Comment ça va ? Vous en êtes où dans la préparation ?
On a terminé nos derniers entraînements à la vague ce matin. On a fait une belle préparation athlétique ces dernières semaines pour le Final Four. Là, on est sur une fin de préparation, on prépare le match de demi-finale.
Comment vous vous sentez ? C'est une fin de saison qui se prolonge de façon sympathique…
On se sent plutôt bien, on est assez calmes et sereins. On sait qu'on a bien travaillé, on va récupérer nos joueurs qui étaient blessés ces derniers temps, du moins ceux qui l'étaient à court terme. Ça va faire du bien. On est conscients du match qui nous attend et on a bien préparé, voilà. On est en position d'outsiders bien évidemment : sur cette demi-finale, Palma est trois fois championne d'Europe d'affilée et ils sont favoris. Donc nous, on est dans cette position d'outsider pour aller chercher quelque chose.
Comment vous gérez ces quelques jours avant le match ? Vous êtes impatient, excité ?
Plus ça approche, plus on y pense. On y pensait déjà les jours d'avant, même quand on avait des matchs à jouer. Là, voilà, on a hâte. Il nous reste encore quelques jours d'entraînement, on part demain, on arrive là-bas, on va s'entraîner, prendre nos marques sur le parquet. Et on a vraiment hâte d'en découdre et de commencer la bataille face à Palma.
Comment on prépare une demi-finale contre un club comme Palma, qui est une référence au niveau européen ?
On a eu la chance de les avoir joués en match de poule. C'était déjà un gros match avec une grosse intensité. On les connaît, on connaît leurs qualités et aussi leurs défauts. De notre côté, on a aussi travaillé sur nous-mêmes, c'est-à-dire sur notre jeu. On a cherché à être concentrés sur nos propres qualités. On connaît les leurs, on est préparés, et on a des réponses tactiques par rapport à leur style de jeu. On va essayer de mettre ça en place.
"Il faut être prêt physiquement"
Et quelle est la différence entre préparer ce Final Four et préparer des matchs de championnat ?
On sait que l'intensité, quand on est dans les 4 derniers clubs européens avec des joueurs de ce calibre, va être au maximum. Donc il faut être prêt physiquement. Les préparateurs nous ont mis en tout cas dans les meilleures conditions pour ça. L'approche est forcément un peu différente. Il y en a parmi nous qui ont déjà joué un Final Four, qui savent à quoi s'attendre. Mais en tout cas, on est prêts, on a envie de prouver qu'on peut être champions d'Europe.
Qu'est-ce que vos coéquipiers qui ont déjà joué ce Final Four vous ont conseillé ?
Il n'y a pas eu énormément de conseils à donner, je pense. Ce qu'il faut, en tout cas pour performer sur ce Final Four, c'est de ne pas se réinventer, de rester soi-même. Nous, on s'appuie sur nos qualités. Et c'est comme ça qu'on performe et qu'on va performer : en restant nous-mêmes.
Avez-vous changé quelque chose dans votre routine de préparation en vue de ce Final Four ?
Non, personnellement, je n'ai rien changé. Ça fait déjà un moment que j'avais mis des choses en place pour performer au haut niveau. Ma routine me convient : sur l'aspect psychologique, l'approche des matchs, tout ça. Je suis resté là-dessus.
En futsal, on dit souvent que le gardien est le premier attaquant. Comment vous analysez votre rôle au sein de l'équipe ?
Le rôle du gardien est déjà, rien que dans une équipe, très important. Je compte bien être au meilleur de ma forme pour aider l'équipe. Sur l'aspect offensif, le fameux "premier attaquant", mon objectif est d'abord de très bien défendre ma cage. Je ne suis pas quelqu'un qui apporte une contribution offensive hyper ciblée comme certains gardiens peuvent le faire et qui se créent un surnom pour ça. J'essaie de monter avec le ballon quand je peux, d'impacter les défenses adverses parce que je pense avoir une bonne qualité de frappe. Mais je reste dans mon registre, dans ce que je sais faire de mieux.
Comment on se prépare à affronter les meilleurs finisseurs du monde ?
Je regarde les matchs de Palma. Je sais à quel genre de tireurs j'ai affaire. Sur les séances spécifiques avec notre entraîneur des gardiens, on travaille sur plein d'aspects. Mais on ne change pas radicalement les choses non plus. On a aussi de très gros frappeurs dans notre équipe, donc on a des frappes au quotidien qui sont de très grande qualité. On travaille aussi grâce à nos propres coéquipiers, et c'est comme ça qu'on avance et qu'on progresse.
