Flashscore : Vous affrontez Francis Rivas Ruiz mardi prochain. Où en êtes-vous de votre préparation ?
Leonardo Mosquea : Je viens de finir ma séance à la salle. Je suis à Bron et je vais aller à l'aéroport pour mettre le cap sur la Guyane. Ma préparation s'est bien passée, je sors de deux grosses semaines de sparring avec notamment un boxeur du coin avec qui j'ai l'habitude de travailler et qui correspond au profil de mon adversaire. J'ai aussi fait des exercices à thème. C'était une grosse prépa.
Qu'avez-vous prévu à votre arrivée en Guyane ?
Ce sera de l'entretien, du travail technique aux pattes d'ours, du travail de vitesse au sac, histoire de rester bien actif. Pas de mises de gants, pas de sparring. On ne prend aucun risque, surtout que je m'impose d'être à un kilo du poids un mois à l'avance. Ça fait quatre ou cinq combats que je fais comme ça, car ça m'évite d'ajouter de la fatigue.
Votre adversaire est à votre portée mais il a le style mexicain donc vous savez qu'il va avancer et proposer une épreuve de force.
Je ne regarde pas mes adversaires, je me prépare d'abord pour moi, pour être en forme. C'est mon coach qui analyse, qui me dit ce qu'il vaut mieux travailler pour aborder le combat au mieux. Je me fie à ça et je me concentre sur ma boxe.
Pour la deuxième fois consécutive, vous boxez à Cayenne. C'est important pour vous de garder une forme de régularité ?
Je veux que ça devienne un centre important de la boxe en France mais aussi de relancer la dynamique qu'il y a eu dans les années 90 mais qui s'est étiolée par manque d'organisation. Ça me tient à coeur de rappeler à la génération qui arrive que la Guyane est une terre de champions. Dans les années 90, ça boxait beaucoup.
Être un ambassadeur avec votre palmarès, c'est un accélérateur pour développer la pratique ?
Mon dernier combat en Guyane avait été organisé par mon sponsor mais il y avait aussi eu la collectivité territoriale de Guyane qui avait beaucoup participé. C'est un grand soutien et c'est grâce à ça qu'on peut organiser des galas d'ampleur. Je veux représenter la France, la Guyane et la République dominicaine qui est mon pays de naissance. Tout est lié.
Vous avez participé avec Jacques Chinon au documentaire "Le poing tendu" d'Arnaud Romera disponible sur France.tv. Comment est né ce projet ?
Je connais Arnaud depuis trois ans. On s'était croisé aux championnats de France de boxe éducative. À l'époque, il tournait un documentaire sur un boxeur marseillais que j'avais affronté, John Franck Mendy. Il m'a expliqué ce qu'il faisait et je lui ai parlé de Jacques Chinon, car il avait une grande carrière, 6 fois champion de France avec un immense vécu. Il m'a dit qu'il allait en discuter avec la télévision guyanaise pour co-produire. Au début, j'en ai parlé sans m'inclure mais Arnaud m'a dit que ce serait bien si je participais aussi, d'autant que j'ai été formé par Jacques Chinon.
Pour l'heure, vous êtes classé dans le Top 10 par trois fédérations (WBA, WBC, WBO) et par Ring Magazine. Vous méritez une chance mondiale.
Je suis dans le Top 15 de l'IBF aussi. La WBA me classe numéro 2 et je fais ce combat du 9 juin pour rester en haut de ce classement. Ça me permet aussi de consolider ma place avec la WBO qui me classe 9e. L'idée est d'être bien classé pour obtenir un combat contre David Benavidez qui détient les ceintures WBA et WBO. C'est réalisable d'ici la fin de l'année ou au premier trimestre 2027. Je sais que ce sera un beau combat, que ce ne sera pas facile mais je me prépare depuis toujours pour ça.
Est-ce que le combat entre Christian Mbilli et Canelo Álvarez peut justement donner envie aux promoteurs de miser à nouveau sur des Français pour des championnats du monde ?
Christian commence à être connu du grand public, il est très actif et il met en lumière tous les boxeurs français. Avec lui, la boxe en France gagne de l'ampleur et ce serait encore plus fort s'il remportait son combat contre Canelo.
