Comment va le groupe après la victoire contre la Slovénie jeudi soir ?
Le groupe va très bien. Il y a une excellente ambiance, et cela aide aussi dans les résultats. Nous travaillons ensemble pour progresser et pour obtenir des résultats comme celui d'hier. Même contre l'Espagne, on a vu que nous avions progressé par rapport à il y a un an, quand nous l'avions déjà rencontrée en tour élite. Cette progression passe par une bonne ambiance de groupe et de travail, qui permet d'avancer derrière.
Le cinq de départ avait pas mal changé face à la Slovénie. Est-ce le signe d'une vraie cohésion, d'un groupe entier qui joue, et pas seulement de quelques unes ?
Effectivement, nous sommes quatorze, et même celles qui sont sur le banc jouent. Toutes participent, chacune en fonction de ses qualités. C'est là qu'on voit une vraie cohésion : chacune apporte ce qu'elle doit apporter, et c'est comme cela que nous arrivons à faire de belles choses.
Au tirage au sort, la France n'a pas été gâtée. Aviez-vous déjà en tête le scénario d'une défaite probable contre l'Espagne, avant d'enchaîner contre la Slovénie ?
Nous étions conscientes d'être tombées dans une poule très forte, voire la plus dure des qualifications, mais rien n'est impossible. Avec du travail, nous pouvions accrocher l'Espagne, nous savions que nous étions capables de faire des choses. Malheureusement, nous n'y sommes pas parvenues, mais nous avons réalisé une bonne prestation, et nous avons même ouvert le score face à elle, ce qui montre aussi que nous avons progressé. Derrière, nous savions qu'il fallait rebondir : une victoire contre la Slovénie nous offrait une finale contre l'Italie. Nous sommes donc dans ce que nous avions prévu. Il reste demain pour écrire une belle histoire et poursuivre vers l'Euro en mars.
"Nous avions à peu près ce scénario en tête"
Vous étiez donc conditionnées à ce scénario : en jouant l'Espagne en premier, vous saviez qu'il serait essentiel de rebondir dès le lendemain ?
Nous avions à peu près ce scénario en tête, oui. Mais cela reste un match de qualification, où tout est possible. Nous aurions très bien pu battre l'Espagne, et c'est un tout autre scénario qui se serait offert à nous. Là, nous savons que nous avons une finale à jouer demain contre l'Italie, et nous donnerons tout pour nous qualifier, comme nous avons tout donné depuis le départ.
Vous avez ouvert le score et tenu le 1-1 très longtemps en première période face à l'Espagne. C'est encourageant pour la suite. Y avez-vous cru, même à la mi-temps ?
Cela montre que le futsal français évolue, en lien avec l'ouverture du championnat national cette année. La création de ce championnat prouve que la France met en œuvre de nombreux moyens pour progresser et atteindre le niveau des nations triples championnes d'Europe, comme l'Espagne, que nous avons affrontée mercredi.
Vous jouez contre l'Espagne et l'Italie, deux nations où le championnat est professionnel. Comment jaugez-vous le niveau global du futsal féminin ?
Cela montre effectivement que le futsal étranger a une longueur d'avance, et nous essayons de progresser dans ce sens, ce qui est forcément intéressant. La création du championnat national cette année montre que la France veut aller dans cette direction.
Parlons de toi : contre la Slovénie, tu as réalisé un très gros match, avec beaucoup d'envie, d'énergie et de réussite. Comment l'expliques-tu ?
J'ai toujours beaucoup d'envie. C'est toujours une fierté de représenter son pays. On parle de travail, évidemment, mais nous avons la chance de représenter notre pays, et c'est toujours une fierté. On sait qu'il faut tout donner pour le maillot, c'est quelque chose de très important pour moi, qui compte beaucoup. Il n'y a pas un match où je ne donnerai pas tout. Nous avions aussi à cœur de rebondir et de montrer que nous étions capables de gagner, de rester sur notre fil rouge pour la qualification. Nous savions que, si nous gagnions hier, nous aurions une finale contre l'Italie demain. Forcément, nous avons toujours à cœur de tout donner. Toute l'équipe a cette volonté, celle de se donner les moyens de réussir et de s'offrir de belles choses derrière.
Contre l'Espagne, tu ne faisais pas partie du cinq de départ. Avais-tu une envie particulière de te montrer lors du deuxième match ?
