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Interview Flashscore - Seydi Coupé : "Le travail avec Bivol, on le sent dès le 1er round"

Seydi Coupé avec Dmitrii Bivol
Seydi Coupé avec Dmitrii BivolInstagram Seydi Coupé

Sa story en sortie de sparring avec Dmitrii Bivol a même fait réagir son adversaire Viddal Riley. Seydi Coupé s'est donné les moyens de détrôner le champion d'Europe des lourds-légers le 14 novembre à Londres. Avant de rentrer en France pour achever sa préparation, le boxeur de Roubaix a évoqué ses ambitions et les moyens qu'il se donne pour devenir incontournable dans une catégorie très compétitive.

Flashscore : Vous êtes actuellement à Dubaï. Dans quelle salle êtes-vous ? 

Seydi Coupé : Je suis au Kamani Club et ça fait une dizaine de jours que je suis avec Dmitrii Bivol. Comme on ne peut pas organiser de grands combats en France, malheureusement, on est obligé de mettre des moyens de l'autre côté, pendant de grandes préparations. C'est plus simple de programmer des sparrings avec des boxeurs de niveau mondial. On était obligé de monter en gamme. J'ai aussi croisé avec Cheavon Clarke qui était avec John Dovi. Lui sera au programme d'une soirée Zuffa ce samedi contre Chris Billam-Smith. 

Dmitrii Bivol n'est plus à présenter, il fait partie de l'élite. Quel est votre bilan à ses côtés ?

Ce n'est pas encore fini car il me reste encore un ou deux sparrings avec lui. Franchement, il est d'un niveau... C'est ce qui se fait de mieux dans la boxe, au-dessus de tout ce que j'ai pu vivre en sparring, même si j'ai un bon jeu. J'ai déjà croisé avec du beau monde mais le travail avec Bivol, on le sent directement, dès le premier round. C'est une question de tout : sa distance, sa pression et beaucoup d'autres choses. J'en sors grandi. Je ne veux pas dire que ça me rend plus confiant mais ça m'a fait du bien de tourner avec quelqu'un comme lui et de voir le vrai haut niveau et je m'attends à encore plus lors des prochaines échéances. Lui, tu vois qu'il est impliqué. 

On dit souvent "entraînement difficile, combat facile" : c'est le but d'une telle préparation ? 

Il faut de donner les moyens dans la préparation. Avoir des sparrings de qualité, c'est important mais ce n'est pas nécessairement représentatif d'un bon combat à venir. Bivol a des similarités dans le style avec Viddal Riley, il le connaît bien et il m'a complimenté sur ma boxe. Il m'a donné quelques tips car il est toujours dans la construction. Et puis la gestion énergétique est très importante quand on fait beaucoup de rounds. Il faut être très, très intelligent. 

Ce n'est pas pour rien s'il a battu Canelo Álvarez et c'est peut-être aussi pour ça que le Mexicain a travaillé avec Oleksandr Usyk pour préparer le combat contre Christian Mbilli ? 

C'est ça qui est impressionnant avec Canelo. Il a su se renouveler alors qu'il était un peu tombé dans son propre style. Il a su changer ses méthodes d'entraînement. Peut-être que s'il n'était pas allé chez Usyk, Christian aurait gagné parce que Christian a fait une bonne première partie de combat. 

Dubaï est devenu un lieu prisé des boxeurs, des Français y habitent au moins un partie de l'année comme Christian et Ibrahim Boukedim. Vous avez beaucoup d'accès ? 

C'est ma deuxième fois à Dubaï et je constate que ça devient très reconnu pour la boxe. En plus, il y a de plus en plus d'étrangers, notamment des Anglais qui viennent. On peut croiser avec tous les styles.

Votre dernier combat a été en Russie contre Aleksei Yegorov. Comme il était sous l'égide de l'IBA, votre défaite n'est pas comptabilisée dans votre palmarès Boxrec. Autant sportivement que financièrement, c'était le bon choix à faire ? 

C'était une bonne performance, un bon combat, avec une belle audience et ça m'a permis de me faire connaître. Ça permet d'assumer les prochaines préparations, de faire des déplacements. 

Vous affrontez Riley le 14 novembre prochain à Londres. Vous êtes challenger pour le titre EBU des lourds-légers dans un main event diffusé sur DAZN : c'est le moment de marquer les esprits. 

C'est la fédération européenne qui m'a désigné challenger. Lui était censé se diriger vers un titre mondial mais ça ne s'est pas fait, malheureusement pour lui. Alors on se retrouve pour la ceinture EBU et j'en suis très content. J'ai énormément de chose à gagner car il est numéro 2 IBF et top 5 dans les trois autres fédérations majeures. Si je réussis ce combat, il y aura moyen d'aller très vite très haut. 

Vous avez contribué à l'analyse de votre adversaire ou vous laissez ça à votre équipe ? 

On le fait ensemble et ensuite on se met d'accord sur la stratégie avec mon style, ma façon de penser ainsi que celle de mon staff. Ce n'est pas le fait d'une seule personne et beaucoup de choses entrent en compte. On a très bien analysé Riley, surtout qu'il y a énormément de combats de lui sur internet alors qu'il y en a très peu de moi. C'est un bon avantage pour moi. 

Il a toujours fini à la décision pour ses combats avec des ceintures en jeu. 

Il faut que je sois prêt pour 12 rounds et on a fait une préparation en ce sens. Si je peux finir avant, tant mieux. 

Le seul Français à avoir gagné un main event en Angleterre sur DAZN, c'est David Papot. Reynald Garrido avait battu Saunders en Bradley Saunders par disqualification, Sofiane Khati a aussi battu Nathan Heany avant la limite. Pour gagner aux points, il faudra en faire beaucoup. 

À l'extérieur, il faut toujours en faire un peu plus car il y a quelques désavantages. Mais on est prêt à ça et c'est pour ça qu'on a accepté le combat. J'ai déjà boxé à l'extérieur, en amateur comme en professionnel. Ce sont des choses que je peux gérer. 

David Benavidez veut convaincre Usyk de redescendre en lourds-légers. Il y a des opportunités qui vont survenir, d'autant que la catégorie est très relevée. 

Oui mais tout peut vite se bloquer. La ceinture IBF est intéressante car elle n'a pas été remise en jeu depuis qu'Opetaia a été destitué (il monte en lourd pour affronter Deontay Wilder le 11 décembre en sous-carte de Fury-Joshua, ndlr). Riley avait été ordonné et il devait affronter David Nyika mais ça ne s'est pas fait. Il y a de la place pour briller. Cela fait seulement 10 ans que je boxe, je pense que j'arrive à un bon niveau mais je n'ai encore atteint ma maturité totale. D'ici 2-3, je serai au max. Il faut essayer de progresser à chaque fois et se remettre en question. C'est le premier vrai test de ma carrière. 

 

 

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