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Un one-woman-show d'anthologie ! Demi Vollering remporte enfin le titre mondial avec maestria

Demi Vollering
Demi Vollering ANDREJ IVANOV / AFP

Première favorite à attaquer à 40 kilomètres de l'arrivée, Demi Vollering est partie seule avant d'être reprise et de s'imposer malgré tout dans un sprint à deux avec Kasia Niewadoma. La Néerlandaise réalise son rêve : elle est championne du monde. Les Françaises, très actives à l'avant, prennent les 5e, 7e et 9e places.

Tour de France, Giro, Vuelta, Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège, Flèche Wallonne, l'Amstel Gold Race, Strade Bianche, les championnats d'Europe : il ne manquait que le titre mondial à Demi Vollering. Elle l'a ! Au terme d'une course spectaculaire qu'elle a elle-même décanté, la Néerlandaise se pare du maillot irisé au bout de l'effort et d'un final à couper le souffle. 

Une chute terrible qui rebat les cartes

Alors que l'Américaine Natalie Quinn et la Norvégienne Marte Edseth étaient parties à l'avant très tôt dans la journée en compagnie de la Portugaise Beatriz Boxo et la Bulgare Gergana Stoyanova, très vite lâchées, une grosse chute a eu lieu à 95 kilomètres de l'arrivée, impliquant notamment la tenante du titre canadienne Magdeleine Vallières, l'Espagnole Paula Blasi et l'Américaine Kate Courtney. Mais ce sont surtout l'état de la Suédoise Caroline Andersson, inerte sur le bitume, et de l'Australienne Lauretta Hanson, qui inspiraient le plus d'inquiétude. La Mauricienne Kim Le Court, la Néo-Zélandaise Niamh Fischer-Black et les Françaises Evita Muzic et Marie Le Net ont évité le carambolage mais ont été retardées, contraintes de faire la chasse derrière le peloton tiré par les Néerlandaises. Elles ne feront jamais la jonction. 

Edseth a signé un baroud d'honneur avant d'être reprise peu après Quinn à 76 km de la fin. Désormais, le titre du film était "les Pays-Bas contre le reste du monde". Favorite, Vollering attendait son heure. À ce moment-là, la voie Camillien-Houde (1,7km à 7,3% de moyenne) était à escalader encore 5 fois et il restait moins de 40 candidates au titre suprême. 

À 60 km de l'arrivée, la course de mouvement a enfin démarré. Après Nina Berton (Luxembourg), c'est Cédrine Kerbaol qui a tenté sa chance, sans pouvoir creuser l'écart. Maëva Squiban y est allée à son tour et a pris 20 secondes d'avance dans la fameuse côte dont la pente devenait de plus en plus redoutable. À trois tours de la fin, la Française comptait 45 secondes de marge sur le peloton.

Le coup de force de Vollering

Il restait encore 40 bornes à couvrir et Puck Pieterse a dû rouler plus tôt que prévu pour Vollering. L'essorage a fait son oeuvre en mode express. Vollering s'est retrouvée seule après avoir décroché toutes ses rivales et dépassé Squiban qui est parvenue à prendre la roue de Marlen Reusser (Suisse). Un groupe de huit poursuivantes s'est formé avec trois Françaises : Célia Géry, Juliette Berthet et Squiban. 

Elisa Longo Borghini (Italie) est sortie du groupe, suivie par Géry qui semblait en difficulté dans Camillien-Houde quelques minutes plus tôt. Squiban a baissé pavillon et Reusser, double championne du monde du chrono en titre, a récupéré le duo. Vollering n'était qu'à 20 secondes à l'entame de l'avant-dernier tour. 

Dans la côte, Longo Borghini et Kasia Niewadoma (Pologne) ont attaqué dans la côte du chemin de la Polytechnique (780m à 6% de moyenne), ce qui n'a pas manqué de désorganiser le groupe de chasse. Niewadoma a remis un tour de vis, suivie de Longo Borghini avant que Berthet ne recolle, en force. Ça partait dans tous les sens. Longo Borghini a remis les gaz pour combler l'écart pendant que Reusser décollait le sparadrap Pieterse quelques mètres plus bas. La jonction a été faite mais il manquait encore Berthet qui a profité d'une accalmie pour que le trio devienne quatuor. 

Juste avant la cloche, Longo Borghini est partie en factrice, Vollering a bluffé mais elle a bien fini par assurer la poursuite. Dans la dernière occurrence interminable de Camillien-Houde, la Transalpine est restée en point de mire, à 10 secondes, le même écart qu'il restait à combler à Reusser pour revenir dans la danse. Vollering a serré la poignée, ce qui a coûté sa place à Berthet. La Néerlandaise, flanquée de Niewadoma, a repris Longo Borghini qui a craqué juste avant la bascule. 

Moins rapide au sprint, la Polonaise n'a pas donné un coup de pédale mais elle a finalement cédé alors que l'Italienne allait rentrer. Le duo Berthet-Reusser était à 20 secondes, si proche et si loin à 6 kilomètres du Graal. Dans la dernière bosse du parcours, Vollering a attaqué... et Niewadoma l'a contré ! Les deux femmes ont eu besoin de quelques hectomètres pour s'en remettre mais Longo Borghini était définitivement éliminée tandis que Reusser, désormais seule, pointait à 10 secondes. 

C'était le moment de resserrer les cales. Le mano-a-mano s'est éternisé, Longo Borghini est revenue à quelques mètres, suivie de Reusser. Niewadoma a lancé son sprint à 150 mètres et alors qu'elle semblait prendre le meilleur, elle a été victime d'une crampe à la cuisse ! Vollering s'est imposée et a remporté le dernier grand titre qui manquait à son immense palmarès. 

Berthet a pris une excellente 5e place à 39 secondes de Vollering, Géry est 7e, Squiban 9e. Des accessits qui démontrent leur grande valeur car ce fut un championnat du monde d'anthologie dans les rues de Montréal. 

 

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