Interview Flashscore - Moreno Fendero : "À chaque combat, on veut voir le prochain Christian Mbilli"

Moreno Fendero
Moreno Fendero Graham Hughes / Zuma Press / Profimedia

Dans la vie de tous les jours, Moreno Fendero est un homme prévenant, qui prend des nouvelles en début d'entretien et l'achève avec la même bienveillance. Dans le ring, il est "The Soldier", un boxeur aux poings destructeurs qui font de lui l'un des prospects les plus suivis de la catégorie des super-moyens. Avant d'affronter Jonathan Gonzalez-Ortiz ce jeudi à Québec pour la défense de sa ceinture WBC Continental Americas, il revient sur les derniers mois écoulés et ses attentes pour le futur.

Flashscore : Dans quel état de forme êtes-vous juste avant ce combat contre Jonathan Gonzalez-Ortiz, qui n'a qu'une seule défaite contre Edgar Berlanga l'année dernière ?

Moreno Fendero : Quasiment au poids, on a fait tout le plus dur. Ça a été très intense dans les entraînements, avec de très bonnes mises de gants. Je suis impatient d'être dans le ring. Ça fait trois combats qu'on me teste et j'ai toujours fait le job. Donc j'ai encore mis les bouchées doubles sur la préparation. Je ne chôme pas ! Pour les derniers jours, on fait de l'entretien, des pattes d'ours, du sac et finir de tomber le poids. C'est pour me maintenir en forme, tout est déjà fait. 

Vous étiez connu pour être un boxeur expéditif et on vous attendait sur des 10-rounds, avec des gestions de temps forts et de temps faibles. C'était une expérience à forger ?

On ne posait beaucoup la question et Marc Ramsay voulait me voir sur de longs combats, pour observer mes réactions. Finalement, on a vu ce que je pouvais travailler, on a pu valider des choix car sur 10 rounds, il avait plus le temps de voir ce qu'il fallait améliorer. C'est mieux que sur 2-3 rounds. Je suis au début, je pense que je suis encore très, très loin. Quand je vois ce que je fais, je me dis que j'ai encore plein de choses à travailler mais que j'ai aussi une marge de progression devant moi. 

Est-ce qu'être à l'ombre de Christian Mbilli, ça permet de vivre dans une certaine tranquillité ?

Ce n'est pas du tout comme on peut le penser. Quand tu as Christian Mbilli, qui est une bête, qui est Français et qui est dans la même équipe que toi, tu es comparé tous les jours. Pour moi, c'est bien, mais les gens ne se rendent pas compte que ça peut devenir atroce. Christian est champion du monde et ça lui a pris 10 ans. Moi, je suis pro depuis seulement 3 ans et on me compare déjà à lui. C'est une pression constante au quotidien et à chaque combat car on veut voir le prochain Christian, alors que je suis juste moi, deux boxeurs différents, deux gars qui n'ont pas le même style. 

Vous boxez en moyenne 5 fois par an, vous êtes déjà scruté de très près, c'est flatteur ?

Lors de mes deux derniers combats, j'ai affronté deux Top 30 en WBC, c'est quand même un grand bond mais j'ai la chance d'avoir une équipe qui me garde actif. Je boxe souvent et en plus, j'ai la chance d'apparaître sur de belles cartes. 

Votre passé de soldat vous sert-il dans les préparations et les combats, mais aussi pour être patient ?

Je pense qu'on veut tous faire de gros combats et des sous, mais on ne doit pas aller trop vite. Vu le passé que j'ai, j'ai un certain mode de vie à mettre en place car ma vie change. Je dois prendre mon temps, attendre que mon tour vienne pour prendre cette torche. C'est dur d'être patient car les entraînements sont longs et difficiles et on est toujours pressé de boxer et de se montrer. Mais j'ai le coach avec toute l'équipe qui prennent leur temps parce qu'une carrière, c'est long comme c'est court. 

Est-ce qu'on vous verra défiler le 14-Juillet prochain ?

Malheureusement non. 

Vous aviez défilé il y a deux ans : que ressent-on dans un tel moment quand on est militaire ?

C'est l'une des plus belles choses que j'ai pu faire dans ma vie. On ne s'y attend pas quand on dit de venir. Moi, je suis au 21e Régiment d'infanterie. Au départ, je ne voulais pas le faire parce que je trouvais ça nul mais une fois que tu y es, que le monde entier te regarde, qu'il y a le président et les ministres, c'est énorme. Tu dois être parfait, tu dois être beau. Quand on descend les Champs-Élysées, tu vois tout ce monde qui vient nous applaudir, c'est incroyable. 

Quand vous voyez Christian ou Arslanbek Makhmudov qui ont des chances sur de très grandes cartesqui vont avec, est-ce que ça vous tranquilise par rapport au chemin à emprunter avec Eye Of The Tiger ?

D'ici deux à trois ans, je serai prêt à être sur Netflix, avec de beaux combats, avec de bonnes bourses, à me faire un nom, à montrer que les Français sont bons.