Déçues par la répartition des revenus, des stars du tennis vont exprimer leur désaccord à Roland-Garros

Aryna Sabalenka fait partie des joueurs qui manifesteront leur mécontentement.
Aryna Sabalenka fait partie des joueurs qui manifesteront leur mécontentement.REUTERS/Claudia Greco

Des stars du tennis, qui s'estiment lésées dans la répartition des revenus en Grand Chelem, vont manifester leur mécontentement ce vendredi lors de la journée dédiée aux obligations médiatiques à Roland-Garros, une décision que regrette les organisateurs.

Des joueurs, dont le nom n'a pas encore été dévoilé, limiteront à un quart d'heure le temps qu'ils accorderont à la presse lors du traditionnel "Media Day".

Ces quinze minutes symbolisent les quelque 15% qu'ils touchent en prize-money sur la totalité des revenus des tournois du Grand Chelem, a-t-on appris mercredi auprès d'une source proche des joueurs, confirmant des informations du journal L'Equipe. Ils refuseront d'accorder ensuite des interviews aux principaux détenteurs de droits TV du tournoi, comme France Télévisions et Eurosport, précise-t-on de même source.

Leur action intervient sur fond de tension entre les organisateurs des quatre tournois du Grand Chelem et la plupart des meilleurs joueurs des circuits ATP et WTA, dont Jannik Sinner et Aryna Sabalenka.

Le bras de fer a débuté en avril 2025 quand ces derniers ont réclamé dans une lettre aux organisateurs une meilleure redistribution des recettes aux joueurs sous forme de prize-money, qu'ils souhaitent porter de 15% environ actuellement - selon leurs calculs - à 22%.

Dans la foulée, les quatre tournois ont chacun augmenté leur dotation. Le Grand Chelem parisien a annoncé mi-avril une nouvelle hausse du prize-money global pour les joueurs qui atteint désormais 61,7 millions d'euros (+9,5%).

Des joueurs ont exprimé début mai leur "profonde déception" face à cette augmentation, alors qu'ils estiment à 400 millions d'euros les recettes prévues cette année à Roland-Garros.

Interrogée en conférence de presse en marge du tournoi de Rome sur la possibilité d'en arriver à un boycott des Grands Chelems par les meilleurs joueurs mondiaux, Aryna Sabalenka avait répondu qu'il faudrait "boycotter si c'est la seule solution pour défendre nos droits".

La Fédération française de tennis (FFT), qui organise le Grand Chelem parisien, a regretté ce mercredi la "décision des joueurs" qui, dit-elle, "pénalise l’ensemble des parties prenantes du tournoi : les médias, les diffuseurs, les équipes de la fédération et toute la famille du tennis qui suit avec enthousiasme chaque édition de Roland-Garros".

La FFT rappelle qu'en plus d'une augmentation "d'environ 45%" de la dotation de Roland-Garros depuis 2019, elle a investi "plus de 450 millions d'euros" dans les infrastructures du tournoi, dont bénéficient les joueurs pendant la quinzaine parisienne.

Une réunion entre les organisateurs de Roland-Garros et "certains des représentants" des joueurs doit se tenir vendredi.