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Christian Mbilli, un cheminement de dix ans pour enfin affronter Canelo Álvarez

Christian Mbilli
Christian MbilliFAYEZ NURELDINE / AFP

Reparti sans médaille des Jeux olympiques de Rio en 2016, Christian Mbilli a bâti une carrière professionnelle parfaite pour être tout en haut de l'affiche.

Été 2016, Jeux olympiques de Rio. Christian Mbilli n'a que 21 ans et il est éliminé en 1/4 de finale. La "Team Solide" revient avec des breloques en pagaille et lui deviendra tout simplement "Solide", le boxeur français de cette génération à réussir la meilleure carrière professionnelle. 

Pour Mbilli, l'Équipe de France est une étape. Il veut passer chez les rémunérés et il est prêt à tous les sacrifices. Des Québécois l'ont vu à l'oeuvre et ils sont convaincus que le natif de Yaoundé écrira l'histoire. Le promoteur Yvon Michel et l'entraîneur Marc Ramsay lui exposent un plan de carrière abouti. Mbilli est convaincu et il traverse l'Atlantique. L'histoire d'amour avec le Canada est réelle : le boxeur est désormais détenteur d'un passeport orné de la feuille d'érable. 

Trente combats, 29 victoires, 24 KO, un nul : Mbilli avait des bases de frappeur déjà bien développées et au contact de Ramsay, son explosivité et sa puissance se sont accrues. Son bras avant est un canon scié, ses uppercuts ont dessoudé beaucoup de mentons. Bob Arum, le mythique patron de Top Rank, le veut dans ses soirées. "Solide" aime le style mexicain, quitte à s'exposer, comme face à Lester Martínez. Ce match nul n'a pas éclipsé la démonstration de Terence Crawford contre Canelo Álvarez mais la baston a été au niveau escompté, si bien que le Mexicain n'a pas eu d'autre solution que d'affronter le Français désigné champion du monde WBC des super-moyens après l'annonce de la retraite de "Bud". 

À cette occasion, Mbilli a réussi son examen de passage, après un camp d'entraînement usant qui lui a permis de s'ajuster pour préparer la plus grande échéance de sa carrière. Dans une interview accordée à Flashscore en début de mois, il revenait sur ce combat charnière : "60 000 personnes à Vegas, devant des dizaines de millions de gens sur Netflix, c’était autre chose. Je le voyais comme une audition : j’avais promis le combat de la soirée et je l’ai livré. Mais avec le recul, si je m’étais mis un peu moins de pression, et que je m’étais concentré un peu plus sur la boxe que sur le "show", je crois que j’aurais pu livrer une performance beaucoup plus propre. C’est pour ça que ça vaut de l’or d’avoir pu combattre sur la grande scène, juste avant de combattre Canelo".

Après que son combat a été décalé du 12 septembre au 31 octobre, après que la tenue du gala a été menacée en raison des différents conflits qui émaillent le Moyen-Orient, Mbilli est bien arrivé à Riyad, plus déterminé que jamais pour déjouer tous les pronostics. S'il y parvient, il sera l'égal de Georges Carpentier et Marcel Cerdan, rien de moins. 

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