Flashscore : Nous sommes à un mois du combat : comment se passe l'entraînement avec tes coaches et quels enseignements retiens-tu des séances de sparring ?
Christian Mbilli : Ça va bien, évidemment. C’est un peu le contraire de mon camp contre Lester Martínez, où on sortait d’un long camp d’entraînement, avec moins de temps pour se préparer. Là, on arrive avec les batteries rechargées, l’artillerie complète et ça se ressent à la salle et en sparring.
Canelo Álvarez vous sous-estime très clairement : en puisez-vous une force supplémentaire ?
Je ne sais pas s’il me sous-estime réellement, et si oui tant mieux pour moi, ou si ça fait juste partie de la guerre psychologique qu’il veut amener. Mais comme j’ai déjà dit, je ne suis pas Jaime Munguía ou Edgar Berlanga. S’il s’attend à une soirée aussi facile, il sera le premier à en subir les conséquences. Et de toute façon, le résultat sera le même car on se prépare à imposer ma tactique, peu importe comment il réagira.
Quand vous faites le bilan de votre "exil" au Québec, quels sont les moments les plus importants que vous avez pu vivre ?
C’est sûr qu’en termes d’accomplissement, remporter le titre contre le Polonais Maciej Sulecki (par KO à la 1re reprise en juin 2025, ndlr) doit être au top de la liste. Surtout sachant que ce titre intérimaire a été élevé ensuite… Mais pour moi c’est aussi la confirmation de ce pour quoi je suis venu au Québec au départ ; pouvoir m’entraîner avec Marc Ramsay et son équipe qui est selon moi la meilleure équipe d’entraîneur au monde. Après vous direz que je suis biaisé, mais l’autre jour j’ai lu que j’étais son 6e champion du monde alors je crois que les résultats parlent d’eux-mêmes.

Quand Eye Of The Tiger vient vous voir il y a plus de 10 ans et vous dit que vous allez être le futur champion du monde vous les prenez pour des fous ou pour des visionnaires ?
Un peu des deux (rires). Car même si le titre mondial a toujours été le but premier de ma venue en Amérique, honnêtement, il faut être un peu fou pour y croire du début à la fin. Après, quand j’ai signé le contrat, en 2020, et que je suis monté chez les super-moyens, je crois que c’est vraiment là que la route est devenue plus claire et que Canelo est arrivé dans mon radar.
Quels sont les aspects que vous avez développés ces derniers mois, notamment après votre combat contre Martínez ?
L’apport du combat contre Martinez (match nul en septembre 2025, ndlr), pour moi, est davantage au niveau psychologique que physique. Évidemment, j’ai été aux Jeux olympiques, je me suis battu sur la télé américaine et j’avais fait de gros combats à la maison. Mais 60 000 personnes à Vegas, devant des dizaines de millions de gens sur Netflix, c’était autre chose. Je le voyais comme une audition : j’avais promis le combat de la soirée et je l’ai livré. Mais avec le recul, si je m’étais mis un peu moins de pression, et que je m’étais concentré un peu plus sur la boxe que sur le "show", je crois que j’aurais pu livrer une performance beaucoup plus propre. C’est pour ça que ça vaut de l’or d’avoir pu combattre sur la grande scène, juste avant de combattre Canelo.
À quel type de combat vous attendez-vous de la part de Canelo ? Du style mexicain total ou davantage de distance ?
On va voir comment il réagit, mais comme j’ai dit à l’annonce du combat, je crois que ç’a le potentiel d’être le combat de la décennie. Et en tout cas, moi, je vais amener le style mexicain. Et historiquement, Canelo est rarement le gars qui recule, même dans ses défaites, c’était souvent lui qui était l’agresseur. Alors comme disait Gennady Golovkin, personnellement, je m’attends à un "Big Drama Show".
Vous êtes en phase ascendante dans votre carrière alors que Canelo a subi une lourde défaite contre Terence Crawford. Tout est remis à zéro ou vous vous dites que si vous le touchez, il a peut-être moins de ressources psychologiques qu'avant ?
Forcément. Le gars a près de 70 combats pros, personne ne devient plus fort ou meilleur en se faisant taper sur la gueule pendant plus de 20 ans. Après, ça reste un athlète d’exception et c’est pour ça qu’il a toujours ce niveau après toutes ces années. Mais je crois que c’est unanime : il n’est plus le même gars qu’il était il y a 5 ans et je crois qu’on va voir rapidement où il en est rendu le 31 octobre.
Quel message envoyez-vous à vos supporters en France ?
Je les remercie. Et du fond du cœur évidemment, on a fait du chemin depuis le début de la Team Solide, et je suis encore plus reconnaissant qu’ils me supportent depuis tout ce temps. Après, le combat n’est pas fini, notre heure de gloire arrive le 31 octobre.
Alors on se donne rendez-vous sur le continent européen quand vous aurez gagné ce combat ?
Évidemment ! On en parle depuis tellement longtemps, mais c’est comme le combat contre Canelo, je crois qu’à force de le manifester, on va l’obtenir. Comme mon promoteur Camille Estephan en parlait l’autre jour : d’abord je casse la gueule à Canelo, ensuite je lui recasse la gueule, et enfin pour moi, ce sont les plus grandes salles de Québec et Paris.
