Pour son premier Giro comme directeur de l'épreuve et des activités cyclisme de RCS Sport, Luca Guercilena a voulu "une course assez ouverte". L'ancien manageur de l'équipe Lidl-Trek a dessiné selon lui "un tracé qui monte en puissance de la première à la troisième semaine : il sera exigeant, sûr et iconique", a-t-il résumé .
Après deux départs consécutifs depuis l'étranger, Albanie en 2025 et Bulgarie pour la dernière édition, la 110e édition du Giro s'élancera cette fois de Trieste, dans le nord-est du pays, aux confins de la Slovénie.
Dans la course à la succession du Danois Jonas Vingegaard, avec possiblement en guest-star le Français Paul Seixas - qui hésite pour son calendrier 2027 entre Tour de France et Giro -, le peloton fera une incursion dès la première étape dans le pays de Tadej Pogacar et y passera toute la seconde étape. Mais la participation de l'ogre slovène, victime d'une grave chute lors du Tour d'Espagne 2026, est loin d'être acquise, malgré les appels du pied répétés des organisateurs.
"Garantie de sécurité"
En redescendant la côte adriatique, les six premières étapes devraient favoriser les longues échappées et/ou les arrivées au sprint, notamment la 4e le 11 mai entre Argenta et Misano Adriatico, avec son arrivée jugée sur le circuit de Misano où se tient le Grand Prix de Saint-Marin de MotoGP.
Les sports mécaniques, de retour dans la lumière en Italie après le titre de champion du monde de F1 du phénomène Kimi Antonelli, sont d'ailleurs à l'honneur lors de ce Giro.
La 11e étape arrivera à Mugello, sur un autre circuit au programme du championnat de MotoGP, et la 15e, un contre-la-montre de 37,3 km, s'élancera du célèbre "Autodrome nazionale" de Monza, théâtre du GP d'Italie de F1, pour rallier Milan.
"Les arrivées sur circuit sont une garantie de sécurité", s'est justifié M. Guercilena alors que la saison 2026 a été émaillée d'accidents graves, en particulier le décès en course du Britannique Finlay Tarling percuté par une voiture durant le Tour du Portugal.
Le premier rendez-vous important dans la course au maillot rose pourrait avoir lieu le 14 mai avec une 7e étape sous la forme d'un chrono de 19,6 km en montagne, avec une arrivée à 1068 m d'altitude après une rampe finale de 12,5 km.
Un "toit" à 2618 m
Après avoir atteint Naples, le Giro remontera vers le nord pour une deuxième semaine de transition qui se conclura par une 14e étape se terminant à Piani di Bobbio, à plus de 1600 m d'altitude après des portions à 18%.
La victoire de ce Giro devrait se décider lors de la dernière semaine notamment sur les routes menant au "toit" de l'épreuve, à 2618 m, le Passo di Gavia (16e étape) pris en sandwich entre la double ascension du Passo del Mortirolo, à Madonna di Campiglio (18e étape), après une autre double ascension, celle du Passo Durone, et sur les pentes du Monte Zoncolan (10,1 km de long, 11,9% de déclivité moyenne et des portions à 24%) à la veille de l'arrivée à Rome.
"C'est vraiment un beau parcours avec des étapes iconiques", s'est réjoui le grand espoir italien Antonio Tiberi, 5e du Giro 2024 qui a déjà en tête la 9e étape avec son arrivée à Monte Livata, "près de chez moi".
"Mon objectif est de retrouver mon état de forme de 2024 et de faire mieux que cette année", a prévenu celui qui avait fini meilleur jeune cette année là.