Forcément, on a envie de montrer qu'on a sa place. Mais les cinq de départ sont choisis en fonction des qualités des joueuses, et chacune a un rôle particulier. Tout se fait avec le collectif : ce n'est pas parce qu'on n'est pas dans le cinq de départ qu'on n'apportera pas. Nous avons toutes un rôle à jouer. Forcément, on a donc l'envie de montrer qu'on peut jouer, et c'est important.
"Nous sommes un groupe très soudé"
Toi qui joues aussi au football, tu as en futsal cette flexibilité de pouvoir apporter en cours de match, alors qu'au football ce sont surtout les titulaires qui jouent l'essentiel du match.
Tout à fait. Ce qui est bien en futsal, ce sont les rotations, très courtes : tout le monde peut apporter. Au football, c'est un onze titulaire qui débute, et les remplaçantes n'entrent que bien plus tard. Ce sont deux choses différentes, et le futsal permet d'avoir des rotations rapides et de garder de l'intensité tout au long du match.
Comment te définirais-tu comme joueuse ? On voit que tu percutes beaucoup, que tu as de la vitesse.
Je me définirais comme une joueuse endurante, qui a la capacité de répéter les efforts, et qui se donne pour le collectif.
Ta sélectionneuse disait de toi que tu étais une marathonienne. Cela te correspond-il ?
Oui, on peut dire ça. J'ai cette capacité à beaucoup donner, à répéter l'enchaînement des matches, des entraînements. Une marathonienne, effectivement : répéter, répéter, répéter, et toujours donner le maximum pour le collectif surtout.

Tu fais partie de celles qui sont en équipe de France depuis un moment, alors que le groupe a pas mal été renouvelé. Ressens-tu une responsabilité supplémentaire, celle de montrer l'exemple à celles qui arrivent ?
Nous avons à cœur de les faire entrer dans le projet de jeu de l'équipe de France, de leur montrer la ligne de conduite à avoir, la stratégie, le projet de jeu. Il s'agit de leur montrer l'exemple, mais aussi de les pousser à se transcender, à aller chercher tout ce qu'il y a de plus beau. Nous, celles qui sommes là depuis plus longtemps, nous devons les intégrer au projet pour que nous soyons toutes soudées, avec les mêmes objectifs.
Certaines de ces nouvelles ne font pas du futsal depuis très longtemps. Que mettez-vous en place pour bien les intégrer ?
Il y a d'abord toute l'ambiance de groupe en dehors du football. Nous sommes un groupe très soudé, nous nous entendons toutes très bien, et c'est très important pour pouvoir performer ensuite. Puis, sur le terrain, aux entraînements, nous nous donnons des conseils, nous nous régulons avec la vidéo, nous nous analysons entre nous : "Tu aurais peut-être pu faire ça." Ce sont de vrais conseils, et les nouvelles arrivantes peuvent aussi nous dire la même chose. C'est vraiment de l'entraide et de l'analyse mutuelles pour progresser.
"L'expérience de 2025 va nous servir pour aller décrocher cette qualification"
En mars 2025, vous aviez vécu a désillusion du Tour élite de qualification au Mondial, en perdant vos deux premiers matchs, peut-elle vous servir dans ces moments-là ?
Oui, c'est une expérience que nous avons vécue au tour élite il y a un an. Forcément, nous engrangeons de l'expérience au fur et à mesure, et celle-ci va nous servir demain pour aller décrocher cette qualification.
Que gardez-vous de cette expérience, et qu'essayez-vous de transmettre aux nouvelles pour changer les choses cette fois ?
Ce sont des petits détails dans le jeu : de la précision, technique comme tactique. À ce niveau, ces détails peuvent coûter cher, jusqu'à des qualifications. Nous travaillons donc sur la précision dans tous nos mouvements, dans l'aspect technique, et ce sont ces petits détails qui feront sûrement la différence demain.
Y avait-il aussi un sentiment de découverte lors du tour élite du Mondial que vous avez moins aujourd'hui, puisque vous savez désormais ce que c'est ?
Oui, effectivement, il y avait aussi une découverte des grandes nations. Là, nous connaissons le contexte, nous savons à quoi nous attendre, donc c'est forcément moins de la découverte. Nous savons que cela va se jouer sur des petits détails, et nous allons tout donner pour nous qualifier.
Comment vis-tu ce début de saison, avec Nantes, le championnat national, un premier rassemblement au Portugal, et maintenant le tour élite ? Fais-tu toujours du football à côté ?