"On est contents et conscients de pouvoir écrire l'histoire"
En tant que capitaine, vous avez un rôle particulier avant ces matchs, notamment auprès des plus jeunes ?
Bien sûr, on a un rôle. Mais on a la chance d'avoir plusieurs leaders dans cette équipe, plusieurs capitaines. C'est d'autant plus facile parce que chacun peut amener son expérience et mettre tout le monde en confiance : parler aux plus jeunes qui ont peut-être un peu moins de bouteille pour aborder ce genre de match.
Comment vous sentez le vestiaire, le groupe, à trois jours du match ?
C'est un groupe qui vit toujours très bien. Il y a toujours autant de rigolades, même à l'approche de l'événement. On est concentrés, déterminés, et je dirais que le groupe est calme et serein. On sait que le match du vendredi va être très important. Mais là, pour l'instant, c'est plutôt tranquille.
Avez-vous la sensation de vivre quelque chose d'historique ?
Je ne sais pas si on le réalise pleinement. On sait que c'est quelque chose d'historique, en tout cas pour le club, pour nous aussi. C'est un groupe qui a beaucoup travaillé pour en arriver là, donc on n'est pas surpris au regard de la qualité de l'effectif. Mais on est contents et conscients de pouvoir écrire l'histoire. Et il ne s'agit pas juste de participer à ce Final Four : il s'agit vraiment de performer. Tout reste à faire pour continuer à écrire la suite.
Vous n'étiez donc pas surpris d'arriver jusqu'à ce Final Four ?
Surpris, non. Comme je vous l'ai dit, c'est un groupe avec d'excellents joueurs, beaucoup de qualité, et on travaille pour en arriver là. Donc non, pas de surprise au vu de ce qu'on a dans cet effectif.
"La Mayenne va être très bien représentée"
Vous avez quasiment tout connu avec Laval. C'est d'autant plus particulier pour vous d'arriver à ce stade ?
Oui, carrément, c'est particulier. Comme vous l'avez dit, j'ai grandi en même temps que le club a grandi. J'ai pu voir plusieurs étapes du chemin parcouru. J'ai une satisfaction toute particulière parce que ça n'a pas toujours été simple. Mais on est toujours restés ambitieux, on a toujours cru dans ce qu'on faisait, dans nos objectifs. On n'a jamais rien lâché, et aujourd'hui, ça nous a permis d'arriver jusque-là. Je suis très fier du parcours du club et de pouvoir y avoir participé à ce développement.
En étant un enfant de Laval, ça doit aller même au-delà du futsal, non ?
Bien sûr, il y a une grande fierté en tant que Mayennais de représenter la Mayenne en Coupe d'Europe. Et on a la chance d'avoir un public qui va venir en nombre nous soutenir là-bas. La Mayenne va être très bien représentée.
Vous avez famille et proches qui font le déplacement en Italie ?
Ouais, il y a un peu de monde, des proches qui vont être présents. Ça va être top.
C'est quoi, selon vous, la touche lavaloise qui vous a permis de bousculer la hiérarchie européenne ?
La touche lavaloise, déjà dans le projet, c'est à l'image de nos présidents. On a deux présidents qui sont de gros bosseurs, ils ont voulu un projet ambitieux, et ils ont su recruter les bonnes personnes, les bons joueurs, le bon staff. Et puis on a énormément de monde en Mayenne qui croit en nous, qui croit dans le projet. Ça a créé quelque chose de sympa, une vraie ferveur autour du futsal en Mayenne. On profite de ça aussi.
On parle souvent de l'ambiance à l'Espace Mayenne. À quel point ça vous porte, vous, d'avoir ces supporters avec vous, même dans de grands déplacements européens ?
On a des supporters qui nous suivent dans les moments les plus importants et qui en plus nous donnent de la voix. Quand on voit nos proches, nos familles, les supporters, les partenaires, les abonnés qui sont là, qui encouragent à tout donner et qui font autant de kilomètres pour venir nous voir… On a même un supporter qui est venu en vélo de Laval jusqu'à Pesaro ! Forcément, ça nous donne une force supplémentaire. On se bat déjà pour nous, pour le club, et puis pour eux aussi. C'est tout un ensemble. Donc ça nous donne encore plus de force.
