Lily Yohannes est l'une des nouvelles recrues de Lyon cette saison. Quelle différence a-t-elle apportée au groupe ?
Je pense que c'est un talent incroyable. Depuis le premier jour où elle est arrivée, on a toutes été vraiment impressionnées par ce qu'elle peut faire à l'entraînement comme en match. On a beaucoup de chance de l'avoir, et ce n'est que le début. Je suis vraiment impatiente de voir ce qu'elle va nous apporter maintenant et dans le futur. Elle a été extraordinaire.
Dans les grands rendez-vous comme une finale de Ligue des Champions, est-il possible, à un moment ou un autre, de vraiment profiter de l'expérience malgré la pression ?
Je pense que oui. Je me souviens de ma première finale : beaucoup des joueuses les plus expérimentées m'ont dit que je devais profiter de la semaine, parce que le jour du match, tout se concentre sur la préparation du jeu. Mais durant la semaine, bien sûr, on se prépare aussi, et c'est important d'essayer de savourer ce moment. C'est ce que je fais maintenant. J'essaie aussi de transmettre ça aux nouvelles joueuses, à celles qui ont moins d'expérience, pour qu'elles puissent elles aussi profiter de cette semaine. C'est quelque chose d'unique et de beau à vivre : la façon dont on commence la semaine, jusqu'au moment où on voyage vers Oslo, dans ce cas précis, où on se retrouve toutes ensemble jusqu'au jour de la finale, et puis on joue.
Comment le style de Lyon a-t-il évolué cette saison ?
Je pense que ça n'a pas beaucoup changé. On a la chance d'avoir un effectif incroyable cette année, avec beaucoup de joueuses talentueuses arrivées, un mélange de joueuses plus expérimentées qui sont là depuis longtemps, un nouveau coach et un nouveau staff, donc des idées différentes, bien sûr. Je pense que ça a été une combinaison parfaite. On s'est comprises très vite en début de saison, et c'est pourquoi on performe aussi bien en cette fin de saison.
Tu as participé aux deux finales précédentes entre Lyon et Barcelone : tu en as gagné une et perdu une. Qu'est-ce que l'équipe a réussi à Turin qu'elle n'a pas su faire à Bilbao ?
Je ne suis pas vraiment fan de parler des finales passées. Mais je pense que tout le monde a vu qu'on n'était pas à notre meilleur niveau à Bilbao. On n'a pas gagné nos duels, et c'est ce que doit être une finale : ça commence par ces batailles individuelles partout sur le terrain. On n'a pas été à la hauteur. Elles ont fait la différence à deux moments clés. Elles ont marqué à un moment très difficile pour nous, et on n'a pas pu revenir. Mais c'est du passé. Maintenant, on se concentre uniquement sur cette finale.
Dans un format match aller-retour, vous seriez obligées de jouer au Camp Nou. Peut-il être plus facile de battre Barcelone sur un match unique, comme en finale ?
Honnêtement, je n'en sais rien, parce qu'on n'a pas vraiment eu l'occasion de jouer une double confrontation contre elles. Je pense que c'est aussi un très beau match à regarder pour les fans. Si vous voyez Lyon-Barça en finale, c'est l'une des affiches les plus attendues. On verra bien. Une finale, c'est différent d'une demi-finale ou d'un quart de finale. On doit être aussi prêtes que possible et donner le meilleur de nous-mêmes, parce qu'on a travaillé très dur pour en être là et pour faire une bonne finale.
Jonatan Giráldez est désormais l'entraîneur de Lyon, alors qu'en 2024, il dirigeait Barcelone. Il connaît donc l'équipe adverse de l'intérieur. Est-ce un avantage pour vous dans la préparation de cette finale ?
Oui, on a vraiment de la chance de l'avoir comme coach. On a toutes appris beaucoup de choses. On a beaucoup évolué en tant qu'équipe, il a apporté de nouvelles idées, notamment pour ce genre de grands matches. On est vraiment chanceuses d'avoir toute son expérience, et aussi le fait qu'il soit resté longtemps dans l'équipe adverse. Il connaît chaque joueuse dans le détail, et c'est évidemment un avantage pour nous.
Lyon a une histoire immense avec cette compétition. La BBC a réalisé un documentaire sur le club, et la façon dont les joueuses parlent de la Ligue des Champions, c'est presque comme si ce trophée faisait partie de l'ADN du club. Comment parlez-vous de la Ligue des Champions dans le vestiaire et à l'entraînement ? Qu'est-ce que cette compétition représente pour Lyon ?
