Interview Flashscore - David Papot : "J'ai cette chance de pouvoir déconnecter de la boxe"

David Papot
David PapotCHRIS HYDE / GETTY IMAGES ASIAPAC / GETTY IMAGES VIA AFP

Le 18 juillet prochain à Londres, David Papot affrontera Harlem Eubank pour la ceinture vacante IBF International des poids welters. Devant un public hostile, "L'enfant de Penhoët" veut gagner et obtenir une revanche contre Liam Paro, devenu champion du monde il y a quelques jours. En pleine préparation, il évoque ses ambitions pour Flashscore.

Flashscore : Vous disputez un combat le 18 juillet contre Harlem Eubank. Comment s'organise-t-on quand on a une vie de famille et avec la canicule, avec tous les impondérables qu'il peut y avoir ?

David Papot : Ça n'a pas été simple, mais je me suis mis en camping à côté de chez moi parce que les petits n'avaient pas école. C'est pratique pour tout le monde, et puis il y a une piscine. 

Nantes a été particulièrement touché par la vague de chaleur en plus, ce n'est pas l'idéal en pleine période de préparation ?

On est en plein dedans. On fait les sparrings, je vais aller en Normandie, ce weekend, il y a un boxeur qui vient de l'étranger pour 3-4 jours. Il a un très, très bon niveau, ça va nous servir. 

La climatisation est-elle à proscrire pour éviter les rhumes ou les problèmes gastriques par exemple ?

Je ne mets pas de clim', à part dans le mobile home pour pouvoir dormir et on ne la met pas à 20 degrés non plus. Et dans la salle, on n'a pas de clim'. On s'adapte, on s'entraîne un peu plus tôt ou un peu plus tard. Même pour les footings, je vais courir soit très tôt le matin, soit très tard le soir, notamment pour les fractionnés. On essaye de s'adapter. Les deux, trois premiers jours, c'est dur mais le corps s'habitue très vite et il y a quand même aussi des bienfaits. Ça ne me dérange pas, j'aime bien la chaleur. Peut-être qu'on fait un peu plus de renfort et moins de cardio. De toute façon, il faut faire avec, c'est comme ça. Il ne faut pas se poser de questions.

Votre préparation intensive va s'arrêter environ une semaine avant le combat ?

J'arrête les grosses séances aux alentours du 10-11 juillet. Au niveau du poids, je suis bien, à un peu moins de 5kg de la limite. C'est optimal. Et en plus, j'ai eu bien plus de temps pour me préparer que contre Paro. Mais une fois que tu t'entraînes toute l'année, le physique se récupère très vite. Même avec de très gros sparrings, le corps réagit bien. 

C'est votre staff qui s'occupe de l'analyse de votre adversaire ou vous le faites également ?

Je ne regarde jamais mes adversaires parce que... je ne m'intéresse pas trop à la boxe en fait. C'est un boxeur qui est apparemment très compliqué à boxer, pas très très beau à voir, mais il va falloir être très direct.

Pas vraiment un héritier de la dynastie Eubank ?

Il n'est pas dans le style de Chris apparemment.

Sur vos réseaux sociaux, vous partagez souvent des contenus liés à Liam Paro qui vous a battu en Australie malgré votre très belle prestation. Vous pensez toujours à une revanche ?

C'est d'autant plus prestigieux qu'il est devenu champion du monde il y a quelques jours (il a détrôné Lewis Crocker le 24 juin, ndlr). Quand je vois le combat que j'ai produit contre lui, je me dis que, oui, une revanche serait magnifique. Je l'ai dans un coin de ma tête mais, d'abord j'ai ce combat en Angleterre. 

Vous êtes de nouveau contraint à boxer devant un public hostile. 

On n'a pas d'autre choix que de boxer à l'étranger. Financièrement, on ne peut pas ramener Paro ou même un Eubank, car il n'y a pas de télé pour diffuser. Il faut faire avec, malheureusement. En France, il n'y a que le foot qui a de la visibilité, et encore, quand on compare à l'Espagne ou à l'Angleterre. Seul le PSG s'en sort parce qu'il a le Qatar. En boxe, on ne peut pas rivaliser avec d'autres pays et mettre des sommes comme celles mises sur la table en Australie pour Paro. 

Eubank n'est jamais allé jusqu'à la fin des 12 rounds, il n'est jamais allé plus que 10. La méconnaissance de cette zone grise du dernier tiers du combat est à votre avantage ?

Pour vous dire la vérité, je ne savais même pas qu'il n'avait jamais fait 12 rounds. Je ne vois pas ça comme un avantage, parce que quand tu es capable de faire 10 rounds, tu es capable d'en faire 12.

C'est rare un boxeur aussi détaché de son milieu. C'est important de savoir déconnecter et de cloisonner ?

C'est grâce à ça que pendant 5 ans je suis encore là. Je ne me pollue pas mentalement. Déjà en France, ce n'est jamais à armes égales. Dès qu'il y a un gala d'organisé, il y a une différence énorme de qualité et de niveau parce que le promoteur va organiser un gala pour que son poulain gagne. Et quand tu fais des combats à 50-50, tu remplis. On l'a fait 4 fois au Zénith de Nantes. En fait, j'aime la boxe mais je ne vis pas boxe et je ne dors pas boxe. C'est pour ça que je garde cette fraîcheur mentale. Dès que je sors de l'entraînement, je ne parle plus de boxe. J'ai commencé la boxe à 4 ans, j'en ai 35 aujourd'hui. Sans ça, j'aurais câblé depuis longtemps. J'ai cette chance et cette capacité de pouvoir déconnecter de la boxe. Peut-être que certains aimeraient y parvenir mais ils n'y arrivent pas. Après tout, dans le monde du travail, combien de personnes avec de grosses responsabilités font des burn-out ?