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Les avocats du "hacker" Rui Pinto dénoncent la fin de son programme de protection

Rui Pinto à Paris en février 2024.
Rui Pinto à Paris en février 2024.THOMAS SAMSON/AFP

Les avocats du pirate informatique Rui Pinto, à l'origine des révélations des "Football Leaks" sur le foot-business qui ont notamment permis de mettre au jour les infractions financières imputées à Manchester City, ont dénoncé ce vendredi la fin du programme de protection spécial dont il bénéficiait.

Rui Pinto "a été informé mercredi que le programme de sécurité spéciale dont il bénéficie depuis août 2020 prendrait fin le 10 octobre", expliquent ses représentants portugais Francisco Teixeira da Mota et Luisa Teixeira da Mota, et français, William Bourdon et Vincent Brengarth, dans un communiqué commun.

"Dans quelques jours, sans avoir été entendu au préalable comme l'exige la loi, il perdrait le logement protégé et confidentiel qui lui a été attribué et serait contraint de trouver un nouveau domicile en urgence, sans garantie de maintien de la protection policière", poursuivent-ils, évoquant une "décision aux conséquences dramatiques".

"Les menaces pesant sur lui ne sont pas purement théoriques ; il a été agressé à Lisbonne en avril dernier. Ses révélations ont mis en cause des personnalités puissantes disposant de vastes ressources, et de nombreuses procédures judiciaires en découlant sont toujours en cours", rappellent-ils.

"Brutalement privé de son logement protégé et plongé dans une précarité extrême, Rui Pinto serait plus vulnérable qu'à tout autre moment depuis 2020", ajoutent ses avocats.

En avril, le Portugais de 37 ans avait été acquitté de tous les chefs d'accusation pour lesquels il répondait dans un deuxième procès devant la justice portugaise, qui l'avait déjà condamné pour des faits similaires en septembre 2023.

Il avait alors écopé d'une peine de quatre ans de prison avec sursis pour une série de crimes informatiques, ainsi que pour tentative d'extorsion contre un fonds d'investissement sportif.

Rui Pinto était à la fois prévenu et témoin protégé de la justice portugaise. Il coopère également avec les enquêteurs d'autres pays européens, dont la France.

Lors de son premier procès, il avait reconnu avoir commis des intrusions informatiques illégales pour obtenir des millions de documents qu'il a commencé à publier directement sur internet fin 2015.

Transmise à un consortium de médias d'investigation européens, cette manne d'informations a mis en lumière des pratiques douteuses impliquant joueurs vedettes, clubs et agents, qui ont ensuite fait l'objet de redressements fiscaux et d'enquêtes judiciaires dans plusieurs pays.

Arrêté en janvier 2019 en Hongrie où il vivait, puis extradé dans son pays, Rui Pinto a passé plus d'un an en détention provisoire avant d'accepter de coopérer avec les autorités dans d'autres affaires, en leur permettant d'accéder aux données cryptées qu'il avait en sa possession.

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