"Je ne me dis pas qu'il faut absolument gagner", dit Seixas

Paul Seixas, il y a une dizaine de jours.
Paul Seixas, il y a une dizaine de jours.ANDER GILLENEA / AFP

Impatient de se "tester" dans le redoutable Mur de Huy, Paul Seixas a souligné ce mardi qu'il allait aborder la Flèche Wallonne avec appétit mais sans se dire qu'il lui fallait absolument la gagner.

"Ça va être une bonne découverte", a déclaré le Français de 19 ans lors d'une conférence de presse à son hôtel à Verviers à la veille de la course, en se projetant déjà sur Liège-Bastogne-Liège dimanche où il ne baissera "pas les yeux" face à Tadej Pogacar.

En l'absence de Tadej Pogacar et Remco Evenepoel, êtes-vous le grand favori ?

"Je ne me situe pas en me disant que j'arrive en grand favori. Mon point de vue, c'est plus de me tester sur cet effort court (dans le Mur de Huy). Je n'ai aucune certitude puisque je ne me suis encore jamais mesuré face à d'autres très bons puncheurs. Je sais que je peux être pas mal. Mais je ne me suis pas fixé l'ambition obligatoire de gagner."

Vous avez découvert le Mur de Huy lors la reconnaissance. Surpris ?

"La seule chose qui m'a surpris c'est l'état de la route un peu plus mauvais que ce que je pensais. Pour le reste, je m'attendais à ce que ce soit vraiment raide. Et c'est vraiment raide. Je l'ai quand même vu pas mal de fois à la télé. Le fait de ne l'avoir pas encore fait en course peut jouer un peu, c'est vrai. C'est pour ça que je ne me dis pas qu'il faut absolument que je gagne cette course. Ça va être une bonne découverte."

L'année dernière, Pogacar avait attaqué tôt dans le Mur, ça vous donne des idées ?

"C'est sûr que c'est plus intéressant pour moi quand ça se lance de loin. Mais l'année dernière Pogacar était vraiment très dominant, au-dessus de tout le monde. Avec le froid et la pluie, les conditions étaient très particulières aussi. On verra comment ça se passe pour moi."

Entre la Flèche et Liège-Bastogne-Liège, quelle course est la plus importante pour vous cette semaine ?

"Je dirais que c'est Liège. C'est quand même un Monument. Mais la Flèche est importante aussi pour moi. C'est une course mythique. Pas un Monument mais presque, un très beau spectacle à voir à la télé. Forcément j'avais envie de la faire un jour."

Battre Pogacar dimanche à Liège, c'est possible ?

"Je ne peux pas me permettre de baisser les yeux au départ. Ce n'est pas possible. Je ne pars jamais dans une idée défaitiste de me dire que je vais jouer la deuxième place. Après c'est la réalité du terrain qui le dira. Mais je vais me battre, même s'il est très fort, peut-être le meilleur coureur de tous les temps. J'ai hâte, c'est toujours une belle expérience de courir contre lui. C'est un honneur et ça permet aussi de se tirer vers le haut et de voir ce qu'il manque."

Sur vos dernières courses, on vous a vu très offensif.

"J'ai un peu plus confiance en mon niveau et j'ai aussi progressé donc je peux me permettre de plus prendre les choses en main. L'année dernière était ma première année pro. J'avais beaucoup à apprendre et pas le même niveau qu'aujourd'hui. C'est sûr que c'est plus agréable pour moi, ça me donne plus d'opportunités."

Vous pensez que vous commencez à faire peur aux meilleurs ?

"Alors, je ne sais pas si on peut parler de peur. Mais je fais partie de ceux qui peuvent lutter avec eux. On verra dimanche, j'imagine."

Comment gérez-vous les attentes autour de vous ?

"Je n'y fais pas particulièrement attention, je reste concentré sur mes objectifs. Je suis content de pouvoir jouer devant sur des très belles courses. Mais il y a encore beaucoup de choses à améliorer."

Est-ce que la décision est prise concernant votre participation au Tour de France ?

"On a dit qu'on en parlerait après Liège. Tout est maintenu pour l'instant, rien n'a bougé."