Ce n'est pas tous les jours que l'on fête un centenaire. En 2027, la Fédération française de tennis de table (FFTT) célébrera ses 100 ans. Un événement majeur dans sa planification (sportive) de la décennie. Au-delà de la statistique, cela devrait lui permettre de mettre en avant certains acteurs perdus de vue et surtout de rappeler sa riche histoire que beaucoup d'observateurs ont probablement oubliée.
Depuis 2023, le ping français a de nouveau hissé son drapeau au sommet de la hiérarchie mondiale. Félix et Alexis Lebrun ont éclos et avec eux toute une génération qui voit enfin l'occasion de vendre sa discipline qui n'était plus attractive depuis une vingtaine d'années.
Mais au-delà des résultats, les deux frères âgés de 20 et 23 ans ont entraîné joueurs, entraîneurs, dirigeants dans une spirale médiatique sans précédent. Parallèlement, la Fédération internationale s'est réinventée afin de coller aux exigences du sport de haut niveau moderne. Avec ses imperfections, certes, un nouveau circuit (la WTT) permet une vitrine non négligeable à l'ensemble des meilleurs joueurs. Historiquement, l'Asie a toujours été sur le devant de la scène et cette récente métamorphose globale profite davantage aux autres continents. Ainsi, l'Europe et donc la France progressent à la table, mais pas que.
La visibilité est grandissante et la FFTT le sait. Une première date à retenir est l'arrivée de l'actuel président Gilles Erb en décembre 2020. Son premier mandat a été marqué par la réussite des Jeux olympiques 2024, mais ce n'était que le début.
Sur le plan de la communication, tout a changé avec une présence bien plus importante sur les réseaux sociaux afin d'offrir plus de contenus aux fans, nous souffle un membre de la communication présent à Montpellier. En 2025, l'identité visuelle a été changée. Elle a été quelque peu décriée, mais cette décision a également marqué la volonté de vouloir changer d'ère pour se conformer encore davantage aux codes actuels.
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Des moyens plus importants…
À l'intérieur des murs, c'est le pôle tout entier qui a vu ses rangs grossir avec plus de moyens. Beaucoup de vidéos et de photos sont désormais à disposition. Le grand public peut plus facilement suivre l'actualité des équipes de France et le pongiste licencié particulièrement passionné par sa discipline peut désormais constater que la dynamique positive ne se trouve plus seulement dans les nombreux gymnases qui abritent des clubs de ping aux quatre coins de la France.
En 2027, nul doute que ces deux publics se retrouveront dans la grande fête que sera le centenaire. En mars 1927, la FFTT naissait grâce à l'intervention de dirigeants issus du tennis, alors que l'ITTF avait vu le jour l'année précédente. Sport de premier plan en Asie, le tennis de table n'est jamais devenu un sport majeur chez les Françaises et les Français, mais certains comme Jacques Secrétin et Jean-Philippe Gatien ont été des pionniers pour faire rayonner leur discipline. Félix et Alexis Lebrun font partie de ceux-là.
Et pour les accompagner au mieux, la FFTT doit leur donner des moyens de s'exprimer à domicile. En 2024, le WTT Champions de Montpellier a vu le jour alors qu'aucune compétition de ce type n'avait encore eu lieu depuis le début du nouveau circuit en 2020.
Historiquement, la France a déjà accueilli les Championnats du monde (en 2013, 2003, 1947, 1934), mais la portée d'un tel événement n'a jamais tenu autant de promesses qu'aujourd'hui. En ce sens, les deux prochaines Coupes du monde – une compétition qui se tient chaque année – auront lieu sur le territoire français. La Sud de France Arena, à Montpellier, a été choisie pour 2027, alors que son WTT Champions disparaîtra au profit d'une autre ville après trois éditions pourtant réussies.
Entre la FFTT et l'ITTF, la collaboration étroite profite aux deux institutions et ce n'est pas seulement le gratin mondial qui est récompensé.
Cette année, d'autres compétitions estampillées WTT ont eu lieu en France comme les Feeder de Lille et d'Hennebont. Mieux encore, avec l'arrivée d'un troisième Feeder la saison prochaine (à Haguenau), alors que la ville nordiste accueillera un Contender, soit un tournoi d'une plus grande envergure encore.
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… à tous les niveaux
La communication et la compétition sont passées dans une autre dimension, mais tous les pôles travaillent plus que jamais en concertation, nous dit-on du côté de la Sud de France Arena.
Toujours dans le but de faire rayonner le ping français, il convient de mener une multitude d'actions diverses et variées. Tout récemment, la FFTT a participé à sa façon à la campagne de sensibilisation pour le dépistage du cancer du sein. Les équipes de France ont notamment porté un maillot teinté de rose aux Championnats d'Europe 2026 mi-octobre. La "Fédé" veut faire oublier l'image qu'elle traîne depuis plusieurs années, à savoir celle d'une institution dépassée.
Sur le plan marketing, la FFTT fait équipe avec l'équipementier allemand Tibhar depuis la fin des JO 2024, comme les Lebrun. Une collaboration qui a donc du sens et qui permet forcément de travailler dans la même direction plus facilement.
Globalement, Gilles Erb et l'ensemble de ses pôles ont mis plus de moyens humains. Il n'y a qu'à voir le nombre de personnes dépêchées à Montpellier à l'occasion de ce dernier Champions. Année après année, le représentant institutionnel du ping français prend la pleine mesure du phénomène pongistique et fait de son mieux pour accompagner ses actrices et ses acteurs, tout en nouant un lien le plus étroit possible avec son public.
Avec une fin de mandat prévue du président Erb pour 2028, soit quelques mois après les Jeux olympiques de Los Angeles, chacun se met à rêver quant aux résultats grandissants. Et la bonne nouvelle est que les plus jeunes sont nombreux à vouloir toquer à la porte des équipes de France…
