Le défenseur international gallois qui vient de fêter ses 25 ans en a pris plein les yeux pendant deux ans chez les Spurs, entre des installations rutilantes et des coéquipiers prestigieux.
"Les joueurs là-bas sont des top joueurs. S'entraîner avec eux, être avec eux tous les jours, (...), j'ai énormément appris", explique-t-il dans un entretien à l'AFP.
Mais avec moins de 1.300 minutes de jeu en deux saisons - même pas l'équivalent de 15 matches pleins - il avait des fourmis dans les jambes. Alors quand Rennes, qu'il avait affronté l'an dernier en Ligue Europa Conférence, s'est proposé, il n'a pas beaucoup hésité.
Juste le temps de passer un coup de fil à Gareth Bale, son capitaine en sélection et ex-coéquipier au Real Madrid d'Eduardo Camavinga, la pépite formée à Rennes. Le Gallois lui a conseillé la Ligue 1.
Arrivé quelques jours avant la reprise en août, il a connu des débuts difficiles au sein d'une charnière toute neuve avec le Belge Arthur Théate, à peine débarqué pour sa part de Serie A.
"Pas du jour au lendemain"
Mais l'entraîneur Bruno Genesio a laissé le temps à la paire de prendre ses marques et Rodon a enchaîné, enfin.
"On se l'était dit au départ (avec Théate), ça ne vient pas du jour au lendemain. On a eu la chance de pouvoir jouer beaucoup de matches à la suite ensemble, c'est le meilleur moyen de s'améliorer", assure Rodon.
Suspendu pour les deux derniers matches de L1, il a vu le jeune Christopher Wooh, 20 ans, le remplacer avec sérieux, mais devrait retrouver son poste jeudi à Istanbul.
Dans l'antre du Fenerbahçe, habitué des rendez-vous européens et actuel leader du championnat turc, "ça va être un match très difficile. L'ambiance va être terrible", prévient le défenseur.
"C'est l'une des plus grandes équipes de Turquie, et depuis longtemps. Tout le monde les respecte. Rennes aussi, avec les années, va atteindre ce statut et devenir une grande équipe", assure-t-il.
Telle est l'ambition des dirigeants du club breton, qui dispute sa cinquième campagne européenne d'affilée. Mais Rennes garde "un côté accueillant, familial" que Rodon avait apprécié à Swansea, son club formateur.
Une équipe dotée "de talents incroyables"
"Le stade est plus grand, l'ambiance est dingue, les supporters sont incroyables. J'ai un peu l'impression d'être à la maison", explique-t-il. Ne serait-ce qu'avec le "Bro gozh ma zadou", l'hymne breton qui résonne avant chaque match au Roazhon Park et qui a emprunté l'air de l'hymne gallois.
"Je sens vraiment que quelque chose est en train de se construire ici", explique Rodon. "Au fil des semaines, l'équipe s'améliore. C'est important de continuer à pousser, de ne pas baisser le niveau. À l'entraînement, ça bosse très dur".
Surtout, "il y a des super jeunes joueurs qui arrivent. Ces fondations sont importantes (...) Il y a des talents incroyables ici. Je n'en croyais pas mes oreilles quand ils m'ont dit leur âge !"
"Il y a un processus en cours et il faut avoir confiance. Nous jouons un super football. Il ne s'agit pas seulement de gagner mais de gagner de la bonne manière", ajoute le défenseur.
Titulaire indiscutable en sélection, il aura à cœur d'appliquer ces principes dans un mois au Mondia 2022, le premier depuis 64 ans pour le Pays de Galles.
Mais il n'est pas encore temps d'en parler, notamment du choc contre l'Angleterre, le 29 novembre, dans le troisième match de groupe. "Les matches s'enchaînent tellement vite ici (...). Je n'ai pas encore réalisé. Ça viendra probablement quand on va se retrouver pour les préparatifs".
