Melvine Malard avant la finale de la Ligue des champions : "Mon coeur bat pour Lyon"

Melvine Malard avant la finale de la Ligue des champions : "Mon coeur bat pour Lyon"
Melvine Malard avant la finale de la Ligue des champions : "Mon coeur bat pour Lyon"Credit: ČTK / imago sportfotodienst / Zachary Locke

Avant la finale de la Ligue des champions qui se jouera ce samedi à Oslo en Norvège, Melvine Malard, attaquante de Manchester United et ex-joueuse de l'OL Lyonnes, s'est confiée sur cette finale particulière face au FC Barcelone et sur sa présence au match dans le cadre de la WePlayStrong House, qui organisera un évènement en amont de celui-ci.

La finale de la Ligue des Champions approche. Lyon n'a pas remporté le titre depuis 2022. Est-ce qu'il y a, selon toi, une forme de revanche à prendre pour cette équipe ?

Melvine Malard : Je pense que oui. Connaissant Lyon, ces années où elles n'ont pas gagné la Ligue des champions étaient des années amères. À chaque saison, elles voulaient revenir et atteindre cette finale. Et arriver en finale de Champions League, c'est quand même assez difficile, surtout cette saison avec le nouveau format. Lyon s'est beaucoup renforcé, c'est une équipe très différente d'avant. Il y avait beaucoup de Françaises, maintenant c'est une équipe très mixte avec beaucoup d'étrangères. Et oui, pour moi, elles arrivent dans cette finale avec une vraie revanche à prendre, d'autant plus que ce n'est pas la première fois qu'elles tombent contre Barcelone. Ce sera une grande finale, avec des joueuses différentes mais super déterminées à remporter ce titre.

Au début de la saison, on disait que le Barça était peut-être un peu plus faible après avoir eu beaucoup de départs. À l'inverse, Lyon a beaucoup recruté l'été dernier. Tu vois ça comment ? C'est 50-50 ?

Franchement, j'ai tellement envie d'être à cette finale pour voir ce football. Je pense que ça va être l'un des super matchs de football à regarder depuis tant d'années. Parce que des deux côtés, il y a des joueuses super talentueuses : à Barcelone, on a deux Ballons d'Or, et à Lyon, on a la première femme Ballon d'Or, plus des joueuses qui représentent toutes les équipes internationales possibles. Ça va être un très gros match.

Les styles de jeu sont différents : le Barça reste une équipe qui a une possession énorme, qui garde le ballon avec une technique remarquable. Et de l'autre côté, Lyon, c'est des flèches sur tous les côtés, avec de la technique aussi. Il y aura de la variété, c'est pour ça que ça va être un match exceptionnel.

Et toi personnellement, tu vas le vivre comment, cette finale ? Tu seras en supportrice de Lyon, avec le maillot ?

Je ne sais pas si j'ai le droit ! (rires) Mais au fond de moi, je suis à Lyon, je suis à la maison en ce moment. Donc je serai là en supportant l'équipe, avec mes coéquipières françaises qui y seront aussi. Et j'aime énormément Barcelone aussi, j'adore les regarder jouer. Mais le cœur est quand même pour Lyon, ça, c'est sûr.

Est-ce que tu peux vraiment profiter du match comme une supportrice, ou ton approche de joueuse te pousse forcément à analyser tactiquement ce qui se passe sur le terrain ?

Je regarde tout ce que je peux voir, tout ce que je peux prendre pour moi. Je suis là pour apprécier le match parce que je suis une fan de football. Mais oui, si je vois un geste très intelligent, une position remarquable, je sors mon téléphone et je note parce que ça peut m'aider pour mon prochain match. C'est comme ça que je suis, chaque jour, je veux progresser. Donc je fais les deux en même temps.

Tu vas participer à la House of We Play Strong. Qu'est-ce que tu attends de cette expérience ?

C'est une très bonne opportunité. Là-bas, on va pouvoir montrer à de jeunes joueuses ce qu'est le football féminin, comment il s'est développé. L'environnement sera super : une belle ambiance avec des gens autour, des jeunes, des anciennes joueuses. Je pense qu'on va montrer que le football féminin est en développement, et ça donnera envie aux jeunes de continuer dans cette voie.

Est-ce que tu penses que c'est important que les joueuses restent accessibles, proches des fans, dans ce genre de moments ?

Oui, absolument. Je suis quelqu'un comme ça, j'adore ça. J'aime m'amuser avec les fans, avec les gens qui me donnent de l'amour, qui me donnent de l'énergie pour continuer à faire ce que je fais sur le terrain. C'est très important de leur rendre ça. Et je pense que c'est aussi pour ça qu'on peut amener les jeunes joueurs, les nouveaux, à venir à ce genre d'événements, à venir nous voir jouer.

La House of We Play Strong, c'est décrit comme un espace culturel autant que footballistique. Est-ce que ça te parle, l'idée que le football féminin dépasse les 90 minutes et devienne une vraie culture ?

Oui, absolument. Dans la vie, on a besoin de ressentir d'autres choses que le football. Et oui, j'aime vraiment ça. C'est pour ça que vous avez posé cette question, parce que je suis quelqu'un qui aime la mode, qui aime la culture, qui aime toutes les bonnes vibes qu'on peut créer et partager, en plus du football. Ça apporte de grandes énergies. Et c'est positif pour tout le monde.

Avant la finale, vous participez aussi au World Sevens. Tu es excitée par ça ?

Oui ! C'est une très bonne idée de faire ça pour nous à ce moment-là, parce que la saison peut être longue, on a beaucoup de matchs, beaucoup de pression, beaucoup d'émotions. C'est la première fois que je joue au World Sevens, donc pour ce moment, on doit respirer, ne pas trop penser, ne pas penser tactique. On veut gagner, mais tout le monde est là pour apprécier le football et faire des choses qu'on ne peut pas toujours se permettre pendant la saison. Donc c'est très bien.

Et après le World Sevens, il y a les qualifications mondiales avec l'équipe de France. Comment s'organise ta fin de saison ?

En fait, je n'ai pas fini du tout ! On a encore des entraînements par rapport au World Sevens. Et je trouve ça super intéressant que le World Sevens soit à ce moment-là, parce que ça nous permet de rester en rythme jusqu'aux rassemblements avec l'équipe de France. Sans ça, on s'entraîne, c'est bien, mais il n'y a pas la vraie intensité, pas les vrais déplacements qu'on a dans les matchs, surtout en matchs internationaux.

Donc le programme, c'est : entraînements, finale de Champions League, ça va être cool, puis World Sevens, et ensuite, si Dieu le veut, parce que la liste est annoncée demain, l'équipe de France.

Pas de vacances donc ?

Les vacances, ça sera après ! Et ce seront sûrement les plus longues vacances que j'aurai jamais eues jusqu'à maintenant. (rires)

Tu en as parlé avec Laurent Bonadei, le fait de faire le World Sevens avant le rassemblement ?

Oui, oui. Je pense que ça ne le freine pas, justement parce que ça nous permet de rester en rythme pour l'équipe de France. Après, il y a toujours un risque de blessure, mais ça peut arriver partout, même à l'entraînement.