Corée du Sud – Tchéquie (vendredi, 04h00 + commentaire audio)
La Corée du Sud a traversé les qualifications asiatiques sans la moindre défaite. En 16 matchs, son bilan est de 11-5-0 avec une différence de buts de 40-8. Elle a concédé au total 92 tirs à ses adversaires, pour une valeur xG contre de 6,6. Seul le Japon a fait mieux.
À première vue, il s’agit d’une équipe qui impose le respect. Les Coréens sont habitués à jouer avec le ballon, à combiner et à dominer leurs adversaires. Mais cela reste surtout vrai au niveau continental. Dès que la Corée du Sud affronte des équipes d’Europe ou d’Amérique du Nord et du Sud, sa force s’estompe quelque peu.
Lors de ses deux derniers affrontements face à des équipes également qualifiées pour le tournoi, la Côte d’Ivoire (0-4) et l’Autriche (0-1), elle n’a pas marqué. Face au voisin tchèque, elle s’est certes procuré 11 tirs, mais seulement 0,71 xG, contre la Côte d’Ivoire, 12 tirs et 1,13 xG.
C’est une information importante pour la Tchéquie. La Corée sait se montrer active, mais face à des adversaires plus physiques et mieux organisés, elle atteint ses limites.
Quelle est donc la voie vers un éventuel succès ?
Limiter les principales stars
On s’attend à ce que la Corée du Sud ait davantage la possession et cherche à imposer son jeu. Cela ne devrait pas poser de problème à la Tchéquie. Bien au contraire ! L’essentiel sera d’empêcher les Coréens de combiner dans le dernier tiers du terrain.
Le plus grand nom de l’adversaire reste le capitaine Heung-Min Son. Il a inscrit 10 buts et délivré quatre passes décisives lors des qualifications, participant ainsi à 14 réalisations de la sélection. Seul le Qatari Almoez Ali a marqué plus de buts dans la zone asiatique des qualifications pour le Mondial.

L’ancien joueur de Tottenham affiche aussi de belles références lors des grandes compétitions. Il a été impliqué dans quatre des dix derniers buts coréens en Coupe du monde, avec trois réalisations et une passe décisive.
Mais en 2026, la star coréenne peine à se montrer décisive. En sélection et en club, il a disputé 25 matchs (1894 minutes) et n’a marqué que deux fois sur 64 tentatives, pour un xG de 6,0. En MLS, il domine certes au nombre de passes décisives (8), mais il attend toujours de marquer.
Cependant, la vedette du Los Angeles FC n’est pas la seule menace du côté coréen. Kang-In Lee du Paris Saint-Germain peut représenter un danger encore plus grand pour la Tchéquie. Même s’il n’est pas titulaire à Paris, il est un membre régulier de la sélection.
En qualifications, il a inscrit cinq buts et délivré six passes décisives. Il a aussi créé 37 grosses occasions, soit la deuxième meilleure performance de toute la zone asiatique. Il a également réussi 21 dribbles, seuls trois joueurs ont fait mieux.
Exploiter les failles défensives
Dans quel schéma la Corée du Sud va-t-elle défier la Tchéquie ? C’est un petit mystère. Ces derniers mois, le système du sélectionneur Myung-bo Hong a évolué. Alors qu’il a disputé les qualifications avec une défense à quatre, il expérimente désormais avec trois centraux.
Selon Hong, l’objectif est d’avoir plus de variantes tactiques lors du tournoi, pour éviter que l’équipe ne s’enferme dans une seule stratégie. Si les Coréens optent vraiment pour trois défenseurs centraux, on peut s’attendre à ce que la Tchéquie ait des opportunités de contre-attaque.

