Tous sont là depuis plusieurs décennies, mais aucune ne s'est imposée comme une marque majeure dans le sport, du moins en France. Certaines sont allemandes, d'autres japonaises, voire chinoises – cela reste difficile pour toucher le public le plus large possible.
Économiquement, elles ont toutes connu des hauts et des bas. Aujourd'hui, une domine les autres sur le marché européen : Tibhar (créée à la fin des années 1970). Avec les frères Lebrun comme fer de lance, l'entreprise allemande a pris de l'avance, notamment en France.
Il y a le haut niveau avec toutes les campagnes de sponsoring que cela implique pour être rentable, mais il y a aussi le monde amateur qui représente l'autre source principale de revenus. Sur une compétition de la World Table Tennis, les enjeux sont très importants et les équipementiers ont un coup à jouer, aussi bien sur le plan marketing que sur le plan humain. Beaucoup de pongistes sont séduits par les collections proposées, d'autant que cela leur permet aussi de s'exprimer à la table.
Nul doute que Tibhar a vendu de nombreux revêtements et de bois estampillés "Lebrun". Et pour rivaliser, ce n'est évidemment pas une mince affaire. À ce jeu-là, il y a Butterfly, une marque japonaise, fondée au début des années 1950, qui a grandement compté dans l'univers du ping.
Mettre en parallèle ces deux trajectoires semble relativement pertinent au regard de la dynamique insufflée depuis plusieurs années dans toute la France.
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Une concurrence qui reste saine
Interrogés dans les couloirs de la Sud de France Arena, à Montpellier, plusieurs responsables de deux marques différentes, sur le territoire français, témoignent d'une concurrence saine. La bataille commerciale n'étant jamais très loin, on pourrait facilement croire à une mauvaise entente entre les différentes marques.
Après une "photo prise collectivement", on nous assure qu'ils sont bien rivaux seulement dans les chiffres. En effet, pour la grande majorité d'entre eux, ils sont ou ont été pongistes, et se connaissent plutôt bien depuis de nombreuses années. Une complicité relative qui aide aussi à tirer tout le monde dans le même sens. À l'arrivée, c'est le ping qui en sort grand vainqueur – surtout quand on regarde l'affluence des spectateurs dans les stands.
Une effervescence qui réjouit les responsables et qui démontre une énième fois l'engouement pour l'univers du ping. Financièrement, pouvoir être présent à Montpellier est une aubaine et ce n'est pas le cas dans chacune des salles qui accueillent la WTT.
En ce sens, Tibhar a été particulièrement aidé par les partenariats judicieux qu'ils ont noués dernièrement. Avec les frères Félix et Alexis Lebrun, mais aussi avec la Fédération française de tennis de table qui arbore la marque depuis 2024. Cela a permis à l'équipementier allemand d'attirer plusieurs publics, pas seulement celui du haut niveau qui s'avère être la vitrine. Derrière, il y a le monde amateur et celui-ci a clairement adopté Tibhar.
Toutefois, ce qui est intéressant à voir est l'intérêt toujours aussi important pour les autres marques comme Gewo, Andro, Victas, Donic, Stiga ou encore Butterfly. À noter que d'autres joueuses et joueurs français sont sponsorisés par ces concurrents-là et cela pèse dans la balance globale. Simon Gauzy est chez Andro, Prithika Pavade est chez Gewo, Flavien Coton est chez Donic, tandis que Thibault Poret est chez Stiga depuis peu.
Mais donc Butterfly a pendant très longtemps été l'unique – ou presque – référence en matière de tennis de table. Pour le matériel, la marque japonaise produit du contenu premium et ce n'est pas un hasard si, à haut niveau, de très nombreux pongistes sont équipés avec. Les Lebrun étaient chez Butterfly avant de rejoindre Tibhar.
Un responsable nous confiait que les spectateurs venus en nombre à Montpellier sont toujours séduits par l'équipementier japonais. Cela s'explique en partie du fait qu'il n'y ait plus de points de vente en France.
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Des stratégies multiples
Il y a le sportif et le commercial où deux mondes doivent pouvoir trouver leur place. Cela va dans les deux sens, car les deux marques doivent pouvoir trouver leur public alors que celui-ci cherche la même chose. Les marchés sont spécifiques, même si tout s'est internationalisé depuis plusieurs années. Li-Ning qui existe en Chine depuis le début des années 1990, a longtemps échappé aux Européens.
Mais quand on voit le succès du stand de la marque à la Sud de France Arena, il est évident que personne n'est laissé sur le côté. Le succès est populaire, bien que les grands gagnants soient probablement Tibhar grâce à un nombre impressionnant de spectateurs habillés aux couleurs des Lebrun.
Les maillots floqués sont une vraie réussite et chaque équipementier a tout intérêt à en faire la promotion avec ses joueurs sponsorisés.
À savoir que les stratégies liées au haut niveau sont, par exemple, gérées au siège de la marque, nous confiait un responsable de Butterfly. Il faut désormais travailler de concert pour gagner des parts de marché. Et Butterfly sait que la "fanbase" est toujours présente grâce à un historique puissant.
En revanche, la marque au papillon a conscience du retard qu'elle a accumulé sur le plan de la communication quand on sait qu'aucun joueur français n'est sponsorisé chez elle. Ne serait-ce que durant la décennie passée, les meilleurs pongistes de l'hexagone portaient tous du Butterfly. C'est du business et les tendances ont clairement changé. Par ailleurs, il est intéressant de constater que de nombreux équipementiers se développent sans budget depuis quelque temps. À voir comment cela évolue à moyen ou long terme, mais cela prouve que l'intérêt pour le ping se voit à tous les étages.
Et comme nous soufflait un responsable de la marque Tibhar, il ne faut pas oublier les 3 000 clubs français qui portent les couleurs des différents équipementiers, pour lesquels il faut évidemment développer des stratégies importantes.
Quoi qu'il en soit, ces acteurs principaux du ping semblent toujours aussi concernés par les enjeux actuels, alors que le meilleur est à venir.
