La douzième tentative aurait été la bonne : cinq fois vice-champion du monde, Evans, 37 ans, a fini par s'offrir le titre qui prenait un malin plaisir à lui échapper, comme l'an dernier lorsqu'il avait abdiqué pour quatre points face au Français Sébastien Ogier.
Cinquième du rallye de Sardaigne, Evans a cette fois devancé de cinq petits points son dauphin, Solberg, qui avait débuté cette dernière manche de la saison avec un retard conséquent de 21 points.
Le Gallois n'a jamais été dans le coup pour viser la victoire sur les routes sardes, très piégeuses, mais à vouloir contrôler la situation et ne pas prendre trop de risques, il a failli perdre gros. Son avance au classement mondial a réduit, spéciale après spéciale, comme peau de chagrin : après une crevaison dans l'avant-dernier tronçon, elle n'était plus que d'un point dimanche au départ de la 17ᵉ et dernière spéciale, la power stage qui offre un bonus aux cinq meilleurs chronos, dont cinq points à son vainqueur.
L'équation au départ de cette ES17, longue de 7,1 km et dégringolant sur une alternance de cailloux et sables vers la Méditerranée, était simple: le plus rapide entre Evans et Solberg, sera champion du monde.
Parti en dernière position, Solberg améliorait chacun des chronos intermédiaires de son rival et se dirigeait vers le titre quand, dans l'avant-dernière courbe, il a commis une erreur de pilotage et a quitté la piste, offrant ainsi à Evans la couronne mondiale.
"Je n'arrive pas à réaliser. Je croyais bien que c'était perdu même si j'avais tout donné, je compatis avec Oliver", a déclaré Evans.
Pour son 214ᵉ départ en WRC, un record, Sébastien Ogier, nonuple champion du monde, a terminé à la 2ᵉ place du rallye de Sardaigne qu'il avait remporté l'an dernier et s'est offert son 121ᵉ podium dans la catégorie reine, là aussi un record. Son compatriote Adrien Fourmaux (Hyundai), un temps 2ᵉ mais freiné par deux crevaisons, s'est classé 4ᵉ.
Avec ce rallye de Sardaigne, s'est aussi tournée la page de la catégorie rally1, introduite en 2022. En 2027, une nouvelle réglementation, simplifiée, va entrer en vigueur dans l'espoir d'attirer davantage de constructeurs avec des voitures beaucoup moins chères.