Avec la création du championnat national, il y a des trêves internationales, donc nous ne ratons pas de matches comme nous pouvions en rater avec le championnat régional. C'est bien, cela donne de la continuité entre le club et la sélection, ce qui est important. Et oui, je fais toujours du football à côté. Il reste prioritaire, mais j'aime bien le garder : cela permet de travailler physiquement, et cela apporte également à la pratique du futsal.
L'intensité est-elle plus élevée aujourd'hui avec ce championnat national ?
Oui, nous avons un rythme d'entraînement plus élevé. L'année dernière, nous étions à trois séances par semaine. Là, nous sommes plutôt à quatre ou cinq, voire six de temps en temps. Forcément, l'intensité augmente, et nous n'avons pas le choix au vu du championnat. Lors des trêves internationales, elle reste aussi élevée, puisque nous sommes en compétition ou en préparation.
"Le futsal féminin français va dans le bon sens"
En avez-vous parlé entre vous en rassemblement ? Sentez-vous, en équipe de France, que tous les clubs s'entraînent davantage ?
Globalement, nous en discutons entre nous, par rapport à nos clubs. On voit que tous les clubs essaient de s'investir pour proposer plus d'entraînements, afin de garder de l'intensité quand les joueuses arrivent en sélection. Les clubs s'investissent et mettent les moyens pour développer la pratique.
Et quand tu retournes en club, essaies-tu de transmettre à tes coéquipières ce que tu apprends en sélection ?
Forcément, il y a un rôle de leader, de référence. Mais le projet du club et celui de l'équipe de France ne sont pas exactement les mêmes. Il y a un rôle de leader dans le jeu, mais les stratégies et tout ce que l'on voit dans le projet du club ne sont pas identiques à celles de l'équipe de France. Ce sont vraiment deux choses différentes.
Comment vois-tu la création de ce championnat national ? C'est évidemment une progression, mais est-ce aussi un bon indicateur pour l'équipe de France ?
Cela permet de rencontrer d'autres équipes que celles que nous affrontions chaque année dans notre région. Avant, on pouvait croiser les équipes de toute la France en Coupe de France, mais seulement là. Désormais, on les rencontre sur toute la saison en championnat, et également en Coupe de France. Cela permet d'élever le niveau de jeu. On affronte des joueuses qui sont en sélection et que nous ne pouvions pas rencontrer avant en club, parce qu'elles n'étaient pas dans la même région que nous. Cela va faire évoluer le futsal français et, à terme, permettre d'avoir beaucoup plus de licenciées. Cela va évoluer dans le bon sens, je pense.
Les joueuses de l'équipe de France ressentent-elles une responsabilité supplémentaire : si vous performez, vous poussez ce nouveau championnat à progresser et à être plus médiatisé ?
Ce n'est pas une forme de pression. Comme je l'ai dit pour le Portugal, c'est vraiment une fierté qu'il y ait de la reconnaissance pour cette pratique et qu'elle se développe, et cela va continuer. Si nous performons en sélection, cela permettra d'avoir de la visibilité et d'attirer d'autres joueuses vers la pratique.
"Écrire l'histoire du futsal français"
La fédération semble très mobilisée : en tant que journaliste, on est par exemple très souvent sollicité pour parler du futsal. Comment vous les joueuses vivez-vous ce soutien au quotidien ?
On voit effectivement, comme vous le dites très bien, que de plus en plus de journalistes, la fédération, tout le monde s'intéresse au développement de la pratique et met de la visibilité dessus. C'est avec cela que ça va continuer d'avancer, donc c'est toujours très intéressant.
Sur ces trêves internationales, le rythme est hyper intense : vous avez joué mercredi, jeudi, et vous jouez votre finale samedi. Est-ce difficile de récupérer entre chaque match ?
La semaine dernière, nous avons eu un entraînement dans la semaine, puis un match amical contre la Suisse. Ensuite, nous sommes parties en Slovénie et nous avons fait deux entraînements avant le match. Nous avons joué mercredi, puis hier. Aujourd'hui, nous avons une séance, et demain nous enchaînons. La récupération est donc importante : dès la fin du match, elle commence, avec l'hydratation, l'alimentation, le sommeil. C'est le plus important pour pouvoir enchaîner, récupérer et performer ensuite.

Vous avez un jour de plus de récupération qu'entre les deux premiers matchs. Qu'est-ce que cela vous permet de faire ?
