La sélection de l’archipel africain a été éliminée en 1/16 de finale du tournoi organisé aux États-Unis, au Mexique et au Canada par Argentine (2-3), mais seulement après la prolongation. Jusqu’au bout, on a parlé des « Tubarões Azuis » comme de la plus grande surprise de la Coupe du monde, et ils ont laissé une très bonne impression.
Le journal capverdien « Expresso das Ilhas », citant des experts en marketing et des statistiques du moteur de recherche de vols Skyscanner, a souligné qu’après le premier bon match de l’équipe dans le groupe H — le nul vierge contre Espagne — le monde entier a braqué les projecteurs sur cette ancienne colonie portugaise.
Le quotidien, édité à Praia, la capitale de la République du Cap-Vert, a rapporté qu’en juin, lorsque l’équipe du Cap-Vert a réalisé une belle performance lors de la phase de groupes de la Coupe du monde, le moteur de recherche Skyscanner a enregistré une hausse de 70 % de l’intérêt pour les vols vers ce pays. L’un des trois plus grands "sauts" a été observé en Pologne, avec une augmentation de 150 %.
"La tendance à la hausse de la popularité du Cap-Vert va se poursuivre dans un avenir proche. Elle touchera principalement le tourisme et le football. La Coupe du monde a donné de la valeur à ce pays peu connu, mais bien représenté en Europe par les immigrés capverdiens. Parmi eux, on compte de nombreux footballeurs", a déclaré à PAP l’économiste Miguel Monteiro.
Cette opinion est partagée par le responsable des structures régionales de la Fédération portugaise de football à Bragance, Antonio Ramos, qui a souligné que dans l’effectif du Cap-Vert pour la Coupe du monde, il y avait jusqu’à sept joueurs issus des deux premières divisions portugaises.
"Le cas du gardien capverdien, Vozinha, qui a non seulement évolué ces dernières années en deuxième division portugaise, mais dont le club, Chaves, s’est séparé avant la Coupe du monde, prouve que de nombreux footballeurs de cet archipel ont un grand potentiel, même s’ils jouent dans des clubs modestes", a-t-il ajouté.
Justement, Vozinha est devenu l’un des grands vainqueurs du tournoi, malgré l’élimination de son équipe en 1/16 de finale. Le gardien de but, âgé de 40 ans, arrivé à la Coupe du monde sans club, a été élu mardi par les supporters du monde entier dans le XI type du tournoi, puis il a trouvé un nouveau club : il jouera au Colo Colo, à Santiago, au Chili.
Les belles prestations du Capverdien face à l’Espagne et à l’Argentine se sont aussi traduites par une explosion du nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux, passant de 50 000 à près de 30 millions, ainsi que par la signature de contrats publicitaires lucratifs.
Le supporter Amancio Montrond, originaire du Cap-Vert, a rappelé à PAP qu’au Portugal, l’intérêt croissant pour l’archipel s’est notamment manifesté dans la boutique de souvenirs sportifs située dans la Fan Zone de la Coupe du monde, sur la place du Commerce à Lisbonne.
"Les maillots, écharpes et autres articles du Cap-Vert qui étaient en vente là-bas après le premier match des protégés de Bubista sont partis très vite, aussi bien auprès de mes compatriotes, des Portugais, que des touristes étrangers", a raconté Montrond.
Un signe de la popularité grandissante de la République du Cap-Vert est que des stars du football, des Portugais encore en activité comme Cristiano Ronaldo, Nani, Nelson Semedo ou Nuno Mendes, jusqu’au Suédois retraité et ancien joueur du FC Barcelone Henrik Larsson, reconnaissent leurs racines capverdiennes.
Pendant la Coupe du monde, ce fut aussi le cas, entre autres, de l’ancien joueur de l’équipe de France et de Manchester United Patrick Evra, qui a évoqué ses liens avec les immigrés capverdiens de la famille Evora.
Dans le passé, un autre international français, Patrick Vieira, vainqueur de la Coupe du monde 1998 avec les Bleus, avait également parlé de ses ancêtres capverdiens.
