Il y avait de quoi y croire. Ce mercredi à Lasko (Slovénie), l'équipe de France féminine de futsal a longtemps fait douter l'Espagne, triple championne d'Europe en titre et deuxième nation mondiale, avant de s'incliner (5-2) pour son premier match du Tour Élite de qualification à l'Euro 2027.
Tout avait pourtant parfaitement commencé pour les Bleues. Dès la première minute, Faustine Pellegry, meilleure buteuse de l'histoire de la sélection, récupérait le ballon dans son camp, remontait le terrain et déclenchait une frappe lointaine qui prenait de court la portière espagnole Elena Gonzalez. Pendant dix minutes, les Françaises ont tenu leur rang, avec une Flavie Papin impériale dans les cages. Mais l'Espagne a fini par égaliser à la 11e minute, quand Irene Cordoba a conclu à bout portant après un premier arrêt de la gardienne tricolore sur une tentative de Maria Sanz.
Le tournant du match est intervenu juste avant la pause. Sur une sixième faute espagnole, Papin a repoussé la frappe d'Antia, mais Maria Sanz a suivi pour donner l'avantage à son équipe (2-1, 20e), à quelques secondes de la mi-temps. Un but d'autant plus difficile à digérer, comme l'a reconnu Émilie Trimoreau, que "cela change beaucoup de choses". Au retour des vestiaires, l'Espagne a creusé l'écart de façon inattendue : depuis les abords de sa propre surface, Elena Gonzalez, battue d'entrée par Pellegry, a pris sa revanche en lobant Papin, un peu courte (3-1, 23e).
Les Françaises ont ensuite payé leurs erreurs. Eva Gonzalez a profité d'une passe interceptée pour battre Papin en tête-à-tête (4-1, 34e), puis Irene Cordoba a signé un doublé d'une frappe en lucarne après avoir récupéré un ballon perdu par Laura Lacoste (5-1, 38e). Laure Boissinot a sauvé l'honneur dans la foulée, en contrant un dégagement d'Antia avant de conclure du droit (5-2, 39e).
Malgré le score, la sélectionneuse française a retenu le positif. "Globalement, je trouve que le score est sévère. On a payé cash quelques petites erreurs et on leur a facilité certaines situations. En dehors de cela, Flavie a réalisé un très grand match et effectué de nombreux arrêts", a-t-elle estimé. Émilie Trimoreau a surtout dit sa fierté face à l'engagement de ses joueuses : "On leur avait demandé de tout donner et personne n'a lâché. Tout le monde s'est engagé à fond dans le projet. C'est par cet état d'esprit que l'on peut accomplir de belles choses. Il y a forcément de la déception, mais aussi beaucoup de points positifs à retenir."
Pour elle, la qualification ne se jouait de toute façon pas face à l'Espagne : "On savait que l'Espagne était le gros morceau du groupe. La qualification ne se jouera pas ce soir, elle se jouera sur les deux prochaines rencontres. Il faudra gagner demain pour s'offrir une finale face à l'Italie, une autre grande nation, comme nous l'avions imaginé au départ." Les Bleues retrouvent la Slovénie jeudi (19h00), avant une possible finale samedi (15h00) contre l'Italie.
