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Interview Flashscore - Matteo Trentin : "Le projet de la Tudor Pro Cycling Team est parfait pour moi"

Toujours pas de retraite pour Matteo Trentin.
Toujours pas de retraite pour Matteo Trentin.Photo par GONGORA / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Avant de défendre son titre sur Paris-Tours, Matteo Trentin revient en interview sur ses dernières performances, son avenir et la progression de la Tudor Pro Cycling Team. Sans oublier un retour humble sur les Mondiaux 2019...

Vous étiez à la Coppa Bernocchi (lundi, NDLR), mais vous n'avez pas réussi à vous mêler à la lutte pour la victoire.

La course était difficile, j'ai fait beaucoup d'efforts, notamment dans le final. On pensait que les échappés allaient se faire reprendre plus tôt, mais ce n'est arrivé que dans le final. On a dû beaucoup travailler ; j'ai tenté de lancer le sprint, mais j'avais trop donné au préalable. 

Vous serez sur Paris-Tours ce dimanche. C'est une épreuve que vous avez remporté trois fois. Comment expliquez-vous performer autant sur cette épreuve ?

C'est une classique qui correspond parfaitement à mon gabarit. Les conditions venteuses, je suis souvent à l'aise avec. Mais j'avais gagné deux fois sur l'ancien parcours (le tracé a été modifié en 2018, NDLR). J'ai eu de la réussite, mais globalement, c'est une épreuve que j'aime beaucoup pour finir la saison. 

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Vous pensez avoir une chance de gagner encore cette année ?

Avec mon équipe, on est motivés pour refaire une bonne performance. Mais je ne serai pas le seul de mon équipe à pouvoir gagner. C'est la fin de saison, tout le monde veut bien finir. Ce sera une belle course.

Vous étiez sur la course en ligne des Mondiaux. Ils ont été quelques peu décevants pour vous et pour l'Italie (Matteo Trentin n'a pas fini la course, NDLR)...

Décevants ? Non. Personnellement, j'étais venu pour travailler pour Giulio Ciccone, je ne m'attendais pas à finir la course. J'ai fait mon travail comme c'était prévu pour la Squadra. L'équipe a plutôt bien géré sa journée, et a même répondu quand la France a commencé à hausser le rythme de manière significative. Mais je pense qu'on peut être contents de notre performance. La seule déception, elle est sur le résultat (Ciccone a terminé 9e, NDLR). Giulio n'a pas trouvé l'ouverture dans le final.

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D'autant que Ciccone avait les jambes, comme on l'a vu aux Championnats d'Europe (battu à la photo finish par Remco Evenepoel, NDLR).

Je ne l'ai pas eu au téléphone depuis, mais j'imagine qu'il doit être incroyablement déçu. L'équipe a fait une super course, tout a été très bien fait, parfaitement exécuté. Malgré ça, il s'est incliné d'un souffle. Mais Remco était clairement le plus fort sur cette course.

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Pourquoi ne pas avoir participé aux Championnats d'Europe ?

C'était trop dur pour moi. J'ai vu le parcours en août lors du critérium organisé par Tadej Pogačar, et j'ai vite compris que je ne pourrai pas être d'une grande utilité avec une telle montée. 

Vous êtes sous contrat jusqu'en 2028 avec la Tudor Pro Cycling Team : c'est quoi la suite ?

Je ne fais pas de plans sur la comète. J'ai signé jusqu'en 2028 parce que je pense qu'à ce moment-là, je serai encore au niveau espéré. La suite après 2028, c'est vraiment très loin. Je ne suis pas du genre à me projeter aussi loin. Pour l'instant, je pense que j'ai au moins deux saisons dans les jambes. 

Vous étiez le coéquipier de Julian Alaphilippe (retraité depuis août, NDLR). Quand il a annoncé sa retraite, cela vous a fait réfléchir sur le sujet ?

Oui, bien sûr. Voir un aussi grand champion partir aussi subitement, cela fait se demander si la retraite est une option. Mais vous savez, ce n'est pas la première fois. Plus j'avance dans le peloton, plus les coureurs qui couraient à mes côtés prennent leur retraite. Et nombre d'entre eux sont désormais dans les voitures comme directeurs sportifs (rires).

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C'est comme ça, et le pire, ce sont les jeunes coureurs qui arrivent dans le peloton professionnel. Quand ils m'expliquent que j'ai couru avec leur père, ça me met un coup (rires).

Le projet de la Tudor Pro Cycling Team continue de s'étoffer avec les arrivées de Kaden Groves ou d'Arnaud De Lie. Ce genre de signatures, ça donne envie de continuer dans ce projet ?

Ce projet m'intéressait énormément au moment où j'ai signé. Je vois l'équipe prendre de l'ampleur au fur et à mesure. On a gagné deux étapes sur la Vuelta, le Tour de Pologne, plus ça va, plus les résultats suivent. Le projet de la Tudor Pro Cycling Team est parfait pour moi.

Primoz Roglic a notamment été lié à la Tudor Pro Cycling Team pour un transfert. Faire un transfert comme celui-là, ce serait essentiel pour grandir ?

Il faudrait sans doute en passer par là. Primoz est toujours un coureur extraordinaire, comme on l'a vu sur la Vuelta. Quand il est en pleine possession de ses moyens, c'est toujours un des meilleurs du monde.

Vous aimeriez travailler pour lui, sur des Grands Tours par exemple ?

Totalement oui. 

Mais vous espérez quand même continuer à jouer votre carte. Vous avez par exemple fait une belle campagne de classiques. Vous espérez encore gagner quelques courses ? Vous n'avez plus gagné depuis le dernier Paris-Tours…

Je peux travailler pour les autres, mais pas que. La campagne de classiques a été de qualité, et je pense que la prochaine le sera aussi avec les nouvelles recrues. Mais à titre personnel, je pense que j'en ai encore dans les jambes. J'espère toujours lever les bras !

Vous avez été vice-champion du monde derrière Mads Pedersen en 2019. Avec le recul, la déception s'est-elle estompée ? C'était une chance unique...

La déception, elle n'existe pas vraiment. Sur la fin, on était trois, chacun assuré d'une médaille. Mais quand on analyse la course, je n'ai pas perdu parce que j'ai fait une erreur. J'ai perdu contre le plus fort.

Mads Pedersen était le plus fort ce jour-là. Et si personne ne pensait qu'il serait un grand champion, il a prouvé par la suite que c'était le cas. Il a eu une carrière incroyable, mais à l'époque, il n'était pas connu, et ça a joué dans le jugement de la course. 

Mais je sais que je n'ai fait aucune erreur ce jour-là. J'ai fait la course qu'il fallait. Je suis juste tombé sur plus fort. 

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