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Depuis trois ans, la formation UAE Team Emirates - XRG marche sur le Tour de France. Bien évidemment, quand on possède un coureur générationnel comme Tadej Pogačar, on s'arrange pour l'entourer du mieux possible. Mais on s'arrange surtout pour contrôler la course.
Ce fut le cas sur l'étape du jour. Dès le départ, l'équipe émiratie s'est mise aux avant-postes, a tenu les tentatives d'échappée en laisse, a maintenu un tempo élevé pour user la concurrence, a mis son leader en position idéale jusqu'à ce que ce dernier place son attaque et éparpille tout le monde, comme souvent.
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Déjà, sur l'étape de dimanche, les échappés ont dû le fait d'aller au bout à un revirement brusque de l'équipe émiratie, qui a maîtrisé le tempo avant de renoncer, n'étant pas certaine du succès total sur l'étape. Et avec cette volonté de cadenasser la course vient le temps des critiques.
Gagner, ce n'est pas interdit
Des critiques que, malgré tout, on peut entendre. Cette vision incessante d'une équipe complète devant son leader en tête de peloton renvoie à des heures sombres. Le train de l'US Postal dans les années 2000, celui de la Sky dans les années 2010. Des éditions du Tour de France que chacun préfère oublier. Problème : beaucoup de choses peuvent renvoyer aux heures sombres du cyclisme. À peu près tout, en fait : n'importe quel coureur faisant une performance inhabituelle sera pris en grippe (sauf s'il est Français).
Néanmoins, si on peut comprendre le fatalisme, il ne faut pas tomber dans le n'importe quoi : le Tour de France est la plus grande course du monde. L'objectif de n'importe quel sponsor, c'est un retour sur investissement. Surtout quand, dans le cas de la formation UAE Team Emirates - XRG, le budget dépasse 60 millions. Mais l'objectif d'une équipe, c'est de gagner.
Pour gagner, cette équipe va chercher les meilleurs coureurs pour les transformer en équipiers. Isaac Del Toro, 2ᵉ du Tour d'Italie 2025. Adam Yates, 3ᵉ du Tour de France 2023. Brandon McNulty, Tim Wellens, Nils Politt, Felix Großschartner, Florian Vermeersch, que des machines à rouler, dont certains ont déjà fait des top 10 en Grand Tour.
Des coureurs qui pourraient prétendre à un statut de leader sur certaines courses, mais qui s'assurent un salaire confortable avec comme contrepartie l'obligation de se mettre à plat ventre pour leur leader pendant trois semaines en juillet (et en mai ou en septembre si le Slovène veut faire un autre Grand Tour), ainsi que sur les classiques : c'est un choix que chacun a fait en signant son contrat. Et c'est ce qui fait que cette formation est si dense et si impressionnante quand il s'agit de contrôler le tempo.
Et avec une telle puissance, cette équipe ne devrait pas tenter d'en profiter ? Elle devrait offrir des victoires aux autres équipes comme une œuvre de charité ? C'est le problème avec le sport professionnel actuel : il faudrait que tout le monde gagne. Non, il y a des patrons, et le patron, c'est Tadej Pogačar. Et quand il veut gagner une étape à tout prix, comme c'était visiblement le cas aujourd'hui, on se met en quatre pour le satisfaire.
Quand des équipes de sprinteurs roulent à bloc pour cadenasser des échappées, on n'entend pas autant de commentaires négatifs. La vérité est toujours la même : quand une équipe pense que son leader, quel qu'il soit, a plus de 75% de chances de gagner, elle met tout en œuvre pour que cela arrive. Pour les équipes qui n'ont pas la chance d'avoir un coureur nᵒ 1, il faut faire autrement. À quel moment est-ce devenu gênant que le meilleur gagne à la fin ?
