Enfin le déclic pour le Nantais Ignatius Ganago lors de la réception de Qarabag ?

Le Nantais Ignatius Ganago aura l'occasion de mener les siens vers la victoire lors de la réception de Qarabag en C3.
Le Nantais Ignatius Ganago aura l'occasion de mener les siens vers la victoire lors de la réception de Qarabag en C3. AFP

Transparent quand Nantes était en plein doute, l'international camerounais Ignatius Ganago a participé depuis dix jours au regain de forme des Canaris, de quoi croire au déclic au moment de recevoir Qarabag jeudi en Ligue Europa (21H00).

Il est arrivé de Lens en toute fin de mercato, avec l'espoir de retrouver du temps de jeu et la difficile mission, commune aux deux autres recrues offensives Mostafa Mohamed et son ami niçois Evann Guessand, de faire oublier Randal Kolo Muani.

Comme ses deux acolytes, il a vite débloqué son compteur avec une belle tête piquée le 11 septembre à Lorient (défaite 3-2), avant de disparaître des radars. Entre ce match et la victoire il y a dix jours contre Brest (4-1), les Canaris n'ont inscrit qu'un but en six matches, marqué par un adversaire.

Aligné en général comme ailier gauche, Ganago ne ménageait pas ses efforts, mais restait trop brouillon pour exister. Il a finalement été décisif une fois replacé en pointe, son poste de formation et de prédilection.

Alors que les Nantais, au fond du trou, étaient menés 1-0 par des Brestois aussi mal en point qu'eux, c'est lui qui a incarné leur ténacité, obtenant le penalty de l'égalisation avant de profiter habilement d'un cafouillage sur la remise en jeu de ce but pour lancer les siens vers la victoire.

Dans la tête

"Dans le vestiaire, on s'était dit qu'il ne fallait pas qu'on se loupe. On peut être mené, mais il ne fallait pas baisser les bras, il fallait continuer notre pressing. C'est ce qu'on a fait et ça a payé", a-t-il raconté en conférence de presse.

"Ça a débloqué quelque chose", a-t-il assuré. "La différence, c'est dans la tête. Il ne faut surtout pas lâcher. Dans les jambes, c'est souvent compliqué, on fait beaucoup d'efforts mais (...) si dans ta tête, tu as envie de faire les efforts, le reste suit".

Faisant parler sa puissance et sa rapidité, il a récidivé dimanche à Nice en devançant deux défenseurs pour couper un centre de Moses Simon. Sa célébration est restée sobre, puisque Nice a été le premier club à accueillir l'attaquant de Douala en 2017, quand il avait 18 ans.

Il était sorti depuis 20 minutes quand l'arbitre a sifflé un penalty très contesté en toute fin de match, provoquant la colère des Canaris qui croyaient tenir leur première victoire à l'extérieur depuis avril et l'occasion de s'éloigner de la zone rouge.

Même s'il semblait lui-même avoir du mal à digérer l'incident, l'entraîneur Antoine Kombouaré a appelé ses joueurs à tourner la page, pour tenter de faire bonne figure face à Qarabag.

Rêve de Mondial 

Troisièmes de leur groupe, les Nantais veulent laver l'affront du 3-0 subi à Bakou et surtout profiter d'un match européen devant leur fidèle public pour tenter de se remettre la tête à l'endroit.

Pour Ganago, il y a aussi l'espoir d'être appelé pour disputer le Mondial au Qatar. À 23 ans, il compte 11 sélections avec l'équipe du Cameroun, mais n'a joué que des bouts de matches et n'a pas été retenu pour le dernier rassemblement en septembre.

Mais le rêve est tenace, depuis ce jour où, à douze ans, il a vu pour la première fois au stade la sélection et sa star Samuel Eto'o. "J'étais vraiment impressionné. Je ne le voyais qu'à la télé. Dès lors, j'ai toujours voulu jouer pour l'équipe du Cameroun, voir tous les supporters qui chantent, qui crient".

"Je vais faire tout mon possible pour ne pas donner d'excuses à l'entraîneur pour ne pas m'appeler", a-t-il assuré.