Les soeurs Lassource prolongent la tradition des fratries du handball tricolore

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Les soeurs Lassource prolongent la tradition des fratries du handball tricolore
Coralie Lassource et sa soeur Déborah veulent gagner ensemble sous le maillot bleu.
Coralie Lassource et sa soeur Déborah veulent gagner ensemble sous le maillot bleu.
AFP
Sept ans et près de 600 kilomètres séparent Coralie et Déborah Lassource, deux soeurs handballeuses réunies par l'équipe de France, signant pour le moment un sans faute à l'Euro-2022.

Les Français ont eu leur lot de fratries médaillées, des frères Bertrand et Guillaume Gille à Nikola et Luka Karabatic. Coralie et Déborah Lassource pourraient ouvrir la série dans le handball féminin si les championnes olympiques remportent l'Euro la semaine prochaine.

En attendant la récompense ultime et surtout le début de leurs matches dans le tour principal dimanche (20h30) face au Monténégro, le Championnat d'Europe offre déjà des moments rares de proximité à la capitaine de Brest et celle de Paris 92.

"Ce tournoi nous rapproche forcément car on ne se voit pas souvent le reste du temps pendant la saison", décrit Coralie Lassource, 30 ans, qui évolue en Bretagne.

"Les stages en équipe de France nous permettent de créer des liens qu'on n'a pas la chance de pouvoir tisser en temps normal. On ne se voit qu'à Noël et pendant les grandes vacances… quand on en a", poursuit l'ex-capitaine des Bleues, meilleure ailière tricolore depuis le début de l'Euro-2022 (8 buts en 10 tirs).

"comparée beaucoup à ma soeur"

Leurs parcours parallèles laissent supposer que Déborah Lassource a voulu suivre son aînée. Impression vite démentie par l'exposé de leurs débuts dans le handball.

"On a vécu quatre ans dans un quartier assez chaud en Martinique, entre mes 10 et 14 ans, et je n'avais pas le droit de sortir", raconte Coralie.

"A côté de chez nous, il y avait un gymnase, on entendait des coups de sifflets les week-ends. Un jour, on a poussé la porte en famille, c'était du handball. Je me suis dit +top, ce sera un moyen pour moi d'échapper à la maison+. Malheureusement pour Déborah, elle a été contrainte d'en faire", rigole-t-elle.

"J'étais très bien à la maison, répond sa soeur cadette, sélectionnée en bleu pour la première fois en mars. Je voulais rester tranquille et ne pas faire de sport. Ce n'était pas très concluant au début."

C'est quand la famille a fait son retour en région parisienne, à Massy, que la future arrière gauche a accroché à la balle collante. Moins aux comparaisons à sa soeur.

"Chez les jeunes, on a eu les mêmes coaches, décrit Déborah Lassource. Ils me comparaient beaucoup à ma soeur, ça m'énervait… Je leur faisais savoir et ils finissaient par arrêter au fil du temps."

"expérience plus belle"

La cadette, 23 ans, cultive une certaine indépendance. "Il y a une belle complicité entre elles deux, observe le sélectionneur Olivier  Krumbholz. Déborah, même si elle est beaucoup plus jeune, a une vraie personnalité. Coralie peut l'aider mais celle qui aide le mieux Déborah… c'est Déborah."

L'épisode de sa rupture d'un tendon d'Achille à l'entraînement en plein rassemblement des Bleues et avant même sa première sélection en novembre 2020 l'illustre.

"Quand elle s'est blessée, de l'extérieur, on aurait dit que je le vivais plus mal que Déborah. Elle restait sereine", se rappelle Coralie.

"Il y a eu du doute, livre la petite soeur. Mais je me suis rassurée toute seule au quotidien. J'avais besoin de me prouver à moi-même que j'étais capable de surmonter cela seule, pour forger mon mental."

Revenue au plus haut niveau pour disputer son premier tournoi international, elle est parfois associée côté gauche à Coralie. "Je trouve que ça rend l'expérience plus belle", témoignait cette dernière après la démonstration contre la Roumanie (35-21). "Quand elle m'a créé un décalage, je me suis dit "Oh c'est ma soeur qui vient de me faire une passe."