Sans "favorite évidente" à Roland-Garros, tous les rêves sont permis

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Photo d'illustration.YAGIZ GURTUG/NURPHOTO VIA AFP

"Tout le monde aura sa chance" : comme le souligne l'Américaine Emma Navarro, à six jours du coup d'envoi de Roland-Garros (24 mai – 7 juin), aucune favorite ne se détache clairement dans le tableau féminin.

Contrairement au tableau masculin où le N°1 mondial Jannik Sinner fait figure d'épouvantail, "c'est très difficile de désigner une favorite évidente" à la succession de l'Américaine Coco Gauff, juge sa compatriote Madison Keys.

Depuis avril, les tournois de préparation n'ont cessé de sacrer des lauréates différentes : Elena Rybakina à Stuttgart, Mirra Andreeva à Linz, Elina Svitolina à Rome

Et ce sont encore d'autres joueuses qui triompheront samedi au WTA 500 de Strasbourg et au WTA 250 de Rabat, puisque aucune des principales têtes d'affiche du circuit n'a prévu de faire le détour en Alsace ou au Maroc.

Seule joueuse à avoir remporté deux trophées sur terre battue cette saison (WTA 250 de Rouen, WTA 1000 de Madrid), l'Ukrainienne Marta Kostyuk aura des arguments à faire valoir à Paris.

Mais à 23 ans, la native de Kiev n'a encore jamais dépassé les huitièmes de finale à Roland-Garros, ni les quarts de finale en Grand Chelem (Open d'Australie 2024).

Finaliste à Paris en 2025, la N°1 mondiale Aryna Sabalenka fait naturellement partie des prétendantes et aura certainement à cœur de faire oublier le chapelet de fautes directes (70 en finale) qui avait plombé sa quête d'un premier trophée porte d'Auteuil.

Intraitable sur dur, où elle a gagné coup sur coup les WTA 1000 d'Indian Wells et Miami, la patronne du circuit est moins souveraine depuis le début de la saison sur terre battue.

Absente sur blessure à Stuttgart, la Biélorusse a disparu en quarts de finale à Madrid puis dès le troisième tour à Rome.

Swiatek attend depuis 2024

"On ne peut jamais exclure Aryna Sabalenka de la liste des prétendantes", se méfie cependant Madison Keys"Même après quelques semaines qu'elle qualifiera sans doute de décevantes, on sait qu'elle peut battre n'importe qui, n'importe quand", insiste auprès de l'AFP la lauréate de l'Open d'Australie 2025.

Parmi ses favorites, l'ex-5ᵉ mondiale cite également Marta Kostyuk, la tenante du titre Coco Gauff, la quadruple gagnante de Roland-Garros Iga Swiatek (3ᵉ mondiale), voire la Roumaine Sorana Cirstea (27ᵉ), qui réalise à 36 ans et pour sa dernière année sur le circuit une des meilleures saisons de sa carrière (titre à Cluj-Napoca, demi-finale à Rome).

Et la lauréate du dernier Open d'Australie Elena Rybakina (2ᵉ) est "une joueuse très complète, très difficile à battre", rappelle Emma Navarro, demi-finaliste de l'US Open en 2024. "Tout le monde aura sa chance", pressent l'Américaine, ancienne membre du top 10 (8ᵉ en 2024).

Parmi les spécialistes de la terre battue, Iga Swiatek et Mirra Andreeva auront évidemment des arguments à faire valoir. Sextuple lauréate en Grand Chelem, la Polonaise n'a cependant soulevé aucun trophée sur la surface ocre depuis son dernier titre porte d'Auteuil, en 2024.

Entraînée depuis peu par l'ancien coach de Rafael Nadal, Francisco Roig, elle a commencé timidement sa saison sur terre battue (quart de finale à Stuttgart, abandon au 3ᵉ tour à Madrid) mais a atteint à Rome sa première demi-finale de la saison, en infligeant au passage deux corrections à l'ex-N°1 mondiale Naomi Osaka (16ᵉ) et Jessica Pegula (5ᵉ).

Andreeva, demi-finaliste de Roland-Garros à 17 ans en 2024, a elle brillé par sa régularité ces dernières semaines. La Russe a atteint au moins les quarts de finale de chacun des tournois sur terre battue auxquels elle a participé.

Victime en 2025 de la sensation française Loïs Boisson, qui l'avait éliminée en quarts de finale alors qu'elle n'était classée que 361ᵉ mondiale, Andreeva est néanmoins bien placée pour savoir qu'à Paris, le danger peut venir de partout. Particulièrement en 2026.