Tous les résultats des Mondiaux de cyclisme sur Flashscore
C'était un syndrome courant dans les années 90 ou 2000. Chaque coureur, connu ou non, surprenant ou non, qui endossait le maillot arc-en-ciel de champion du monde connaissait une année de misère. Des exceptions, bien évidemment, et certains qui gagnaient quand même, mais pas de grandes courses. Ou alors des scénarios bien plus farfelus.
En France, Luc Leblanc, sacré en 1994, avait notamment signé dans une nouvelle équipe, Le Groupement, qui allait s'arrêter de fonctionner au mois de juin pour raisons financières. Quant à Laurent Brochard, inoubliable champion du monde 1997, il allait être happé par l'Affaire Festina. Oscar Camenzind (1998), Romāns Vainšteins (2000), Igor Astarloa (2003) sont autant d'autres exemples.
Mais chez les femmes, cela reste très peu fréquent. Et c'est peut-être corrélé avec le fait que les surprises restent rares sur la course en ligne des Mondiaux. En effet, l'an dernier, Magdeleine Vallieres avait probablement causé la plus grande surprise de l'histoire de cette épreuve en devenant championne du monde.
12 mois pas en enfer, mais loin du paradis
Une coureuse qui ne comptait qu'une victoire en carrière, originaire d'un pays qui n'avait raflé que deux médailles de bronze dans l'histoire de cette course. Mais qui a connu son jour de gloire là où d'autres attendent toute leur vie.
12 mois plus tard, elle est revenue au point de départ. Non seulement elle n'a pas gagné la moindre course avec le maillot arc-en-ciel (une première depuis Marta Bastianelli en 2008), mais elle a écrit l'histoire de la mauvaise manière : Magdeleine Vallieres est devenue la première championne du monde de l'histoire à ne pas avoir signé le moindre podium avec la précieuse tunique sur le dos.
Assez incompréhensible, il faut le dire. Au sein de l'équipe EF Education-Oatly, il y a certes des coureuses de valeur, comme Cédrine Kerbaol, Noemi Rüegg, ou la championne olympique Kristen Faulkner. Mais elle avait toute latitude à évoluer avec un statut de leader sur de nombreuses courses. Les résultats bruts peuvent être analysés avec un peu de recul et indiquer qu'elle a quand même été présente.
6e du classement général du Tour de Valence, 5e des Strade Bianche, 6e de La Flèche Wallonne, 8e de Liège-Bastogne-Liège, mais manque cette victoire, cette image toujours vibrante de lever les bras en arc-en-ciel. Quand elle s'est imposée à Kigali voilà 12 mois, l'impression laissée était extraordinaire. De quoi faire vibrer n'importe quel suiveur de cyclisme.
La façon dont elle s'était envolée pour déposer des coureuses référencées comme Niamh Fisher-Black ou Mavi Garcia reste un des grands souvenirs vélo de l'année 2025. Et découvrir une nouvelle coureuse qui triomphe au nez et à la barbe des favorites est bon pour la discipline. 12 mois plus tard, elle n'a su dépasser ce statut de "coéquipière exemplaire" comme l'avait désignée Kerbaol après la course.
Auprès du média canadien La Presse, elle reconnaissait sans peine cet état de fait en août.
"Je suis passée de domestique, à toujours donner tout ce que j’avais pour l’équipe, sans jamais vraiment penser à moi, à devoir gagner. Je n’étais pas au centre de l’attention. Du jour au lendemain, beaucoup plus de monde te reconnaît. C’est un gros switch. Ça m’a pris du temps à m’adapter à avoir plus de demandes médiatiques ou à juste me faire reconnaître dans la rue."
La chance est-elle passée pour de bon ? Magdeleine Vallieres va donc rendre le maillot arc-en-ciel sans avoir connu la joie de gagner avec. Une claire déception. À moins que la magie opère à nouveau à domicile ce samedi.
