Match anodin, en théorie, mais match qui allait permettre à l'un des deux petits poucets du groupe de la France de rafler une victoire de prestige. L' Uruguay, ayant montré un bien meilleur visage, était favori, considérant les dificultés de la Namibie à tenir le rythme de la compétition.
Et pourtant, les Namibiens ont mis deux minutes à trouver la faille, sur une interception de Gerswin Mouton. Une surprise, tant ils avaient pris l'eau depuis le début de compétition. Mais ils ne s'arrêtent pas là, et font preuve d'une efficacité redoutable pour doubler la mise à la suite d'un ballon de récupération exploité et conclu en bout de ligne par JC Greyling (14-0, 10e).

Il fallait bien ça pour réveiller les Uruguayens. qui investissent enfin le camp adverse. La mêlée se met en marche, et les dégâts sont considérables, jusqu'à déboucher sur l'essai d'Amaya (19e). La tendance est en train de s'inverser, les avants uruguayens sont enfin lancés, et saisissent l'opportunité sur pénaltouche pour envoyer German Kessler à l'essai (29e).
Mais "Los Teros" ne profitent pas de cet ascendant, au contraire des Namibiens, qui prennent ce qu'il y a à prendre au pied, et mènent à la pause (20-12), défiant tous les pronostics. Le pragmatisme namibien est surprenant, et rapporte trois points de plus dès le retour des vestiaires. Conscients du danger, les avants uruguayens remettent la marche avant, provoquent le jaune de Coetzee, puis trouvent enfin la faile par l'intenable Baltazar Amaya (19-23, 50e).

L'infériorité numérique coûte cher à la Namibie, qui encaisse rapidement un nouvel essai après un petit numéro de Santiago Arata. Malgré tout, Los Teros ne mènent que de trois points, et la victoire n'a pas encore choisi son camp. Tijuee Uanivi et Des Sethie savonnent alors la planche à la Namibie en prenant deux jaunes en trois minutes (le second sera transformé en rouge) pour des plaquages absolument pas maîtrisés.
Et fatalement, à 13 contre 15, les Namibiens craquent et encaissent ce qui semble être l'essai de trop via Basso (67e). Mais Swanepoel passe trois points et laisse un infime espoir aux Namibiens d'aller chercher le nul. Espoir anéanti par une pénalité uruguayenne, pour une victoire finale 36-26. Résultat logique, scénario inattendu, mais la Namibie devra encore attendre 4 ans pour rafler un premier succès en Coupe du monde.
