Flashscore : Vous êtes revenu dans le ring récemment, un an et demi après votre blessure à l'épaule. Le temps a été long ?
Christ Esabe : Il y a quelques années, on m'avait dit de me faire opérer, mais je n'ai pas voulu parce qu'il y avait les mes derniers championnats de France en amateur. En gros, on m'avait dit que soit je me faisais opérer, soit je faisais beaucoup de rééducation et de renforcement et que ça pourrait passer. Avec mon staff, j'avais choisi cette deuxième solution. Par la grâce de Dieu, ça avait bien marché et j'ai continué comme ça pendant six ans car l'épaule n'avait jamais bougé.
Jusqu'à votre combat contre Sánchez pour la ceinture EBU Silver des plumes. Cette fois-ci, l'opération était inévitable ?
Elle a lâché en plein combat. Je savais qu'il fallait que je me fasse opérer et je savais que ça allait prendre du temps, qu'il y aurait beaucoup de rééducation et que ça allait être dur. Mais dans tout ça, il y avait la garantie que l'épaule ne se disloque plus. Alors j'ai pris mon mal en patience. Je me suis réfugié dans la foi aussi, beaucoup. Et puis, il y avait aussi mon entourage qui m'a énormément aidé. Je ne vais pas mentir : ça a été vraiment, vraiment difficile mais je n'avais pas d'autre choix à prendre pour la suite de ma carrière.
Vous n'avez que 26 ans et c'est aussi une garantie pour l'avenir : votre épaule est totalement remise. C'était important de refaire ces 6 rounds pour retrouver des sensations, du rythme et ne plus avoir d'appréhension ?
C'est vrai qu'au départ, il y a beaucoup d'appréhension mais, au-delà de ça, c'est que le corps déjà a pris un coup avec l'opération. Donc, il y a tout un automatisme qui se crée dans le cerveau qui fait que tu as de l'appréhension. Tout est différent et l'épaule a besoin de se réadapter.
Vous êtes désormais installé à Londres, c'est un grand changement même si Paris n'est pas très loin ?
J'ai mangé tellement de sparring, tellement de rééducation, tellement de renforcement... Je suis monté dans le ring comme si c'était un combat que j'avais l'habitude de faire, grâce au gros travail que j'ai effectué avec mon coach.
En termes de logistique, il y a tout ce qu'il faut à Londres, c'est une grande ville de boxe.
J'étais déjà bien entouré en France, j'y ai d'ailleurs terminé ma rééducation. Il me manquait vraiment les sensations de ring, de pousser mon épaule dans des conditions de combat.
Vous avez boxé dans la réunion de Montauban qui a vu la victoire de Théo Ticout pour la ceinture EBU Silver des mouches. Désormais, Boxrec vous classe en super-plumes en raison de ce combat de rentrée mais vous êtes principalement un poids plume ?
Normalement, je suis en plumes et mon objectif est d'y rester. C'était un combat de reprise, de transition. Mais si j'ai des opportunités en super-plumes, pourquoi pas ? Mais pour l'instant, je me sens bien en plumes, je n'ai pas de problème à faire le poids. À partir du moment où ça deviendra compliqué, je monterai. Plume, c'est une belle catégorie mais pourquoi aller jusqu'en léger ?
À Londres, vous êtes dans l'épicentre de la boxe européenne, voire mondiale. Comment se passe votre adaptation ?
Ça va faire dix mois que je suis là et, franchement, c'est une autre manière de travailler, qui n'a rien à voir avec la manière française. C'est un autre format de boxe, un autre style, sans pour autant changer mon style à moi, qui reste le même. On a simplement ajouté des choses, notamment dans l'alimentation. C'est plus facile ici. J'habite à Greenwich et juste en bas de chez moi, chez un shop et c'est facile de trouver de la nourriture healthy. Pour le reste, la routine ne change pas trop.
Et pour les sparrings, ça ne doit pas être trop compliqué de trouver des partenaires.
C'est abusé, il y a trop de salles ! Je n'ai jamais fait autant de sparring sur l'espace de 10 mois qu'en France, par exemple. À ce niveau-là, j'y ai totalement gagné. Je suis dans le pays de la boxe. Il y a énormément de variétés de boxeurs. C'est magnifique.
Vous avez senti des évolutions dans le ring, dans certains aspects comme les déplacements ou la précision ?
Sur quelques points mais, en vrai, c'était un combat de reprise. Il n'y a jamais zéro risque mais il n'y avait pas de danger. Ce n'est que mon premier combat avec mon nouveau coach, on verra tout ça dans les prochains combats. J'ai refait des gammes.
Un autre combat est prévu d'ici la fin d'année ?
J'attends que tout se peaufine, mais j'aurai une grosse échéance.
Vous visez un championnat d'Europe ?
Je travaille avec différents managers anglais et ils ont une toute autre approche. C'est différent du management français qui veut passer par le circuit habituel. Je ne pense pas que ce sera un championnat d'Europe mais pour un classement mondial. Je ne veux plus perdre de temps. La ceinture européenne a de la valeur mais si je peux me classer, c'est le mieux. En tout cas, c'est que j'aimerais faire. Ici, il y a moyen de faire de beaux combats.