La défense résiduelle du groupe asiatique n’est pas parmi les meilleures. Certes, elle n’a encaissé que huit buts en qualifications, mais cela s’explique surtout par le faible nombre de tentatives adverses et l’incapacité des rivaux à se créer de vraies occasions face à une équipe dominante.
Cela pourrait être différent pour l’équipe de Miroslav Koubek. Les Tchèques ont déjà montré en qualifications qu’ils savaient jouer direct et frapper vite. Ils n’ont échangé en moyenne que 2,3 passes avant de progresser vers le but à une vitesse de 2,01 m/s, un rythme assez élevé (troisième plus rapide des qualifications). Cela s’explique en grande partie par le fait que la majorité des combinaisons se faisaient par de longs ballons aériens.
L’action modèle, illustrant la capacité de la Tchéquie à frapper rapidement au sol, a été vue lors du premier but contre le Guatemala, quand Pavel Šulc, après une série de passes, a lancé Patrik Schick en une touche pour conclure.
Jouer avec impact
Les Tchèques compensent leurs lacunes techniques par l’impact physique, l’agressivité, les qualités athlétiques de la plupart des titulaires et, enfin, par les fautes. Sous Koubek, l’équipe n’a jamais commis moins de 15 fautes par match. Même lors des amicaux contre le Kosovo (15) et le Guatemala (18), où elle avait pourtant un rôle plus dominant qu’en Irlande (25) ou face au Danemark (20).
Le fait que l’adversaire ait du mal avec l’approche tchèque s’est vu surtout contre le Guatemala. Les joueurs techniques adverses semblaient peu habitués à un tel niveau d’agressivité dans les duels. L’arbitre canadien a d’ailleurs souvent, et parfois inutilement, interrompu le jeu après de simples contacts. Au final, le bilan des fautes était de 18-4 en faveur de la Tchéquie.

En PPDA (nombre de passes avant une intervention défensive adverse), la Tchéquie figurait parmi les meilleures d’Europe en qualifications. Elle était troisième en nombre de séquences de pressing, derrière l’Italie et le pays de Galles.
Rien d’étonnant. À l’exception de l’attaquant Patrik Schick, la Tchéquie aligne des joueurs de pressing dans son onze de départ. Par exemple, Pavel Šulc compte 277 pressings à haute intensité parmi les milieux européens sélectionnés pour la Coupe du monde (record), dont 169 dans le camp adverse. Sa capacité à presser, récupérer les ballons et accélérer les contre-attaques pourrait être l’un des facteurs clés face à la Corée.

Il n’est pas seul dans ce registre. Lukáš Provod ou Michal Sadílek sont d’autres joueurs qui activeront le pressing tchèque. Il est évident que l’impact physique et l’agressivité seront l’un des moyens de déstabiliser les Coréens.
Coups de pied arrêtés
L’Europe le sait depuis un moment, et le reste du monde découvre ces derniers jours les spécialistes tchèques des coups de pied arrêtés. L’équation est simple : équipe nationale + coups de pied arrêtés = qualification pour la Coupe du monde via les barrages.
Si l’on devait choisir l’une des principales armes de la sélection pour le Mondial, ce seraient les occasions créées sur corners, coups francs directs ou indirects, touches longues ou penalties. À cela s’ajoute la taille, puisque la Tchéquie est la quatrième équipe la plus grande du tournoi.

Lors des qualifications européennes, la Tchéquie a inscrit 11 buts sur coups de pied arrêtés, plus que toute autre équipe. Cela représente exactement 50 % de sa production offensive. Si l’on retire les penalties, la Tchéquie domine aussi le classement des buts attendus sur coups de pied arrêtés. Derrière elle, on retrouve l’Italie, l’Angleterre, la Croatie ou le pays de Galles.

Sept de ces buts sont venus sur corner, et la Tchéquie est aussi la deuxième meilleure équipe d’Europe pour les buts de la tête (7), juste derrière la Norvège. Le principal finisseur est Patrik Schick, qui a marqué trois de ses cinq buts en qualifications de la tête. Parmi les joueurs puissants dans la surface, on retrouve aussi Tomáš Souček, Tomáš Chorý ou Ladislav Krejčí.
D’ailleurs, le but victorieux lors du match de préparation contre le Guatemala est venu d’un centre de David Douděra et d’une tête de Chorý. Il n’est donc pas surprenant qu’aucune équipe n’ait centré autant en jeu ouvert que la Tchéquie lors des qualifications (235).
La Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Le tournoi réunira 48 sélections et se jouera dans 16 stades modernes.
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