C'était la dernière opportunité de briller pour les sprinteurs mais le parcours escarpé de cette 17e étape, avec 4 bosses casse-pattes dans les 60 premiers kilomètres, promettait un début de journée très nerveux et mouvementé.
Ce fut le cas, avec de nombreuses tentatives d'échappées qui n'ont pas fructifié mais qui ont sérieusement fait mal aux jambes, notamment lors de l'escalade du col des Prés (3e catégorie, 3,5km à 6,5% de moyenne) dont les dernières rampes ont scindé le peloton, avec un groupe de 40 éléments où figurait tous les candidats au podium. Avant d'aborder la côte de Saint-Jean-d'Arvey (4e catégorie, 1,2km à 6,3% de moyenne), les grosses cuisses étaient à seulement une vingtaine de secondes, donc rien de rédhibitoire.
Local de l'étape, Alex Baudin (EF Education-Easy Post) a pris la roue de Mathieu van der Poel (Alpecin-Deceuninck), bien décidé à faire la course et, accessoirement, à retarder le plus possible le travail de ses coéquipiers en faveur de Jasper Philipsen. Usés, Biniam Girmay (NSN), Max Kanter (XRS-Astana), Pascal Ackermann (Jayco AlUla), Phil Bauhaus (Bahrain Victorious) et Dorion Godon (Netcompany-INEOS) ont été éjectés, contraints de faire la poursuite.
Le groupe de 16 puis de 19 hommes a été reprise par le peloton (façon commode d'appeler un groupe d'à peine 30 coureurs) que venait de quitter Adam Yates, lieutenant de Tadej Pogacar et manifestement en délicatesse physique. Juste avant la jonction imminente, Mads Pedersen (Lidl-Trek) a jailli pour faire le jump. Bien vu : le Danois est rentré et a attaqué immédiatement tandis que Philipsen, son principal rival, s'est retrouvé en rase campagne, sorti à contre-temps pour aller chercher l'ancien champion du monde. Épaulé par Quinn Simmons, le Maillot Vert a relancé l'allure.
La peloton a fait rideau, ce qui a permis aux équipes de sprinteurs de rentrer mais, avec trois minutes de retard sur la nouvelle échappée de 6 (outre Pedersen, Ben Healy, Michal Kwiatkowski, Jasper Stuyven, Edward Planckaert, Felix Engelhardt). Pour les points du sprint intermédiaire, c'était fait pour Pedersen.
Il restait 25 bornes et si ça allait au bout, c'était du tout-cuit pour lui. Comme son leader Tim Merlier (Soudal-Quick Step) était hors du coup pour la gagne, Stuyven, en bon classicman, a placé une attaque pour s'isoler seul. Le flair du Belge a payé : à 15 kilomètres du but, il comptait 45 secondes d'avance sur ses anciens compagnons... bientôt rattrapé par le groupe Philipsen.
Le faux-plat de 3% qui débutait à 6km de l'arrivée faisait figure d'épouvantail pour Stuyven, qui n'avait plus que 20 secondes de marge. Derek Gee et Simmons se sont mis en tête de groupe... pour temporiser et désorganiser la poursuite. Puis Mauro Schmid (Jayco AlUla) a roulé pour Michael Matthews... et Stuyven a été repris.
Van der Poel a joué les chiens de garde pour Philipsen à chaque tentative de contre. Spécialiste du chrono, Josh Tarling (Netcompany-INEOS) a fait le coup du kilomètre, sans succès. Emmené dans un fauteuil en cuir pleine fleur par MVDP, Philipsen a réglé son compte à ses rivaux avec plus plusieurs vélos d'avance, devant Schmid, Olav Kooij (Decathlon-CMA CGM) et Lewis Askey (NSN).
Il n'y a plus que 7 points d'écart entre Pedersen et Philipsen pour le Maillot Vert, à seulement 4 étapes de la fin du Tour.
