Un an après sa défaite contre Terence Crawford, Canelo Álvarez s'est imposé à Riyad contre Christian Mbilli, dont l'abnégation n'a pas suffi. Le Mexicain reconquiert sa ceinture WBC World des super-moyens avec une décision unanime (115-112, 116-111, 117-110).
Le Français n'a pas à rougir de sa prestation, parfois touché nettement mais jamais proche d'être stoppé par l'arbitre. Après un round d'observation, "Solide" a comme prévu voulu marcher sur son rival pour placer des combinaisons dès que le Mexicain était amené dans les cordes. Avec le choix du coeur, malheureusement souvent éloigné de ceux des juges, Mbilli pouvait être crédité de trois des quatre premiers rounds. En mode diesel, Canelo commençait à répliquer et jouait la provoc' dans la troisième reprise.
Et puis à partir de la cinquième, le Mexicain est monté en régime. Tout le travail réalisé au contact d'Oleksandr Usyk, présent au premier rang, s'est mis en place. Jeu de jambes, esquives, mouvements de hanche : Canelo était concentré, studieux, voire scolaire mais surtout efficace. À la sixième, il a claqué une gauche qui a sérieusement ébranlé Mbilli pour la première fois.
Le Français voulait réduire la distance mais son adversaire plaçait des jabs précis et à la septième, il a touché avec un uppercut du droit retentissant. Dès lors, il n'y avait plus guère de doutes quant à l'issue du combat. Mbilli était volontaire mais brouillon. Dans le huitième round, l'arbitre a commis un excès de zèle en lui adressant un point de pénalité pour un coup donné derrière la tête, alors que l'ensemble du combat fut des plus corrects et que "Solide" s'en était immédiatement excusé.
Dans le dernier tiers du combat, Mbilli a constamment voulu casser cette maudite distance mais il puisait manifestement dans ses réserves quand Canelo était dans la maîtrise, bien plus expérimenté de ces situations-là. Pour autant, le Français n'a pas cédé d'un pouce. Dans la dixième reprise, il a touché clairement avec un crochet du gauche plus un crochet du droit. Dans la suivante, il a encore passé un beau crochet du gauche. Canelo était en gestion mais il a encore pris une droite de Solide dans le dernier round.
Sans surprise, les trois cartes ont été favorables à Canelo mais Mbilli n'a pas démérité et il a démontré que sa place n'était pas usurpée. Même s'il s'agit de la première défaite de sa carrière, le Français, à la manière de Flora Pili contre Katie Taylor en septembre, a pu tutoyer l'excellence et pu mesurer qu'il n'était pas si loin des hautes sphères pugilistiques. Même à 36 ans et plus de deux décennies de carrière, Canelo est toujours là, certes avec moins de dynamite dans sa boxe mais de nouveau champion du monde WBC des super-moyens.
