Flashscore : Vous êtes en préparation à Roubaix ?
Seydi Coupé : Je suis à Roubaix mais dès ce weekend, je serai à Manchester où m'attend Isaac Chamberlain ainsi que d'autres boxeurs pour des séances de sparring.
Vous avez été blessé et des combats ont été annulés au cours de la dernière année écoulée ?
Lors de mon combat pour l'EBU Silver, je me suis blessé à l'épaule droite. Puis j'ai été au camp de préparation de Badou Jack dans la foulée pendant une semaine et ça a aggravé la situation, malgré tous les soins. J'ai consulté les médecins qui m'ont dit de me faire opérer. On m'avait parlé de 3-4 mois et finalement ça a duré un an. Effectivement, plusieurs combats ont été annulés. Au départ, j'avais été appelé pour le gala de retour de Ricky Hatton à Dubai mais il est malheureusement décédé. Ensuite, j'étais co-main event d'un gala organisé sur le toit d'un hôtel toujours à Dubai mais je n'ai pas pu boxer car j'avais trop forcé sur la blessure. J'ai ralenti et je suis revenu en mars pour un combat de reprise dans un petit gala. Je n'en ai pas parlé car, sans manquer de respect à mon adversaire, je préfère vendre du rêve à mon public avec de gros combats plutôt que de les encourager à venir pour un petit gala avec le risque d'être déçu.
En l'espèce, c'était contre Jiri Svacina (18-70-2) pour un 6-rounds. Pour vous, c'était plus important d'aller à la décision pour retrouver vos marques plutôt que de gagner par arrêt de l'arbitre ?
Non seulement, il y a le combat, mais il y a aussi la préparation avec les sparrings et la stratégie. C'est important de revenir, nécessaire. J'avais reçu des indications comme quoi j'allais sortir des classements Boxrec et WBC. Malgré le retour, la WBC m'a expliqué que l'adversaire ne correspondait pas à ses standards. Je reviendrai quand j'affronterai un gros adversaire.
Vous avez croisé avec Badou Jack. Ça vous a donné de la motivation et des certitudes face à un tel boxeur ?
J'essaye de mettre les gants avec les grands le plus souvent possible. Je ne vais pas dire que je les tiens ou que je suis meilleur, parce que ça reste un sparring, mais je ne suis pas ridicule. Je gagne du respect parce qu'on refait appel à mes services par la suite. Ils veulent une belle opposition et ils sont servis. Ça augure de belles choses parce que je reste un boxeur assez jeune.
Si vous n'aviez pas de qualités, on ne vous appellerait pas, car on imagine qu'un tel boxeur a l'embarras du choix ?
Il cherche un boxeur du même gabarit, du même niveau que son adversaire pour un championnat du monde. Ça a été une très belle expérience.
Qu'allez-vous faire à Manchester ?
Ça sera du sparring car j'ai effectué ma préparation à Roubaix comme d'habitude. J'ai mis les moyens avec une nutritionniste et un préparateur physique qui ont accompagné mon entraîneur. On ne va pas faire énormément de rounds pour ne pas trop me fatiguer mais dans les meilleures conditions. Et Isaac Chamberlain est un très bon boxeur.
Manchester, c'est la ville de la boxe. On pense évidemment à Ricky Hatton et à Tyson Fury.
Je me suis déjà entraîné avec Lindon Arthur qui avait affronté Dmitri Bivol, avec Zelfa Barrett aussi. C'est la ville des champions en Angleterre.
Hatton et Fury ont évoqué leurs épisodes dépressifs, leurs addictions. Quand on a une longue blessure comme la votre, est-ce que c'est délicat à appréhender mentalement, avec tout ce que cela peut impliquer dans la vie de tous les jours ?
C'était ma première blessure et ça a été difficile parce qu'on est habitué à la lumière, même à un niveau modeste. Et puis il y a l'adrénaline, les sparrings et en étant blessé, on est un peu mis de côté. Il faut aussi trouver de l'argent et on peut passer par des moments délicats. Il faut savoir le gérer.
Et puis la mention "inactif" dans un classement est rude car ce n'est pas de votre fait si vous ne boxez pas.
Exactement, c'est une pression supplémentaire. J'espérais boxer à la rentrée entre septembre et novembre, puis ça a été remis à décembre et finalement à mars. Quand on reçoit des mails qui t'indiquent que tu dois boxer impérativement... On force plus sur le corps. Mais c'est le jeu, parce que d'autres boxeurs poussent, qui ont pris de bons adversaires. Mais moi aussi je monte en gamme car je vais affronter Aleksei Egorov en mai, à Saint-Petersbourg, dans une soirée IBA-Pro. Ensuite, je boxerai chez moi, à Roubaix.
Un combat IBA-Pro n'est pas compté comme combat professionnel par Boxrec.
Oui, ils font un truc séparé. Mais je suis très content qu'ils aient fait appel à moi, parce que c'est le co-main event, contre un ancien challenger mondial WBA, contre Arsen Goulamirian en 2022 et ce sera mon premier gros test. Ce sera une soirée "Russie contre le monde", c'est du costaud. Egorov a 35 ans, je pense que je peux faire quelque chose de bon face à lui, je me sens capable de le battre.
