"Viva San Fermin" : deux toreros basques font rêver l’Espagne

Merino a inscrit le but décisif pour l’Espagne face au Portugal
Merino a inscrit le but décisif pour l’Espagne face au PortugalREUTERS/Kai Pfaffenbach

Mikel Merino portait un foulard rouge, à l’image des toreros de Pampelune, lorsqu’il a raconté son but en or après la qualification pour les quarts de finale de la Coupe du monde. "C’est l’un des plus grands moments de ma carrière", a déclaré le héros espagnol, ancien bourreau de l’Allemagne, en adressant un salut à sa ville natale basque. C’est justement là-bas que vient de débuter la semaine de fête de Sanfermines, célèbre dans le monde entier pour la course de taureaux "Encierro".

"Viva San Fermin" a lancé Merino dès le coup de sifflet final du match contre Portugal (1-0), qu’il a fait basculer grâce à un but inscrit dans le temps additionnel (90e+1).

Jubilé signature et papa fier

Il a ensuite dansé autour du corner, comme après son but décisif en quart de finale de l’Euro 2024 face à l’Allemagne, et comme l’avait fait son père Ángel Merino en 1991 après une victoire avec le CA Osasuna, déjà à Stuttgart.

Ángel était alors assis dans les tribunes à Dallas, évidemment avec un "panuelo" rouge autour du cou – et des chaussettes vertes "Stuttgart" aux pieds. Dessus, on pouvait voir son fils Mikel lors de sa tête à la 119e minute contre la sélection allemande. C’était le 5 juillet, soit la veille du début des festivités à Pampelune. "San Fermín me tend visiblement la main à chaque fois", a confié Mikel Merino.

Un sujet sensible au Pays basque

Pas de doute : l’ancien joueur de Dortmund est fier de ses racines basques – tout comme l’autre héros du match, Unai Simón. Le gardien n’a toujours pas encaissé le moindre but lors de ses cinq apparitions à la Coupe du monde 2026. En comptant les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2022 contre le Maroc (0-3 t.a.b.), Simón en est même à six matchs et 609 minutes de Coupe du monde sans encaisser – un record.

Unai signifie "gardien des bovins" en basque, mais aux États-Unis, le portier de l’Athletic Clubd s’est encore illustré comme un excellent gardien de but. Au Pays basque, où le mouvement indépendantiste est fort, ces succès sont parfois perçus de façon ambivalente. Après le triomphe à l’Euro 2024, Merino et Mikel Oyarzabal ont même été qualifiés de "traîtres" par certains, et une banderole affichait "Non à l’acceptation de la sélection espagnole".

Unis pour le titre ?

Le groupe actuel pour la Coupe du monde compte tout de même huit Basques, mais ce n’est pas un sujet dans l’équipe. Simón en est d’ailleurs le parfait exemple : son père avait été muté au Pays basque comme membre des forces de sécurité de l’État, où il a rencontré une employée de la police basque Ertzaintza – et en est tombé amoureux.

Vers le Match-Center : Espagne vs. Belgique

Le fils, aujourd’hui âgé de 29 ans, garde désormais les cages de l’Espagne, et sera bien sûr présent vendredi (21h00) en quart de finale face à la Belgique. Mais l’aventure ne doit pas s’arrêter là. "Cette équipe a le droit de rêver", écrivait mardi le journal Mundo Deportivo : "Désormais, tout est possible."

La Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Le tournoi réunira 48 sélections et se jouera dans 16 stades modernes.

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