Temple du sport gaélique, Croke Park a accueilli Katie Taylor, légende irlandaise, avec les égards dus à la "Bray Bomber". Du vert, du blanc, de l'orange partout, 82000 personnes enjouées pour le plus grand événement de sport féminin de l'Histoire.
Bono, Ed Sheeran, Niall Horan et Rory McIlroy ont chacun laissé un message en vidéo pour remercier la champion olympique 2012 et reine des légères puis des super-légères pour ses accomplissements et son héritage. Son compatriote Shane Lowry, triple vainqueur de la Ryder Cup, a fait le déplacement et enfilé sa plus belle chemise Dior certie de trèfles. Côté boxe, le natif de Belfast Carl Frampton, ancien champion du monde en super-coq et en plume natif de Belfast, était consultant pour DAZN Andy Lee, ancien champion du monde des moyens et coach de Paddy Donovan, vainqueur par KO d'Aaron McKenna en sous-carte, n'en pouvait plus d'attendre le ring walk, tandis que le groupe Westlife était chargé d'assurer l'ambiance pendant que l'échauffement dans les vestiaires s'achevaient.
Seule Flora Pili pouvait gâcher la fête. Invaincue (12-0-0), détentrice de la ceinture IBO World des super-légères, la Française avait tout à prendre de ce combat unique. Elle a été la première à entrer dans l'arène pour goûter à cette pression qui faisait passer la Guinness pour de l'eau du robinet.
Et puis la reine est arrivée. Icônique.
Plus grande, plus jeune de 11 ans que Taylor, Pili devait avant tout faire abstraction de cette ambiance phénoménale, ce qui était déjà un match dans le match. "KT" a voulu casser la distance d'emblée et a touché la Française, qui parvenait à atteindre sa cible trois fois avec son bras avant. Dès le début de la deuxième reprise, Taylor a placé une combinaison, pour marquer les esprits plus que son adversaire.
Dans le coin, son père Pietro calmait les ardeurs de sa fille qui voulait déjà aller au corps à corps. Pour l'heure, elle avait limité le débit de Taylor qui craignait un contre. Avec son jab, Pili réussissait à repousser sa rivale qui s'impatientait un peu. La tension était palpable. L'Irlandaise craignait ce bras avant qui l'a touché en début de quatrième reprise.
La mi-combat approchait et les premiers échanges appuyés sont arrivés dans le cinquième round, en faveur de Taylor. Dans le sixième, Pili a vacillé sur un enchaînement. Mais elle a répliqué dans la septième, avec une combinaison et un magnifique uppercut du droit. La Française avançait désormais sur Taylor et réalisait trente très bonnes premières secondes dans le huitième. La "Bray Bomber" s'accrochait plusieurs fois.
Le jubilé n'était pas une sinécure pour Taylor qui conservait néanmoins son avance à l'annonce de la dixième et dernière reprise de son immense carrière. Et après un ultime échange à très haute intensité, la légende a levé les bras, assurée de sa victoire.
Sans surprise, les cartes des juges ont été largement en faveur de "KT", assurément trop pour les deux premières (100-90, 100-90, 98-91).
La Fierté de l'Irlande raccroche les gants mais pour Flora Pili, ce n'est que le commencement car elle a démontré qu'elle était au niveau des meilleures mondiales et qu'elle n'avait pas galvaudé cette incroyable opportunité de briller même contre tout un peuple uni derrière sa plus grande championne.
