Place au grand final de la Vuelta féminine : la dernière étape, avec l'arrivée en haut d'une ascension mythique, celle de l'Angliru. Superbe lauréate au terme d'une dernière montée ultradifficile, Anna van der Breggen (Team SD Worx - Protime) portait le maillot rouge et était en pole pour la victoire finale. Mais les prétendantes étaient nombreuses...
À ce sujet - Van der Breggen signe une démonstration sous le déluge, 3 Françaises parmi les 6 premières
Une échappée a pris forme avant la grande bataille, et elle était clairement de qualité : Femke Markus (Team SD Worx - Protime), sa sœur Riejanne Markus (Lidl - Trek) et Liane Lippert (Movistar Team). Cette dernière était cependant à moins de 4 minutes au général, et donc leader virtuelle pendant la journée.
Paula Blasi, la naissance d'une star
L'Alto del Tenebredo (5,5 km à 6,4 %), dont le sommet était à un peu plus de 30 km de l'arrivée, promettait un premier écrémage. L'avance du trio de tête commençait à fondre, au point qu'au sommet, franchi en tête par Liane Lippert, il restait à peine plus d'une minute. Néanmoins, les trois fuyardes faisaient de la résistance, et le peloton les laissait reprendre du champ. Et elles ouvraient toujours la route au pied de l'Angliru.

Un monstre, 12,1 km à 10,3 % de moyenne, des pentes à plus de 20 %. Les favorites s'affichaient rapidement aux avant-postes, l'écrémage commençait par l'arrière, et c'est la lauréate de Paris-Roubaix, Franziska Koch (FDJ United - SUEZ), qui faisait le tempo pour tenter de rentrer sur Lippert, qui avait largué en chemin les sœurs Markus. Pendant ce temps, Pauline Ferrand-Prévot (Team Visma | Lease a Bike) rendait déjà les armes. Clairement, la lauréate du dernier Tour de France femmes n'était pas en jambes.
Quand la route s'élevait pour de bon, Gaia Realini (Lidl - Trek) était la première à lancer les hostilités. La sélection se faisait alors naturellement, les plus fortes étaient devant. Lippert ne tardait pas à être reprise, et à 5 km de l'arrivée, elles étaient moins d'une dizaine à pouvoir l'emporter, menées par la surprenante Petra Stiasny (Human Powered Health). Derrière elle, il ne restait plus qu'Anna van der Breggen, Paula Blasi (UAE Team ADQ) et le duo français, Juliette Berthet (FDJ United - SUEZ) et Marion Bunel (Team Visma | Lease a Bike), qui passait alors en tête.
Et la porteuse du maillot blanc commençait alors à creuser un écart. Seule Paula Blasi suivait, les autres commençaient à plier. L'Espagnole relayait la Française, et semblait lancée vers la victoire finale, surtout quand elle commençait à décramponner Bunel, qui était rejointe par Stiasny. Anna van der Breggen, elle, avait déjà rendu les armes.
Intenable, Stiasny reprenait Blasi, et les deux allaient se jouer la victoire finale. Mais la Suissesse était la plus forte, et allait s'offrir un mythique succès en haut de l'Angliru : la deuxième victoire de sa carrière seulement ! Paula Blasi, elle, allait terminer deuxième, mais l'essentiel était ailleurs. À 23 ans, pour son premier Grand Tour, l'Espagnole remporte la Vuelta féminine, quelques semaines après son succès sur l'Amstel Gold Race. Côté français, on peut sourire : Marion Bunel repart avec le maillot blanc, et une troisième place au classement final !
