Paul Seixas toujours plus fort : au point de battre Tadej Pogačar sur Liège-Bastogne-Liège ?

Paul Seixas pour briller sur La Doyenne ?
Paul Seixas pour briller sur La Doyenne ?Photo par JOHN THYS / AFP

Après sa démonstration sur La Flèche Wallonne mercredi, Paul Seixas bouclera son printemps ce dimanche sur Liège-Bastogne-Liège. Avec en point d'orgue une confrontation attendue avec Tadej Pogačar : décidera-t-elle de la suite de la saison du phénomène français ?

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Absent de l'Amstel Gold Race dimanche dernier, Paul Seixas a découvert les classiques ardennaises mercredi sur La Flèche Wallonne. Les questionnements étaient nombreux : peut-il assumer le statut de favori ? La montée du Mur de Huy, tellement caractéristique, allait-elle convenir à ses qualités ? 

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La réponse a été éclatante. Une maestria incroyable et une gestion parfaite quand la pente s'élevait à plus de 20%. Le phénomène français a accéléré à sa main, et écœuré tous les spécialistes de l'effort punchy. Une démonstration de force histoire de prouver, s'il en était encore besoin, que le Tricolore fait déjà partie du gratin. 

Une Doyenne si dure

C'est déjà la septième victoire du phénomène français. Et au niveau World Tour, il laisse d'ores et déjà une trace, pour avoir remporté une des classiques les plus prestigieuses hors Monuments, quelques jours après avoir triomphé sur une course par étapes à ce niveau, trois étapes en prime dans la musette. 

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Se pose donc la question des limites du Français. Certes, les plus fervents néo-admirateurs penseront qu'il n'en a pas, mais avant de parler de la suite lointaine, on va avoir une dernière occasion d'admirer Paul Seixas sur les classiques de printemps. Et on ne parle pas de n'importe quelle occasion, mais de La Doyenne : Liège-Bastogne-Liège.

Une course si longue, si exigeante qu'elle a fait échouer plus d'un cador. L'exemple le plus récent étant un certain Julian Alaphilippe, voué à remporter La Doyenne plus d'une fois mais qui ne l'aura jamais accroché à son palmarès. Et remporter les deux d'affilée n'est pas si fréquent : feu Davide Rebellin (2004), Alejandro Valverde (2006 et 2015), Philippe Gilbert (2011), et le dernier en date, un certain Tadej Pogačar, pas plus tard que l'an dernier. 

Le Slovène, qui a économisé ses coups de pédale au printemps (seulement quatre jours de course), arrive en grand favori pour remporter La Doyenne pour la quatrième fois, mais surtout pour réaliser un triplé accompli seulement trois fois dans l'histoire, la dernière fois en 1987 par Moreno Argentin. Autant dire qu'il est inenvisageable de voir le champion du monde perdre ce dimanche. 

Au niveau de Pogačar ?

Mais au moment de citer les principaux rivaux du Slovène, il n'y aura que deux noms qui sortiront du chapeau. Forcément, le prétendant n°1 se nomme Remco Evenepoel, vainqueur à Liège en 2022 et 2023, dont le style est parfaitement adapté à ce genre de parcours, et qui est clairement en forme, comme le prouve son succès sur l'Amstel Gold Race dimanche. 

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Mais la saison de Paul Seixas, et en particulier ce triomphe mercredi, fait de lui le prétendant n°1. Pour preuve, les sites de pari, dans leur majorité, le placent en deuxième favori de la course derrière le Slovène, et devant le Belge. Le tout alors qu'il n'a jamais couru La Doyenne !

Passé ces considérations, il est tout de même difficile d'imaginer le Français gagner à Liège dimanche. L'échantillon est mince, mais il a déjà affronté Pogačar une fois cette saison. C'était lors des Strade Bianche, pas le même style de course certes, et oui, il a été le dernier à tenir la roue du champion du monde, mais le fait est qu'il ne l'a pas tenue. 

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Sur cette course, Paul Seixas était indiscutablement le "meilleur des autres". Depuis, il a progressé dans la gestion de son tempo, de ces longues courses, et l'on sait qu'il brille clairement sur tous les terrains. Mais espérer concurrencer le meilleur coureur des six dernières années sur ces seuls arguments ? Il faut savoir rester réaliste, et même si l'envie de le voir brûler les étapes est vivace, un podium serait déjà un superbe accomplissement. 

Sans doute pas pour les suiveurs cependant. Un tel profil, un tel talent, on voudrait qu'il gagne toutes les courses. C'est écrit, Paul Seixas va un jour gagner le Tour de France, mais avant d'en arriver là, il faut passer par des étapes, dont certaines ne peuvent être brûlées. Se mesurer au n°1 mondial sur l'une des courses les plus exigeantes de la saison en fait partie. 

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Reste à savoir si sa performance peut conditionner la suite de sa saison. Son programme doit être annoncé à l'issue de La Doyenne, et l'on se demande bien évidemment s'il sera dans l'Hexagone en juillet. Affaire à suivre donc, mais d'ores et déjà, Paul Seixas apporte du suspense au milieu des cadors, et Liège-Bastogne-Liège est sans doute une des rares courses restantes où il pourra courir sans la pression d'être le favori n°1. À lui d'en faire quelque chose.