133 kilomètres, 5 ascensions dont trois cols de 1re catégorie : cette 14e étape du Giro allait faire très mal et les heures en rose d'Afonso Eulálio étaient comptées, malgré toute l'abnégation du Portugais.
Une échappée s'est formée avec 23 coureurs qui avaient des objectifs différents, entre ceux qui rêvaient de gagner l'étape (Giulio Ciccone, Enric Mas épaulé de trois coéquipiers), de se rapprocher au général (David de la Cruz, Jan Hirt, Igor Arrieta, Johannes Kulset), de se parer du maillot cyclamen (Jhonatan Narvaez) ou du maillot bleu (Jardi Christiaan Van der Lee).
L'ascension du Lin Noir (1re cat., 7,5km à 7,8% de moyenne) a procédé à un sérieux écrémage. Au sommet, c'est Ciccone qui a basculé en tête devant van der Lee. L'Italien a fait la descente pour prendre de l'élan en perspective du Verrogne (2e cat., 5,6km à 6,9% de moyenne) avant de faire le rythme des rescapés. Son objectif était simple : faire le vide. Il y est parvenu partiellement et il a pris les points du grimpeur.
Avec 2'30 d'avance sur le peloton, le gain de l'étape était hautement hypothétique, surtout que la Visma-Lease a bike a mis un bon coup de poignée pour durcir le tempo et préparer l'attaque de Jonas Vingegaard. Sans surprise, Eulálio a décroché à un peu moins de 9 kilomètres du sommet.
Comme prévu, l'échappée a été maîtrisée et le Danois est parti seul juste après la pancarte des 5km. Felix Gall a lissé son effort avec David Piganzoli, coéquipier de Vingegaard et donc d'aucune utilité, sur le porte-bagage. L'Autrichien a décollé le sparadrap mais il accusait un retard de 26 secondes avec encore trois bornes à escalader.
Vingegaard s'est imposé en solitaire avec 49 secondes d'avance sur Gall et 58 sur Jai Hindley qui a devancé son coéquipier Giulio Pellizzari et Piganzoli (1'03) puis Thymen Arensman (1'23).
Le Danois est largement au-dessus de la concurrence et sauf incident, il remportera son premier Giro la semaine prochaine.