Cela nous permet de récupérer, d'avoir des soins, de récupérer aussi mentalement et physiquement. Cet après-midi, nous aurons un entraînement pour préparer l'adversaire de demain, avec de l'analyse vidéo également. C'est donc l'occasion de récupérer un petit peu et de mettre toutes les chances de notre côté pour demain.
Comment vous projetez-vous sur ce match contre l'Italie ?
Nous sommes solidaires. Nous savons que nous sommes capables de gagner ce match et de nous qualifier, avec le travail que nous avons fourni la semaine dernière et depuis trois ans, depuis la création de la sélection. Nous avons beaucoup travaillé, et cet après-midi nous allons encore travailler pour nous adapter à ce qu'elles ont proposé lors des premiers matches, en fonction des analyses vidéo. Nous aurons à cœur de montrer tout simplement que nous pouvons gagner, et nous ferons tout pour y arriver et nous qualifier. Nous sommes très motivées, avec l'envie de tout donner pour nous qualifier et écrire l'histoire du futsal français. Ce serait une première pour le futsal français qu'une équipe se qualifie pour un championnat d'Europe. Nous avons à cœur de vraiment tout donner et de nous transcender pour y parvenir.
Quel est le discours entre vous ? Restez-vous optimistes, gardez-vous la foi en cette équipe ?
Nous sommes très optimistes entre nous, très soudées, nous donnons tout pour le collectif. Nous sommes toutes sur la même ligne de conduite, vers le même objectif.
"Nous allons donner l'exemple aux jeunes qui arriveront derrière"
Que représenterait pour toi le fait de jouer un Euro ?
Ce serait une grande fierté et, forcément, une récompense pour tout le travail fourni, individuellement comme collectivement. Franchement, ce serait une grande fierté de pouvoir représenter son pays sur un championnat d'Europe, surtout pour une première pour la sélection française.
Vous écrivez l'histoire de cette sélection, qui est très jeune. Est-ce une fierté, ou parfois un poids, d'écrire continuellement cette histoire ?
Ce n'est pas pesant, c'est vraiment une fierté et une reconnaissance de pouvoir représenter son pays. C'est un rêve de petite fille : quand on commence le football ou le futsal, on se dit qu'on pourrait peut-être porter un jour ce maillot, et ce rêve se réalise. On a forcément envie de tout donner à chaque sélection, à chaque match, parce que beaucoup de personnes aimeraient être à notre place. Nous avons donc à cœur de toujours tout donner, et personnellement, c'est vraiment ce que je cherche : tout donner à chaque fois, avec le maillot sur le dos.
Le futsal féminin a évolué très vite en France, en très peu d'années. Prends-tu parfois du recul pour réaliser le chemin parcouru ?
Quand nous sommes en sélection, nous sommes concentrées sur ce que nous avons à faire et sur les objectifs à atteindre. C'est surtout en rentrant que l'on réalise comment les choses évoluent, ce qui se passe réellement. C'est vraiment une fierté de voir que cela évolue dans ce sens en France.
As-tu conscience d'être l'une des pionnières du futsal féminin français ?
Quand on prend du recul, oui, j'en ai conscience. Nous allons donner l'exemple aux jeunes qui arriveront derrière. C'est une prise de conscience qui vient au fur et à mesure. Je suis très heureuse.
Tu es encore jeune. Comment envisages-tu l'avenir du futsal féminin ? Peux-tu imaginer finir ta carrière dans un championnat professionnel ?
Peut-être, si le futsal se développe professionnellement en France, mais ce sera à bien plus long terme. Si l'on veut vivre du futsal, il faut aller à l'étranger, là où il est déjà développé de manière professionnelle : en Espagne, en Italie, au Portugal. En France, cela va prendre un peu plus de temps, mais cela se développe dans le bon sens. Je pense que, prochainement, des clubs vont mettre davantage de moyens, peut-être pour avoir des contrats pour certaines joueuses. Cela va continuer d'évoluer, et ce ne sera que positif. Je pense que cela a commencé à évoluer ces derniers mois, ces dernières années.
Quels sont tes rêves, pour toi et pour la discipline ?
Pour moi, participer à un championnat d'Europe ou à un championnat du monde avec la sélection. Et en club, remporter ce premier championnat de France créé cette année : ce serait un des grands objectifs du club. Cela permettrait d'écrire encore un peu plus l'histoire, que ce soit avec le club ou avec la sélection.