Je peux vous dire que le premier jour où je suis arrivée à Lyon, c'est la première chose dont j'ai entendu parler : la Ligue des Champions. On le ressent à chaque entraînement, même lors d'un échauffement, même lors d'un simple rondo : tout le monde se donne à fond en pensant à ce trophée, en imaginant ce moment où on le soulève. L'autre jour, on parlait de ces instants qui, avec le temps, s'estompent un peu dans la mémoire, mais là on évoquait juste ce sentiment de soulever ce genre de trophée. C'est quelque chose d'incroyable. On a la chance d'avoir dans l'équipe beaucoup de joueuses qui ont déjà soulevé plusieurs Ligues des Champions. Je leur en suis très reconnaissante, parce qu'elles m'ont aussi expliqué comment gérer les semaines avant une finale, comment profiter de ce processus. C'est ma troisième finale maintenant, et je peux à mon tour en profiter et essayer de transmettre ça aux plus jeunes, à celles qui ont moins d'expérience, pour qu'elles en profitent aussi. Parce que ça n'arrive pas tous les ans. On aimerait bien, mais le niveau de la Ligue des Champions est incroyable, ça devient de plus en plus difficile chaque année. On a vraiment de la chance, et je pense qu'on mérite d'être en finale. Alors il faut aussi savourer ce moment.
En tant que milieu de terrain, comment est-il différent de jouer contre Barcelone par rapport aux autres grands clubs européens ?
Pour moi, c'est clé dans chaque match, peu importe l'adversaire : celui qui domine le milieu de terrain a plus de chances de gagner. Encore plus dans ce genre de rencontre, face à une équipe vraiment forte au milieu, avec des joueuses incroyables. Mais nous aussi. On a un milieu de terrain exceptionnel. Je les connais vraiment, vraiment bien parce que j'ai joué avec elles en équipe nationale espagnole des jeunes. Ça va être très intéressant. Elles jouent ensemble depuis longtemps, donc elles ont beaucoup de passes instinctives, elles savent exactement où trouver leur partenaire. Mais on a aussi notre potentiel pour faire évoluer notre jeu, pour conserver le ballon. Je sais qu'on en est capables. Je pense que dominer le milieu va être déterminant dans cette finale.
Lyon dispose de beaucoup de profils différents au milieu de terrain et peut donc adapter sa composition selon les besoins du match. Est-ce que cette polyvalence a été importante dans votre progression cette saison ?
Oui, absolument. Peu importe qui joue, tout le monde est prête à donner le meilleur d'elle-même dès qu'elle entre sur le terrain ou qu'elle commence un match. Je pense que c'est ce qui vous amène aux grands moments de la saison, aux finales, à la conquête de ce trophée. Plus on est soudées en tant que groupe, plus on fait la différence. Et je suis vraiment heureuse de toute l'équipe, parce que je pense qu'on a réalisé quelque chose d'incroyable. Ce n'est pas toujours facile pour tout le monde, et c'est là qu'on se serre les coudes. On a une équipe incroyable, aussi bien sur le plan sportif qu'humain. C'est essentiel parce que ce n'est pas simple de maintenir un niveau de performance élevé sur tous les grands matchs toute la saison, en continuant à tourner et à donner le meilleur de soi. Ça, c'est notre clé.
Barcelone n'a perdu qu'un seul match cette saison en Ligue des Champions, avec deux matchs nuls, contre le Bayern et Chelsea. Qu'est-ce que vous avez observé dans ces résultats ? Y a-t-il des enseignements tactiques communs à ces deux rencontres que vous avez intégrés dans votre préparation pour la finale ?
Bien sûr, on a regardé beaucoup de leurs matchs, visionné de nombreuses vidéos. Il nous reste encore quelques jours. Je pense que tout le monde a pu voir que le niveau en Ligue des Champions cette saison était extraordinaire : on l'a vu en quarts, en demis, dans nos propres matchs aussi. Et on voit que contre Chelsea ou contre le Bayern, la qualité était très élevée et n'importe qui pouvait gagner. On s'est aussi bien concentrées sur le match contre le Bayern. C'était le dernier qu'elles ont joué en Ligue des Champions, donc ça avait du sens. Mais oui, je suis d'accord, l'intensité va être un point clé lors d'une telle journée. Et pour moi aussi, comme je l'ai dit, la bataille au milieu est primordiale. Je pense qu'elles ont de très bonnes joueuses, mais nous aussi. Et je pense que celui qui sait tenir sa position : quand la tenir, quand ne pas la tenir, quand menacer en transition. Ça, ça va être vraiment décisif.