"Je ne dirais pas "petit Poucet", plutôt outsider"
Quelle a été l'importance du discours du coach dans cette épopée européenne ?
Le coach croit dans ses joueurs, dans son effectif. Il apporte un apport tactique assez important, il nous met de la rigueur sur le plan tactique. Et puis c'est un entraîneur qui travaille avec tout son staff, un staff qui nous fait très bien travailler au quotidien, tout au long de la semaine. C'est par le travail qu'on est arrivés là.
Pour ce Final Four, vous êtes présentés comme les petits Poucets face aux ogres espagnols et portugais. C'est un statut qui vous convient ?
Oui, bien sûr. On n'a pas de souci avec ça. On est les outsiders, c'est la réalité. Eux, historiquement, ils ont déjà fait des Finals Four. Nous, sur le club de Laval, c'est le premier. Je ne dirais pas "petit Poucet" parce que pour moi ce n'est pas le bon mot. Outsider, c'est plus juste. Évidemment, ils nous voient comme plus petits, mais nous, on va arriver sereins et se battre avec nos armes. Et on en a, des armes, parce qu'on a un groupe de très grande qualité avec de grands joueurs.
C'est quoi le principal danger de Palma en demi-finale ?
Le principal danger, c'est d'être timides face à l'événement, de ne pas être nous-mêmes, de ne pas jouer notre jeu et de mal commencer la rencontre. Si on arrive à rester nous-mêmes et à fournir les efforts les uns pour les autres, on répondra présent. Et après, ce seront les détails qui feront la différence, comme dans tout grand match de haut niveau.
Et à l'inverse, c'est quoi le facteur X de Laval pour aller au bout ?
Le facteur X, c'est le groupe. C'est que chacun amène quelque chose à l'équipe. C'est un groupe qui vit très bien, qui se bat les uns pour les autres. Et comme je vous l'ai dit, si on arrive à être nous-mêmes et à faire ce qu'on sait faire, on va performer. Je dirais que c'est un peu bateau, mais c'est l'équipe : qu'on soit au service de l'équipe, et on a des fortes individualités pour faire la différence.
"J'étais vraiment loin de penser qu'on pourrait arriver jusqu'ici"
Vous avez commencé le futsal un peu par défaut, entre guillemets. Vivre toutes ces émotions aujourd'hui, c'est extraordinaire ?
Bien sûr. J'ai commencé par le foot, je ne connaissais pas le futsal. Mais des fois, des échecs créent d'autres opportunités. C'est ce qui m'est arrivé : par un échec dans le football, j'ai eu cette opportunité-là, on me l'a donnée, je l'ai prise, j'ai découvert et j'ai kiffé. Après beaucoup de travail, j'ai grappillé les échelons et je ne regrette rien du tout. Je suis très content du parcours.
Si vous deviez donner un conseil au jeune Louis Marquet qui débutait dans le futsal, vous diriez quoi ?
Un des grands facteurs de réussite, c'est le travail et de toujours croire en soi. Ce qui fait qu'aujourd'hui j'ai pu arriver au moins jusque-là, c'est le travail et d'avoir toujours cru en ma discipline et en moi.
Vous imaginiez, en débutant, pouvoir un jour mettre Laval sur le toit de l'Europe ?
Au tout début, non. Je n'y pensais pas du tout. On était en Ligue 2, et après on est descendus en Régionale 1. J'étais loin de penser à ça. Mais plus les années passaient, plus les ambitions grandissaient. Et en arrivant jusqu'ici, même si le club a grandi très vite, je dois dire qu'au départ, j'étais vraiment loin de penser qu'on pourrait arriver jusqu'ici.
Quel impact espérez-vous que ce parcours peut avoir sur le développement du futsal en France ?
On est contents parce qu'avoir un représentant français au Final Four, c'est hyper important pour le développement de la discipline. L'équipe de France sort d'un Euro où elle a fini 4e, elle a fait une Coupe du Monde où elle a fini 4e aussi. C'est une médiatisation certainement plus importante qui va permettre d'attirer plus de licenciés. Et représenter la France au Final Four, ça montre que le futsal français continue de progresser, qu'on est dans la bonne direction.
Et être champion d'Europe, ça représenterait quoi pour vous ?
Champion d'Europe… ce serait un rêve qui se réalise. On est à deux matchs de pouvoir le faire. C'est un rêve, ça fait partie des objectifs, et on serait les plus heureux du monde.
