Qui a signé la lettre ?
D'après L'Equipe, la missive a été signée par "les pensionnaires des top 20 masculins et féminins".
"Au sein de l'ATP, les joueurs du top 20 ont été appelés ou contactés pour voir si on pouvait signer une lettre toute simple", a expliqué samedi à l'AFP le Canadien Felix Auger-Aliassime (19e) en amont du Masters 1000 de Monte-Carlo (6-13 avril), sans préciser l'identité des interlocuteurs des joueurs.
"C'est juste une lettre aux Grands Chelems pour voir si les joueurs peuvent s'asseoir pour renégocier les parts des revenus qui sont redistribués aux joueurs", a-t-il poursuivi.
Tous les membres du top 20 masculin ne semblent cependant pas avoir été associés à l'initiative : Ugo Humbert (20e) a ainsi assuré dimanche ne pas avoir été "sollicité" pour signer le courrier adressé aux organisateurs de l'Open d'Australie, de Roland-Garros, de Wimbledon et de l'US Open.
Que réclament les joueurs ?
Selon les joueurs interrogés à Monte-Carlo, la part des revenus perçue par les joueurs lors des tournois du Grand Chelem tourne autour de 15%, un pourcentage qu'ils jugent insuffisant en le comparant à celui touché par les champions des ligues sportives américaines comme la MLB (baseball) ou la NBA (basket).
"On ne réclame pas 50% des revenus comme en NBA, mais une part plus équitable", a expliqué Alexander Zverev, membre du Conseil des joueurs de l'ATP.
Pour l'influent Novak Djokovic, "il n'y a pas que" des revendications financières derrière la lettre des joueurs.
Ces derniers réclament aussi d'être davantage "consultés" par les organisateurs des Majeurs "quand elles procèdent à de grands changements ou prennent des décisions importantes".
Ces changements "nous concernent" directement, "nous devons participer à la conversation", a plaidé le Serbe, cofondateur du syndicat de joueurs PTPA, qui a lancé mi-mars une offensive judiciaire distincte contre quatre instances du tennis mondial (ATP, WTA, ITF, Itia), les accusant notamment d'"exploiter financièrement" les joueurs.
Quels sont les montants en jeu ?
En 2025, l'Open d'Australie a versé au total 52,6 millions d'euros aux joueurs, répartis entre plusieurs centaines de participants.
L'US Open avait prévu environ 68 millions d'euros de gains pour les joueurs en 2024, Wimbledon autour de 58,5 millions et Roland-Garros près de 53,5 millions.
Les dotations ont augmenté régulièrement ces dernières années. Les épreuves du Grand Chelem communiquent moins sur leurs recettes, mais Forbes estimait par exemple en août que l'US Open avait généré 514 millions de dollars (plus de 467 millions d'euros) de revenus d'exploitation en 2023, un chiffre basé sur un document financier des organisateurs.
Quelle réponse des Grands Chelems ?
Les quatre principaux tournois du tennis mondial n'ont pas réagi publiquement depuis la révélation de la lettre des joueurs.
Une source au sein de la Fédération française de tennis (FFT) a cependant confirmé à l'AFP que Roland-Garros avait bien reçu le courrier signé par un groupe de joueuses et de joueurs. "Nous avons répondu en proposant une rencontre directe, ouverte et constructive dès le Madrid Open (22 avril-4 mai), à Roland-Garros ou à tout autre moment qui pourrait convenir".
Un joueur présent à Monte-Carlo a indiqué à l'AFP qu'une réunion entre les joueurs et les représentants des tournois (Majeurs) pourrait "potentiellement" se tenir à Madrid.
Quel lien avec les actions en justice de la PTPA ?
Les revendications des joueurs du top 20 ont suivi de deux semaines l'offensive judiciaire de la PTPA, dont certaines revendications sont proches.
Aucun lien formel n'a pour autant été établi entre les deux initiatives, nombre de joueurs impliqués à titre individuel dans les actions en justice de la PTPA étant classés hors du top 20.
Le Grec Stefanos Tsitsipas a appelé samedi les joueurs professionnels à "s'unir" pour "parler d'une même voix" et "obtenir ce qui est juste pour nous".