Comment décririez-vous l'ambiance dans le vestiaire à quelques jours de la finale ?
L'ambiance est incroyable depuis le début de la saison. On a un groupe extraordinaire. Bien sûr, à chaque entraînement, on se concentre sur ce qu'on doit travailler pour être au top de notre niveau pour la finale. Mais comme je l'ai dit, c'est important de profiter de ces moments : les jours qui précèdent la finale, de savourer ce sentiment d'excitation et d'impatience avant un tel rendez-vous, tout en travaillant chaque détail qui peut faire la différence dans une si grande finale.
Comment évaluez-vous les défis rencontrés par votre équipe cette saison en Ligue des Champions, et quel a été le plus grand challenge pour toi personnellement, et en tant que groupe ?
Je pense qu'on a montré ce dont on était capables dès le premier jour en Ligue des Champions. On a eu de très bons matchs, et des matchs moins bons. Je pense que le match à Wolfsburg à l'extérieur a été une leçon pour toute l'équipe : quand tu n'es pas à ton meilleur niveau, tu peux perdre en Ligue des Champions si l'équipe adverse fait un bon match et que toi tu n'es pas à ta hauteur. C'est là qu'on a compris qu'il n'y avait plus de place pour se relâcher ou ne pas être à notre meilleur. Quand tu joues pour Lyon, ce n'est même pas une option. Et ensuite on a aussi montré notre caractère. Je pense que la remontée à domicile contre Arsenal lors de ce match, c'est très positif et ça nous met dans une belle dynamique pour la finale.
Comment gérez-vous émotionnellement un match d'une telle envergure ? Et attendez-vous une finale plutôt tactique ou plutôt émotionnelle ?
Oui, c'est important de se concentrer sur tout le travail qu'il reste à faire d'ici la finale, tactiquement, physiquement, mentalement, pour être prêtes. Mais j'ai aussi appris des joueuses les plus expérimentées, dès ma première finale, qu'il faut aussi essayer de profiter de ce moment. Ça n'arrive pas tous les ans d'atteindre une finale de Ligue des Champions. Ça devrait être quelque chose de vraiment spécial. Alors j'essaie aussi de profiter de tous ces jours d'une façon très particulière. Et de l'autre côté, je me concentre sur chaque entraînement, chaque action, chaque détail, pour être aussi prêtes que possible. C'est là toute la beauté de la Ligue des Champions : on est en finale, ça n'arrive pas souvent de se retrouver là, peu importe la compétition. Bien sûr, on veut y être chaque année, mais il faut se concentrer sur l'instant présent et dans quelques jours, c'est un grand match.
En demi-finale, vous avez dû aller aux prolongations en quarts et remonter un déficit en demis. Qu'est-ce que ces épisodes vous ont appris sur vous-mêmes en tant qu'équipe, notamment en termes de résilience ?
Je pense que tout est dans la mentalité qu'on a montrée. On a eu des moments dans les matchs où on n'était pas aussi bonnes, et c'est là qu'on a encaissé des buts, ou que l'adversaire a eu une bonne action, tout est dans le momentum. Et c'est ce qu'on a appris en tant qu'équipe : tenir dans ces moments-là et être plus fortes. Je pense que lors de la dernière performance contre Arsenal à domicile, on a vu qu'on était assez dominantes après des moments qui auraient pu être un peu plus critiques. On a bien géré l'équilibre, et ça vient de l'apprentissage, de l'expérience accumulée lors des derniers matchs de Ligue des Champions. Espérons qu'on n'aura pas besoin que ça se reproduise lors d'une telle finale. Mais ça fait partie du football. Heureusement, on a gagné ces matchs, et ça fait maintenant partie de notre expérience.
Est-ce que tu penses que cette finale représente quelque chose de plus grand qu'un simple match, une sorte de duel pour savoir quelle équipe domine le football européen de cette décennie ?
Non, je ne pense pas. Je pense que c'est tout simplement un beau match pour tout le monde. Deux équipes incroyables. Tout le monde connaît l'histoire des différents clubs. Tout le monde sait que Barcelone a été extraordinaire ces dernières années. On connaît toutes l'histoire de Lyon. Donc chacun peut avoir son opinion là-dessus. Mais moi je me concentrerais surtout sur la finale en elle-même. Je pense que c'est l'un des meilleurs matchs qu'on puisse regarder, ça l'était déjà il y a deux ans, à Turin aussi. Des matchs incroyables, très intenses, avec une qualité exceptionnelle. Donc oui, l'histoire est là. Je pense que c'est juste un beau match.
