Metz remporte la première Ligue des champions de l'histoire du handball féminin français

Metz remporte la première Ligue des champions de l'histoire du handball féminin français
Metz remporte la première Ligue des champions de l'histoire du handball féminin françaisPhoto par ATTILA KISBENEDEK / AFP

L'exploit est monumental : le Metz Handball a réussi à venir à bout de Györ, double tenant du titre, pour remporter sa toute première Ligue des champions de son histoire ! C'est aussi le tout premier sacre européen du handball féminin français dans une finale rêvée entre les deux meilleures équipes d'Europe.

L'histoire du handball féminin français s'écrit ce dimanche à Budapest. Metz Handball devient le premier club tricolore sacré champion d'Europe en dominant le géant hongrois Györ, double tenant du titre, en finale de la Ligue des Champions (31-29), au terme d'un match d'une intensité rare devant plus de 20 000 spectateurs au MVM Dome. Un titre qui efface des années de frustration, après quatre éliminations en demi-finale, dont une particulièrement cruelle la saison passée contre Odense, alors que les Messines comptaient sept buts d'avance à vingt minutes du terme.

La rencontre démarre sous les meilleurs auspices pour Györ, qui dispute là son 11e Final Four et compte déjà sept étoiles à son palmarès. Stanko ouvre le score pour les Hongroises, et si Valentini égalise rapidement, l'ogre de Hongrie prend vite le contrôle du match. Bruna de Paula, ancienne capitaine de Metz reconvertie en bourreau de son club formateur, fait mal dès les premières minutes, et Hatadou Sako, l'internationale française dans le but hongrois, déjà auteure de 24 arrêts au match aller, entretient le doute dans les rangs messins. Györ mène 7-5 à l'approche de la 10e minute.

Mais Metz ne cède pas. Le duo Léna Grandveau, meilleure passeuse de la compétition, et Sarah Bouktit fait des merveilles. Bouktit est impériale aux jets de sept mètres, Granier apporte ses buts précieux sur l'aile droite, et les Dragonnes restent dans le match malgré les assauts hongrois. Les deux équipes se rendent coup pour coup dans un premier acte de haute intensité. À deux minutes de la mi-temps, Borg arrache un penalty que Albek convertit pour égaliser à 17-17. Dans la foulée, Emmanuel Mayonnade sort le grand jeu : il fait attaquer ses joueuses à sept contre six, sans gardienne, et c'est encore Bouktit, sur une passe lumineuse de Borg, qui inscrit le but de la mi-temps à trois secondes de la sirène. Metz rentre aux vestiaires en tête (18-17), avec neuf buts au compteur pour la seule Bouktit.

Au retour des vestiaires, les Messines entament un récital. Grandveau et Bouktit font parler leur entente incroyable, Axner monte en puissance après un début de match difficile (0/4 au tir en première période) et Bundsen, de retour dans les buts après l'intermède Novotna, multiplie les arrêts décisifs. Metz s'envole, inscrit une série de buts et prend jusqu'à six longueurs d'avance à un quart d'heure du terme (22-28). Pour Györ, c'est l'incompréhension. Per Johansson, le coach hongrois, presse ses joueuses et les fait même attaquer à sept contre six, mais rien n'y fait.

Le dernier quart d'heure vire au thriller. De Paula refuse de capituler et tient Györ en vie à elle seule. Metz accumule les pertes de balle, Axner et Borg rendent des ballons précieux, et les Hongroises reviennent inexorablement. À sept minutes de la fin, Grandveau reçoit un violent coup en plein visage de Breistol, qui écope d'un carton rouge après visionnage vidéo et doit quitter le terrain, coup dur pour les Messines. Györ revient à deux buts (29-31) et le MVM Dome retient son souffle.

Mais Bundsen est là. Et Granier provoque un passage en force capital qui redonne le ballon aux siennes dans les ultimes secondes. Le coup de sifflet final déclenche une explosion de joie : 31-29, titre historique pour les Dragonnes d'Emmanuel Mayonnade, qui récompense des années de travail et efface définitivement le spectre des demi-finales maudites.