Sans Fils, point de salut ?
Le pessimisme est une notion tellement française qu'elle pourrait être inscrite sur le fronton des mairies. Mais au matin du début du French, une inquiétude a ressurgi : y aura-t-il un Tricolore en deuxième semaine à Roland-Garros ?
Meilleure chance du contingent, Arthur Fils s'est blessé à la hanche lors du Masters 1000 de Rome le 9 mai dernier. Depuis, le vainqueur de l'ATP 500 de Barcelone ne s'était pas entraîné et n'avait participé ni à la session prévue avec Novak Djokovic ni à l'exhibition de Gaël Monfils.
Victime d'une fracture de fatigue au dos l'année dernière, Fils avait précipité son retour à la compétition et l'avait payé avec une saison blanche. Son retour en très grande forme a été stoppé et il a privilégié la prudence en annonçant son forfait samedi après-midi. Sans son numéro 1, c'est tout le contingent français qui vacille.
Si des joueurs comme Clément Tabur (contre Jannik Sinner), Alexandre Müller (contre Stefanos Tsitsipas), Moïse Kouamé (contre Marin Cilic), Giovanni Mpetchi Perricard (contre Novak Djokovic), Arthur Gea (contre Karen Kachanov), Thomas Faurel (contre Valentin Vacherot) et Benjamin Bonzi (contre Alexander Zverev) n'auront rien à perdre, d'autres nourrissent des ambitions pour atteindre a minima le troisième tour.
C'est le cas de Corentin Moutet (tête de série nº30) qui n'a pas eu de chance au tirage puisqu'il est tombé dans la partie de tableau de Sinner. Le gaucher turbulent sera énormément soutenu et passer deux tours est le minimum pour lui. Pour autant, il va débuter fort contre Vit Kopriva avant de potentiellement affronter Martín Landaluce.
De l'autre côté du tableau, Ugo Humbert (tête de série nº32) est dans la même situation puisqu'il est sur la trajectoire de Zverev.
Arthur Rinderknech (tête de série nº22) a un premier tour abordable contre le qualifié autrichien Jurij Rodionov mais il devra ensuite sortir du piège contre Marton Fucsovics ou Matteo Berretini avant de défier, si la logique est respectée, Luciano Darderi, récent demi-finaliste à Rome.
Pour son dernier Roland-Garros, Gaël Monfils sera là pour faire le show et si Hugo Gaston est un adversaire à sa mesure, il devra ensuite battre Federico Cerúndolo (tête de série nº25) pour éventuellement arriver face à Daniil Medvedev (tête de série nº6) dont on ne sait jamais quel sera son niveau sur l'ocre parisien.
Boisson dans l'inconnu... comme toutes les Françaises
Aucune Française n'est tête de série, ce qui constitue un écueil difficilement franchissable, d'autant que le tirage au sort a été salé.
Après sa demi-finale l'année dernière, Loïs Boisson a changé de dimension mais elle a aussi connu les blessures, les changements infructueux d'entraîneurs et une seule victoire en tournoi depuis septembre 2025, contre Wang Xinyu à Strasbourg. Malgré son classement protégé, elle n'est pas tête de série et aura déjà fort à faire contre la Russe Anna Kalinskaya (tête de série nº22).
Dans le haut de tableau, Elsa Jacquemot a un potentiel deuxième tour contre Aryna Sabalenka, Alice Tubello débutera contre la vice-championne olympique à Paris Donna Vekic avant de potentiellement tomber sur Naomi Osaka, Clara Burel pourrait affronter Marta Kostyuk (tête de série nº15), lauréate du WTA 1000 de Madrid, Fiona Ferro débutera contre Maria Andreeva (tête de série nº8), la très prometteuse Ksenia Efremova sera opposée d'entrée à Sorana Cirstea (tête de série nº18) et Leolia Jeanjean serait opposée au deuxième tour à Elina Svitolina (tête de série nº7) qui a triomphé à Rome.
La meilleure chance d'atteindre la deuxième semaine concerne Diane Parry, dans la partie d'Amanda Anisimova (tête de série nº6), finaliste à Wimbledon et à l'US Open en 2025 et 1/4 finaliste en Australie en janvier, qui commencera son tournoi contre Tiantsoa Rakotomanga Rajaonah. Elle devra d'abord sortir l'Ukrainienne Anhelina Kalinina, finaliste du tournoi de Rabat samedi puis soit l'Américaine Ann Li (tête de série nº30) soit Shuai Zhang qui l'a battue au 2e tour à Strasbourg en début de semaine.
