Interview Flashscore - Enzo Marguerite : "Pas commun de voir des fleurs sur les tenues de boxe"

Interview Flashscore - Enzo Marguerite : "Pas commun de voir des fleurs sur les tenues de boxe"
Interview Flashscore - Enzo Marguerite : "Pas commun de voir des fleurs sur les tenues de boxe"Instagram Enzo Marguerite

Enzo Marguerite devait boxer à l'Adidas Arena samedi soir pour défendre sa ceinture WBC Youth des super-welters. Las, la réunion a été annulée au dernier moment. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas découvrir un combattant déjà bien connu dans l'Hexagone, pépite du BAM des Mureaux.

Flashscore : Vous êtes un prospect français, un talent en devenir que le public doit encore découvrir. 

Enzo Marguerite : J'ai 24 ans, je suis de Normandie, de Louviers. J'ai une cinquantaine de combats en amateur, je suis passé par l'Equipe de France olympique, le CREPS de Nancy et l'INSEP.  Depuis 2 ans, je m'entraîne au BAM Promotion, le club des Mureaux, je suis invaincu en 9 combats et je devais disputer le 10e à la soirée Queensberry du 25 avril prochain à l'Adidas Arena. Je suis tenant de la ceinture mondiale WBC Youth.

Vous êtes en super-welters, une catégorie très relevée en France avec notamment Bakary Samaké, Milan Prat et Reda Kham, sans oublier l'arrivée de Souleïmane Mohammedi également ce samedi. C'est une grosse émulation ? 

Oui c'est vrai mais à titre personnel, je suis en super-welters actuellement car j'ai des opportunités mais ma catégorie naturelle, c'est celle des welters. Avec la possibilité de disputer la WBC Youth, je suis monté et j'y reste puisque je la défends. 

Repasser à un poids de welter ne serait pas un problème ?

En vrai, je serais mieux en welter parce que je suis fort à ce poids-là. Avec mon coach et mon préparateur, on avise ensemble. Il faut trouver le juste milieu parce que le poids peut devenir une charge mentale, il faut aussi garder de la force, ne pas être lessivé. Je peux être à cheval sur les deux catégories, c'est très bien. Je suis jeune mais peut-être que par la suite, en fonction de comment je vais évoluer physiquement, ça évoluera. Depuis que je suis au BAM, mon corps a radicalement changé. 

C'est quoi la force du BAM ?

En termes de coaching, c'est ce qu'il y a de mieux en France. C'est le meilleur club professionnel de France et c'est factuel avec tous les titres obtenus et ceux qui vont arriver. On a la chance d'avoir la salle de boxe anglaise et la salle de préparation physique au même endroit. C'est vraiment une chance. Il y a des boxeurs qui doivent faire de la route pour aller aux deux. Nous, on a la salle toute la journée, jusqu'à 22h30 pour tourner. Et puis on a la piste à 20 mètres de la salle, on a vraiment tout à disposition. 

Vous avez conquis cette ceinture il y a 6 semaines à Rouen. C'était très rapproché pour une défense. 

Honnêtement, ce n'était pas du tout prévu. Quand j'ai gagné à Rouen, c'était une opportunité. On devait faire un 8-rounds puis Queensberry a voulu que je défende ma ceinture et on s'est dit que c'était une bonne idée. C'est très, très court et cela n'avait même jamais été fait pour une ceinture Youth. Je suis très bien entouré, j'ai un très bon coach, un très bon préparateur physique, j'ai aussi quelqu'un qui s'occupe de ma récupération, donc tout était parfait.

Comment organisez-vous votre travail de préparation, entre l'analyse et les mises de gants ?

Pour l'analyse, je fais 100 % confiance à mon coach. Dans les combats, il me dit de faire une combinaison et ça passe donc je l'écoute ! Après mon combat de mars, j'ai fait une semaine de récupération et j'ai enchaîné avec la prépa. Je n'ai pas fait beaucoup de sparrings mais j'ai croisé avec Bilel Jkitou et aussi avec Ouassim Seddiki qui ressemblait beaucoup à mon adversaire. J'ai tout ce qu'il faut dans mon club pour travailler. On a fait beaucoup la technique, on a travaillé le game plan et physiquement, j'étais déjà prêt. 

Bilel Jkitou pour apprendre, c'est l'université de la boxe !

On se connaît depuis longtemps avec Bilel, on est du même club et on est souvent ensemble. C'est une fierté d'être avec lui, c'est un grand homme dans la boxe, aux portes d'un championnat du monde WBC. Il m'a ouvert beaucoup de portes et c'est grâce à lui si je suis au BAM car j'étais venu faire une mise de gants et la connexion s'est faite naturellement. 

Beaucoup de boxeurs français parviennent à se faire un nom pour sparrer, notamment à l'étranger. Ce sont des techniciens reconnus dans le milieu. 

En France, on a beaucoup de noms mais pourquoi n'arrive-t-elle pas à décoller réellement ? Parce qu'il n'y a plus de promoteurs. En Angleterre, ils ne sont pas meilleurs que nous mais ils ont des promoteurs qui organisent de belles soirées. Aux États-Unis, c'est la même chose. Le potentiel est là pourtant. Combien de Français sont Top 5 mondiaux WBC ?

Lancelot de la Chapelle, Baptiste Cheval, Enzo Marguerite : les boxeurs normands ont des blases qui marquent les esprits !

(Rires) Oui, c'est vrai ! J'ai d'ailleurs joué sur mon nom. Mes tenues sont avec des marguerites, peut-être que j'en ferai une marque plus tard. 

Trouver son image sans que cela ne soit forcé, c'est un avantage en termes de business ?

J'ai juste repris mon nom, donc c'est tout à fait naturel. J'ai un agent en communication avec qui je cherche des idées pour les tenues et les visuels. Ce n'est pas commun de voir des fleurs sur les tenues de boxe. J'ai une idée assez particulière mais c'est ce qui me correspond, avec la marguerite et le drapeau bleu-blanc-rouge. J'entre avec du Michael Jackson ou de la funk, des musiques atypiques dans le monde de la boxe. 

Être repéré et repérable, c'est aussi une part du travail, en plus de gagner des combats ?

La hype est importante, on le voit bien avec Bakary qui travaille énormément et a une super com'. On le voit, il vend des places, ses salles sont pleines et ça qui est important. 

Passer par des canaux médiatiques dédiés à la Gen Z est devenu incontournable ?

Il n'y a pas le choix, dans le monde du sport comme dans le monde du travail d'ailleurs. Le digital, c'est obligatoire.