L’étiquette de son transfert ne l’a jamais quitté. Lorsque Nicolas Pépé a rejoint Arsenal à l’été 2019, il était alors le joueur africain le plus cher de l’histoire. Un transfert à 82 millions d'euros, censé transformer l’attaque des Gunners et les ramener parmi l’élite. Ce qui a suivi fut l’un des chapitres les plus complexes et, parfois, douloureux de la Premier League récente.
Mais, interrogé par Flashscore, l’Ivoirien de 30 ans ne nourrit aucune amertume. Il se montre réfléchi, honnête et surtout apaisé. Car après les faux départs, les prêts, les transferts libres et les réinventions, Pépé a enfin trouvé l’environnement où il peut simplement être lui-même. Et cet environnement, c’est Villarreal.
"Je regrette le manque de communication avec Arteta"
L’histoire avec Arsenal est un sujet sur lequel Pépé a visiblement beaucoup réfléchi. Il arrivait de Lille après une saison 2018/19 exceptionnelle, avec 22 buts et 11 passes décisives, seul Kylian Mbappé ayant fait mieux en Ligue 1. Tous les regards étaient braqués sur lui. Les attentes étaient immenses.
Mais elles n’ont jamais vraiment été comblées. En 112 apparitions sur trois saisons, Pépé a inscrit 27 buts, un bilan bien en deçà de l’investissement consenti et des attentes placées en lui.
À la fin, sous le système de Mikel Arteta, de plus en plus exigeant, il avait quasiment disparu du club. Un prêt à Nice a suivi, puis un transfert libre à Trabzonspor, avant que Villarreal ne le récupère à l’été 2024.
Le contraste entre sa relation avec Arteta et celle qu’il entretient aujourd’hui avec le staff de Marcelino en dit long.

"D’abord, c’est différent. Ces deux entraîneurs sont vraiment différents. On commence par Arteta, qui est un coach qui demande certaines choses. Parfois, c’était un peu difficile pour moi, car de temps en temps, il n’y avait pas cette communication. Et c’est ce que je regrette le plus, de ne pas avoir eu assez de communication avec lui. Ensuite, avec le coach Marcelino, c’est l’inverse. Je pense qu’on parle de tout, de rien, de foot, de choses hors foot, peu importe. Je dis toujours que je préfère un coach totalement transparent avec moi, que ce soit dans le bon ou le mauvais sens. Cela me permet d’avancer et de progresser."
Deux championnats, deux mondes
Après avoir connu le football anglais dans toute son intensité et le football espagnol dans toute sa technicité, Pépé est bien placé pour comparer les deux univers.
"C’est totalement différent en termes d’intensité de jeu. En Premier League, on était vraiment focalisés sur l’intensité, alors qu’en Espagne, c’est plus détendu, l’idée c’est de jouer au ballon. Ensuite, pour les stades en Angleterre, je pense qu’il n’y a pas mieux. Même en troisième ou quatrième division, les stades sont pleins et l’ambiance est incroyable. En Espagne aussi il y a de l’ambiance, mais c’est totalement différent. Donc je pense que ce sont deux championnats différents mais tous deux d’un très haut niveau."
Un constat que seule l’expérience peut permettre, alors que Pépé continue de rappeler sa qualité en Liga.
Il soutient Arsenal, mais est prévenant
La course au titre en Premier League était évidemment un sujet incontournable pour quelqu’un qui connaît aussi bien Arsenal que Pépé.
Arsenal a occupé la première place une grande partie de la saison, mais une défaite contre Manchester City a relancé la lutte, l’écart pouvant désormais se jouer à la différence de buts si les deux équipes remportent leurs derniers matchs. Pépé a suivi cela de près. Et s’il croit qu’Arsenal a les armes, il sait aussi de quoi City est capable.
"Honnêtement, je pense que tout se jouera sur des détails. Ils ont encore la Ligue des champions à disputer, donc il y a cette gestion à faire. City n’a plus rien d’autre, je pense qu’ils n’ont que la Premier League maintenant, donc ils seront concentrés sur le championnat. Mais tout dépendra vraiment des détails car je pense que la différence se joue à un but. Je pense qu’Arsenal finira champion, mais vraiment, c’est dommage d’avoir perdu contre City."
Épanoui à Villarreal
À Villarreal, Pépé est devenu le joueur que beaucoup imaginaient. Lors de la saison 2025/26 de Liga, il a disputé 29 matchs, inscrit 5 buts et délivré 4 passes décisives. Le club occupe actuellement la troisième place du Championnat, et est en quête d’un retour en Ligue des champions après la déception d’une élimination précoce en phase de groupes la saison passée.
Cette année a laissé un goût amer avec une élimination dès la phase de groupes. Mais Pépé est convaincu que le club peut retrouver l’élite européenne.
"C’est important pour Villarreal de se qualifier à nouveau pour la Ligue des champions car avant, avant l’an dernier, avant cette année, on voulait vraiment se qualifier. Malheureusement, cette année, on n’a pas eu un grand parcours en Ligue des champions. En Liga, on veut vraiment se qualifier pour offrir aux supporters ce qu’ils méritent, c’est-à-dire la Ligue des champions. Pour l’instant, on est troisièmes. Le mieux, c’est de rester troisièmes et de finir la saison ainsi."
Et surtout, il estime que l’expérience acquise en phase de groupes rendra Villarreal plus fort s’il retrouve la compétition la saison prochaine.
"Je ne pense pas qu’on puisse faire pire que cette année. Donc avec ce qu’on a produit cette saison, je pense qu’on ne peut que faire mieux. On a joué contre Manchester City, Tottenham et la Juventus. On a disputé de gros matchs. Pour la plupart des joueurs, moi y compris, c’était une première en Ligue des champions. On a pris un peu plus d’expérience. Je pense que la saison prochaine, si on se qualifie, on fera mieux."
Yaya Touré, la Côte d’Ivoire et le rêve de Coupe du monde
Pour Pépé, le football a toujours été influencé par les grands joueurs qu’il admirait plus jeune. Et lorsqu’on lui demande qui était son modèle, la réponse est immédiate.
"Yaya Touré. Quand j’étais plus jeune, Yaya Touré à Barcelone faisait partie des joueurs que j’aimais regarder à la télévision."
Et comme Touré, l’équipe nationale reste une source constante de fierté et de motivation. Pourtant, l’ailier n’était pas présent dans la liste de la Côte d’Ivoire d’Emerse Faé pour la CAN en décembre dernier, une absence remarquée au vu de ses performances à Villarreal.
Mais la porte des Éléphants, assure-t-il, ne lui est jamais fermée.
"Quand le pays t’appelle, tu réponds présent. Donc s’ils m’appellent, je donnerai tout jusqu’à la mort, comme on dit. Parce que c’est la patrie et on fait tout pour le pays."
Avec la Coupe du monde 2026 qui approche et la Côte d’Ivoire qui se prépare à briller sur la plus grande scène, la forme de Pépé à Villarreal pourrait bien relancer le débat sur un retour en sélection.
