Flashscore : Vous êtes un propect qui gagne ses galons à chaque sortie. Quel a été votre parcours jusqu'à présent ?
Clément Saumon : J'ai 24 ans, j'ai été champion de France en amateur et j'ai remporté deux fois le challenge Jean-Claude Bouttier et je viens de gagner la ceinture IBO Youth qui concerne les boxeurs de moins de 25 ans.
Comment analysez-vous votre carrière amateur ?
Mal partie mais très bien finie. J'ai commencé avec trois défaites dont une par arrêt de l'arbitre mais à la fin, je deviens champion de France.
Des boxeurs préfèrent la boxe professionnelle car la durée les fait briller. C'est votre cas également ?
Je suis exactement dans ce cas-là. J'ai besoin d'un peu de temps pour installer ma boxe. Trois rounds de trois minutes, je trouvais ça trop rapide et je n'avais pas le temps de pouvoir me poser et de trouver beaucoup d'ouvertures. Le rythme est très intense et on fait beaucoup d'erreurs. Le monde professionnel me va bien. Notre école de boxe à Pont Sainte-Maxence est davantage tournée vers les pros.
C'est important d'être dans un tel club pour monter une carrière pas à pas ?
Bien sûr. Nous sommes très bien entourés, Giovanni Boggia a énormément d'expérience et Yvan Mendy a eu une grande carrière. C'est important d'appartenir à un club qui sait aussi organiser des galas car ça nous permet de boxer plusieurs fois dans l'année pour gagner des points dans les classements et engranger de l'expérience. C'est mieux que d'être envoyé n'importe où, sans savoir qui on affronte et pourquoi on y va. Là, il y a un vrai gameplan, on sait pourquoi on fait les choses.
Le BCOP est un club qui a l'air familial et qui est important au niveau local d'une manière générale ?
À Pont Saint-Maxence, tout le monde connaît au moins une personne qui fait de la boxe (rires). On a un très bon club, c'est très respectueux. Il y a Daniel Blenda dos Santos et puis il y avait évidemment Yvan Mendy, mais aussi Guillaume Fresnois et Karim Achour. Du beau monde non ?
Votre victoire contre Nicolas Durigneux constituait un cap à franchir, car outre la ceinture, il y avait aussi le risque de boxer devant le public de votre adversaire. Vous êtes revenu d'un knock-down à la 4e reprise. Comment avez-vous géré tout ça ?
C'était mon premier knock-down en professionnel. Je suis tombé mais quand je me suis relevé, tout allait bien. J'ai indiqué à mon coin que j'étais en, je n'avais pas les jambes lourdes, je suis resté concentré sur ma stratégie. En plus, mon adversaire n'a pas pas avancé après que j'ai été compté; au contraire, il a reculé et j'ai pu reprendre conscience tout de suite. Je me suis dit que le combat faisait 10 rounds et que je pouvais gagner. Je suis resté confiant jusqu'au bout et il a renoncé au 9e round.
Rétrospectivement, il y a de la satisfaction à avoir pu gérer cette situation ?
Tomber m'a permis d'apprendre et de m'améliorer. Je suis à la fois content et pas content, mais j'ai fait du mieux que je pouvais et je suis rentré avec la victoire.
Vous êtes désormais classé numéro 1 français des super-légers et 135e mondial pour Boxrec. C'est votre catégorie naturelle ?
J'ai fait un très gros bond. C'est une grosse étape et j'en suis très content. Au départ, j'étais léger en amateur mais à 60kg. Ensuite, j'ai pris un peu de muscles pour arriver à 63. Depuis que je suis passé pro, j'ai un préparateur physique, une diététicienne et je fais exactement le poids en super-léger. C'est ma catégorie, je ne vais pas en changer.
Avec Yvan Mendy, vous avez un mentor qui s'y connaît bien dans cette catégorie !
(Rires) Exactement mais Yvan, il ne prenait pas de poids et il était poids légers sans effort. Moi, je monte beaucoup plus haut hors combat, la plupart du temps à +10kg.
Dix jours après votre combat, qui était votre troisième en l'espace de 6 semaines, vous êtes de nouveau à l'entraînement. C'est justement pour ne pas trop monter ?
Après un combat, je fais généralement une semaine de pause. J'ai fait trois combats d'affilée alors j'ai arrêté une semaine et j'ai réattaqué il y a quelques jours. On repart en préparation pour une défense en octobre ou novembre, cette fois à la maison.
Le rythme du combat, c'est essentiel même avec du sparring ?
Même si je ne pourrai pas faire ça toute ma carrière, plus j'ai de combats rapprochés mieux c'est. On se souvient du rythme, on connaît le stress, la pression. Mais parfois, il vaut mieux une bonne préparation. Là, j'ai pu enchaîner les combats précisément parce que j'avais fait une bonne prépa mais ça, on ne peut pas le faire tout le temps, même si j'ai eu de bons ressentis.
Dans quel style vous sentez-vous le plus à l'aise ?
(Il réfléchit plusieurs secondes) J'essaie de savoir tout faire, par rapport à mes qualités. Je suis un boxeur qui frappe mais qui sait se déplacer mais je suis plutôt un contreur. En fait, je travaille beaucoup, je suis un acharné. J'essaye de rester humble, je ne veux pas trop parler (rires).
Vous avez remporté deux fois le challenge Bouttier : quelle importance cela a-t-il eu sur vous en temps que prospect ?
Quand j'ai gagné la première fois, c'était beaucoup de fierté mais c'était l'occasion de me dire que j'avais le niveau de boxer en pro. Gagner une deuxième fois, c'était dans mes plans parce que, déjà, on affronte des Français qu'on ne choisit pas. Ça prouve qu'on n'est pas un tricheur, qu'on progresse et qu'on veut tout arracher.
Le passage chez les amateurs sert énormément puisqu'en tournois, on ne peut pas se dérober.
Le championnat de France amateur, c'est peut-être plus dur qu'en pro car chaque jour, tu affrontes un adversaire que tu ne connais pas. Ton gameplan doit suivre tout de suite, tu dois t'adapter à toutes les situations, à tous types de boxeurs. Comme je connaissais bien ce parcours, ça ne m'a pas déranger de le refaire en pro. Ça a démontré ma valeur, tout simplement.
Quels sont vos objectifs d'ici la fin d'année ? Une place dans le Top 100 mondial ?
Ce serait bien mais je veux surtout avancer étape par étape, d'abord par une défense de ma ceinture IBO, ensuite peut-être avec un championnat de France. L'objectif final, c'est d'être champion du monde. Je l'ai déjà été en junior, j'aimerais bien y arriver en pro (sourire).
