Lois Boisson, un an après : les augures sont sombres pour la révélation de 2025

Lois Boisson peut-elle refaire le coup ?
Lois Boisson peut-elle refaire le coup ?Credit: Oscar J Barroso / Spain DPPI / DPPI via AFP / Profimedia

Elle était le conte de fées de Roland-Garros. Un an plus tard, Lois Boisson est de retour sur la terre (battue) de ses exploits. Mais les espoirs se sont tus, et les attentes ont été revues à la baisse : ce parcours restera-t-il un "one shot" ?

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A-t-on vraiment besoin de revenir sur un parcours aussi inoubliable ? Lors de l'édition 2025 de Roland-Garros, Lois Boisson a été une véritable révélation. Mieux, une tornade. Un parcours totalement inattendu vers les demi-finales en écartant deux des meilleures joueuses du monde, alors qu'elle avait dû attendre une wildcard pour intégrer le grand tableau. 

Deux semaines avant le début du tournoi, elle remportait un W75 sur le circuit ITF. Puis l'embrasement. Elise Mertens, Anhelina Kalinina, Elsa Jacquemot, Jessica Pegula, Mirra Andreeva, tout le monde est passé à la moulinette, jusqu'à ce qu'elle soit rattrapée par son parcours miracle et logiquement terrassée par Coco Gauff. 12 mois après, les souvenirs sont toujours aussi vivaces.

Un an après, le retour en arrière fait mal. Lois Boisson a joué 20 matchs depuis qu'elle a foulé pour la dernière fois le court Philippe-Chatrier. Pour un bilan de 10 victoires et 10 défaites, avec en prime une blessure qui a retardé son début de saison. Et les derniers résultats sont tout sauf encourageants. 

Préparation inquiétante

Un point chiffres qui donne le vertige pour commencer. Lois Boisson a manqué son objectif d'aborder Roland-Garros en tant que tête de série. Elle sera 43ᵉ mondiale au début du tournoi, avec 1264 points au compteur. Cette demi-finale parisienne lui a rapporté 800 points. Ce qui veut tout simplement dire que si elle s'incline au premier tour cette année, elle quittera le top 150.

Ce qui signifie retour sur le circuit WTA 125 au mieux, sur le circuit ITF au pire. Malheureusement, c'est le scénario le plus probable. Sa saison a commencé en avril, et elle n'a gagné qu'un seul de ses 5 matchs au programme : au premier tour à Strasbourg contre Wang Xinyu, 32ᵉ mondiale certes, mais tout sauf spécialiste de la terre battue, et face à qui elle menait d'un set et un break avant de totalement perdre le fil, et rétablir la situation in extremis pour éviter un troisième set. 

Quatre défaites donc, certaines logiques comme celle contre Victoria Mboko en Alsace, certaines franchement incompréhensibles comme celle face à Dominika Šalková, hors du top 100, contre qui elle avait serré le jeu pour arracher le premier set avant de totalement craquer et de ne marquer que trois jeux jusqu'à la fin du match. 

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Difficile, avec un échantillon aussi faible, de se rendre compte de son niveau réel. On a vu quelques flashs, notamment sur certains coups droits bombés toujours efficaces, mais c'est le manque de constance qui est le plus dérangeant. La Française n'a que rarement réellement été "à la bagarre", concédant des défaites nettes. Un point qu'il va falloir corriger.

Mais ce sont bien évidemment les conséquences d'un début de saison "pourri" par une blessure à l'avant-bras, compliquée par une erreur de diagnostic. Du temps perdu qu'elle ne pourra pas rattraper. Et alors que se profile son premier tour, l'heure est à la crispation.

Un premier tour pas impossible

Si elle n'a pas hérité d'un poids lourd du tableau pour son entrée en piste, elle aura quand même fort à faire. Anna Kalinskaya, tête de série n° 22, dont les principaux faits d'armes remontent à 2024, quand elle avait atteint les quarts de finale de l'Open d'Australie et la finale du WTA 1000 de Dubaï. 

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Dans l'absolu, la Russe n'est pas dans une forme resplendissante. Mais cela reste une joueuse installée depuis longtemps dans le top 30, qui a été 11ᵉ mondiale au mieux, et qui a notamment battu rien qu'en 2026 Elina Svitolina, Jeļena Ostapenko, Paula Badosa ou Belinda Bencic. Un tableau de chasse que la Française rêverait d'avoir. 

Mais là où est la chance de Lois Boisson, c'est que cette adversaire n'est clairement pas une spécialiste de la terre battue. En 8 apparitions à Roland-Garros, elle n'a gagné qu'un match dans le tableau principal (en 2024, contre une autre Française, Clara Burel). Sur cette surface, jamais une finale WTA, jamais même un quart de finale en WTA 1000.

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Un premier tour pas totalement insurmontable donc, avant de possiblement affronter Elisabetta Cocciaretto puis Ekaterina Alexandrova au troisième. Si elle venait à gagner ces trois matchs, son tournoi serait une réussite au vu de la baisse des attentes autour d'elle. Et elle pourrait alors probablement retrouver Coco Gauff en 8ᵉ de finale l'esprit léger. Mais nous n'en sommes clairement pas là, et la défaite au premier tour reste le scénario le plus probable. 

Et après ?

Un nouveau parcours miracle nécessiterait qu'elle retrouve cette capacité à se sublimer qui a été incroyable en 2025. Et c'est d'ailleurs sans doute sa meilleure arme possible. Elle n'est pas devenue une mauvaise joueuse de tennis en un an, mais le talent ne fait pas tout. La confiance, la constance, la résilience, cela ne s'achète pas, et Lois Boisson ne semble plus en avoir en stock. 

Mission impossible pour Lois Boisson ?
Mission impossible pour Lois Boisson ?Profimedia / EnetPulse

Mais c'est sur la suite qu'il faut se projeter. Un parcours comme le sien fait immédiatement penser au "one shot" ultime : celui d'Emma Raducanu à l'US Open 2021. Victoire finale en sortant des qualifications, et sans perdre un set. On ne fera jamais mieux. Mais cela va faire cinq ans que cela est arrivé, et jamais elle n'a confirmé réellement le talent entrevu à New York. Bien sûr, elle est toujours là, glane quelques victoires ça et là, mais on le sent, on le sait, ce ne sera jamais plus pareil. 

Si elle venait à quitter le tournoi dès le premier tour, Lois Boisson devrait donc retourner cravacher sur les circuits inférieurs. Puis espérer retrouver le top 100 et rentrer de nouveau dans des tableaux principaux WTA. Rien de réjouissant donc, mais le scénario le plus plausible : les attentes sont quasiment nulles, comme elles l'étaient l'an dernier. 

Peut-elle, une nouvelle fois, tutoyer les étoiles alors qu'elle n'est pas attendue ?

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