouche offrait une magnifique occasion, mais le choix du fond de touche n'était clairement pas le bon. Le symbole d'une soirée d'occasions manquées pour le MHR, qui aura eu les occasions, mais qui aura trop manqué de réalisme.
Victoire 28-20, assez logique au final : le Stade Toulousain a été plus régulier que Montpellier, plus réaliste, et plus malin aussi. C'est le 25ᵉ titre national pour les Rouge et Noir, toujours un record, le quatrième d'affilée, et le sixième sur les sept dernières éditions (le septième appartenant à… Montpellier). Autant de chiffres qui illustrent la domination intemporelle de Toulouse sur le rugby français.
